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 Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs

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Medea M
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MessageSujet: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   05.11.08 22:42

- Un peu pour Maman ...

Elle ne se baladait jamais sans au moins un couteau. On ne pouvait savoir sur quoi elle pouvait tomber n’est-ce pas ? Si jamais elle rencontrait un prolétaire trop rebelle, ou même, un Sîn ! Elle devait être munie de tout ce qu’il lui fallait !

- Un peu pour Papa …

Et puis une jeune fille se doit de se protéger. Et tous ces hommes qui rôdent. Tous ces nobles ! Parfois pire encore que les personnes de la basse ville. Au moins les roturiers étaient directs. La main aux fesses au pire, un simple rentre-dedans les bons jours. Mais les nobles étaient plus sournois. Ils préféraient faire croire aux jeunes filles qu’elles étaient belles et uniques avant de les laisser comme des chaussettes. Et encore, ils avaient souvent plus de respect pour leurs chaussettes !

- Un peu pour le vieux patriarche …

Ce jardin – elle connaissait ce mot depuis peu, puisqu’il n’y en a qu’un seul – dénotait complètement par rapport au reste de Tsel. Une fois entré dans ce vert paradis, c’était comme si un autre monde venait d’ouvrir ses bras. Mais voila … Il n’y avait que ses cheveux qui se sentaient à l’aise ici.
Alors pourquoi être venue ?
Encore un caprice de cette peste de Lisa.
Mais bien entendu Rozenn avait son mot à dire et ne voulait pas rester ici une seconde de plus. Il y avait tellement de gens au dehors qui méritaient qu’elle s’occupe d’eux.
Mais cette imbécile de Lisa qui voulait rester.
Et Angela qui ne jouait pas son rôle de médiateur.
Bref c’était un sacré capharnaüm dans sa tête. Et Médéa en avait sacrément marre également. Et les deux se disputaient, se disputaient …


- Un peu pour la nourrice …


En fait, par rapport à d’habitude, il ne faisait pas si froid. Ou peut-être que sa robe, rouge pour ne pas changer, était plus épaisse qu’a l’accoutumée. Il était possible que la nourrice ait pris soit de la doubler. Elle ressemblait aux robes des princesses qu’on peut voir dans les rares livres pour enfant. En fait c’était encore un caprice de Lisa, cette petite peste.
Ah non, plus de blabla dans sa tête ! Médée en avait plus qu’assez !


- Un peu pour les Mearas …

Depuis plus d’une demi-heure, elle avait pris soin de tailler les rosiers … à sa manière. D’abord, prendre une rose sans se piquer.
Enlever les épines à l’aide du couteau.
Tailler la tige afin de passer ses nerfs sur quelque chose.
Enlever les pétales les uns après les autres.
Recommencer l’opération autant de fois que nécessaire.
Et pour le moment, c’était une nécessité absolue. Parce que les voix dans sa tête ne cessaient leur infernale polémique à propos de choses sans importance !


- Un peu pour les bâtards …

Un vent empli de tous les parfums de la végétation environnante la ramena à un semblant de réalité. Mais que faisait-elle accroupie avec tous ces pétales autour d’elle ? Et pourquoi avait-elle sorti son couteau ? Encore un moment d’absence. Bon sang que ça pouvait l’énerver. Elle se retrouvait à des endroits sans savoir ni comment ni pourquoi elle était là. Bon, essayer de se rappeler. N’était-ce pas la faute de la petite Lisa … Et Rozenn avait encore dû se plaindre. Elle regarda ses mains … Du sang ? Avait-elle encore tué quelqu’un ?
Elle se sentait comme un maître voyant son chat lui ramener un oiseau mort en guise de cadeau. Bref, embarrassée.
Non, c’était son propre sang. Elle avait dû se piquer avec les épines.
Elle s’assit en tailleur et joua avec l’herbe en arrachant quelques brins, ou en les coupant à l’aide du couteau. Que ça pouvait être casse-pied d’avoir dans sa tête des personnes complètement irrationnelles qui ne comprenaient rien à ce qui les entouraient.
...
Que venait-elle de penser ?

*J’aimerais qu’on s’en aille !
Mais j’aime les fleurs, c’est joli ici, je veux rester.
Non, non, non, NON ! N-O-N, NON. Je hais les fleurs, je hais les couleurs, je hais la verdure. Je n’aime que le rouge du sang, celui des impuni et des Sîn. Celui des traites qui nous ont obligées à vivre dans un Esagil. Je veux teindre mes cheveux en rouge à l’aide des bassines de leur sang.
Tu es folle.
Nuance ! Médée est folle. Moi je ne suis qu’une part d’elle qui cherche à s’exprimer.
Médée ! Elle fait rien que m’embêter !
Demande plutôt de l’aide à Angela, elle est plus utile que cette cloche !
Je ne suis pas une cloche
Mais touuuuuuuuuuuuuuuut les Mearas le pensent !
TAIS-TOI*


C’est Médéa qui avait remporté cette manche. Elle voulu se lever, mais pour faire quoi ? Errer ? Alors elle resta assise.
Le vent était plus froid que tout à l’heure. Elle regarda le ciel qui continuait d’être aussi gris, pour ne pas changer. Elle joua avec les pétales éparpillés autour d’elle. Ils étaient si rouges. Elle les passa sur son visage, dans ses cheveux, dans son cou. Elle sourit. Pour les anges, elle sourit pour les anges. L’expression était correcte n’est-ce pas. Sourire pour personne, c’est sourire pour les anges. Mais lesquelles ? Pffffff, ces croyances populaires, mais quelle tranche de rire ! Délicieuse sur le pain de la moquerie. Ces plébéiens étaient vraiment idiots ! Les nobles savent que les seules choses qui ressemblaient à des anges étaient les Etoiles. Veillez à ne pas confondre, elles n’avaient rien de pur, elles ne méritaient pas d’éloges. Elles permettaient seulement les vœux. Pour une fois que le prolétariat pouvait se rendre utile, pourquoi l’en priver !
Rhaaaaaa, la basse ville. Mais que c'est dégoutant ! Elle commença à caresser son couteau, comme une amie, comme un amant.

_________________


Dernière édition par Medea M le 13.11.08 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   07.11.08 18:00

Un massacre.
C’était un massacre et malgré toute sa volonté, Méphistophélès ne pouvait pas détacher les yeux de cette véritable scène de meurtre. Et sur son corps, les Roses se figèrent, comme si elles hésitaient à hurler d’effroi ou à éclater de rire en saluant cette étrange créature aux cheveux de verdure qui venait d’arracher la vie à ces ennemies florales qu’elles avaient tant redouté depuis que leur père leur avait annoncé sa cruelle décision.

Une punition, ce n’était rien de plus qu’une punition pour elles, les orgueilleuses, les vaniteuses qui avaient semé le trouble dans la parfumerie et blessé un innocent qui n’avait vu que leur beauté irréelle avant de prendre conscience de leur cruauté. C’était une punition injuste et la culpabilité avait rongé le cœur de Méphistophélès quand il avait vu ses Roses le fuir comme s’il les avait trahit. Aller au Pairidaeza… Le temple des plantes, de la beauté florale, de la Nature dans toute sa splendeur. Elles qui n’avaient été qu’une création humaine, le fruit d’un vœu, elles avaient craint et avec raison que le regard admiratif de leur père se pose sur d’autres.

Elles l’avaient supplié de leur pardonner avant de comprendre qu’en plus d’une punition, c’était une vengeance à l’égard de leur mère pour avoir minaudé, pour avoir attiré l’attention de ce jeune parfumeur qui avait faillit la lui voler. Oui, il l’avait invité à revenir, ce jeune garçon éblouit par ses créatures coquettes qui avaient fait leurs Belles avant d’attaquer pour défendre la vertu d’une mère qui malgré la flatterie n’avait pas cédé à ses avances. Mais dans son cœur solitaire, ce n’était qu’une traîtrise, une menace de voir un jour un homme tel qu’Aramis tout lui prendre du jour au lendemain presque sans explication.

Oui, il était un nez et pouvait les combler avec une douceur sans pareille mais elles étaient siennes et Méphistophélès demeurait seul maître. Aucun homme ne pouvait lui voler ses roses, ses amantes, ses filles qu’il adorait et vénérait avec la folie d’un Pygmalion sans cesse éblouit par la créature engendrée de ses propres mains jusqu’à lui offrir son cœur en plus de son âme. Une vengeance, oui la vengeance du lâche, de l’enfant capricieux qui frappe sa dulcinée pour la punir d’avoir été pendant un instant sous le joug d’un amant trop fiévreux qui avait manqué de la lui prendre.

Pourtant, pourtant la pauvre Rose Mère avait résisté et n’avait pensé qu’à son cher époux mais voilà, elle préférait se taire et subir en silence la cruelle punition plutôt que de s’indigner sous ces accusations honteuses. Pleurer des larmes de rosée chaque matin à la fenêtre, voilà quel était son tourment et elle avait tremblé de terreur quand Méphistophélès avait murmuré d’une voix sombre « Allons-y… » avant d’enfiler son pardessus sous lequel ses filles s’étaient nichées presque à contrecœur, aussi terrifiées qu’elle l’était elle-même.

Elle avait prit place derrière son oreille et avait attaché ses cheveux en un chignon qui pesait lourdement sur sa nuque gracile sans prononcer un mot, ne quémandant aucune caresse, aucun baiser, silencieuse et brisée, triste à en perdre ses magnifiques pétales d’un noir bleuté. Elle avait observé tandis qu’il s’avançait d’un pas lent, presque à reculons, les passants qui posaient parfois leur regard curieux et admiratif sur les deux amants. Méphistophélès n’avait laissé aucune émotion transparaître sur son visage. Il s’était dirigé avec la froideur d’un tueur qui avait longuement programmé son meurtre vers le Pairidaeza qui se profilait au loin.

Les épines de ses filles avaient manqué de transpercer le fragile tissus de sa chemise mais aucun tressaillement n’avait trahit sa douleur sur son beau visage de marbre, semblant soudain aussi froid que les neiges éternelles d’autrefois. Et malgré sa tristesse, malgré sa légère rancœur, la Rose Mère, la bien nommée, n’avait pût s’empêcher de l’admirer, de le trouver effroyablement beau. Le jeune héritier était alors entré dans cette demeure hors du temps où les couleurs les plus douces se déclinant dans un vert tendre laissaient éclater parfois l’éclat d’une fleur semblable à un joyau naturel.

Silencieusement, des jardiniers s’affairaient autour de ces belles silencieuses et sans âme avec toute l’attention qui leur était dû. Méphistophélès resta un instant songeur tandis qu’il notait mentalement qu’ils possédaient la même douceur envers ses fleurs que lui-même envers ses amantes. Heureux de trouver là des frères, il leur offrit un doux sourire, le premier de la journée et ses filles s’indignèrent un instant avant de retrouver le silence sous un mouvement brusque de sa part, se détournant de ces hommes pour se diriger vers l’endroit qui l’intéressait le plus.

Celui réservé aux roses.

La peur se changea en terreur et les Roses, faisant fi de la prudence, s’échappèrent aussitôt pour venir baiser tour à tour le visage de leur père, laissant le pardessus glisser sur le sol tandis qu’elles le couvraient de caresses, effleurant ses lèvres de leurs pétales et de leurs feuilles. Les épines se rétractèrent et ne demeurèrent alors que des petits chatons ronronnant quémandant des attentions qu’il refusait de leur donner.

Imperturbable, à peine chancelant tandis qu’elles essayaient, dans un gémissement de douleur, affolées, de le retenir, de l’empêcher de les conduire face à ces prostituées qui leur voleraient leur père pendant une heure ou deux, soit la souffrance d’une vie entière pour ces demoiselles fragiles qui manquèrent à la manière des tragédiennes de s’égratigner la corolle de leurs épines en le suppliant de leur pardonner, d’oublier cette punition pour qu’ils puissent retrouver le calme de leur chambre où elles ne manqueraient pas de le combler de caresses.

Mais Méphistophélès, malgré ses soudains remords, ne se laissa pas attendrir et passa soudain un bosquet, dévoilant alors une scène horriblement étrange qui arrêta ses pas beaucoup plus facilement que toutes les suppliques de ses filles. Ces dernières mirent un temps avant de comprendre ce qu’il se passait et se fut la mère qui, en défaillant légèrement, les fit se tourner vers le spectacle qui tut leurs jérémiades.

Un long silence s’abattit soudain et Méphistophélès laissa son regard recouvrir l’ensemble des rosiers massacrés avant de se poser vers l’étrange jeune fille qui caressait un couteau maculé de sang et de pétales de roses comme elle l’aurait fait avec un corps alanguit à ses côtés… L’effroi manqua de le faire reculer et les Roses retrouvèrent alors leurs esprits, l’étreignant avec une sourde angoisse, craignant que la folle qui avait massacré, certainement avec raisons, ces indélicates sans grâce, ne s’en prenne soudain à elles, les Reines de leur espèce…

C’est alors que le jeune Albêrick prit conscience du sang sur le couteau et laissa son regard dériver sur le corps de la demoiselle, cherchant une blessure apparente. Une froide logique lui murmura alors qu’elle avait dû, dans sa tuerie, se blesser à la main et dans un geste, qu’il regretta plus tard, il sortit galamment un simple mouchoir en dentelle brodé à ses initiales. Muettes de stupeur, les Roses ne firent pas un geste tandis qu’il s’avançait de deux pas, laissant choir le mouchoir qui se déposa avec une grande délicatesse sur la lame maculée du sang de ses victimes…


- Pour votre blessure, mademoiselle…


Sa voix n’était qu’un souffle pareille à une brise apaisante et les Roses frissonnèrent quand un pétale, provenant de l’une des mourantes, tressaillit comme s’il allait s’envoler sous cette petite phrase. Étrange tableau que voilà, ces deux jeunes gens, surprenant dans leur manière d’être, trahit par une chevelure ne ressemblant à rien à celles des autres vivant de cette terre dévastée, qui se rencontrent dans un parfum de mort et de roses…

Un parfum douceâtres qui écoeura la Rose Mère et cette dernière fit étinceler ses épines d’argent, prête à agir si cette folle tournait sa lame vers ses filles, ou pire, vers son époux. Méfiante, apeurée, elle suffoquait presque sous le choc, évitant de tourner sa corolle sur les cadavres qui avaient manqué de la faire choir de son trône, Reine inanimée et si pâle sous la terreur. Légèrement penché en avant, Méphistophélès eut conscience de sa raideur, de sa peur mais aussi du mouvement de recul de ses filles qui se placèrent dans son dos, lorgnant l’étrange créature par-dessus l’épaule de leur maître.

Un instant, il regretta cruellement la lueur de satisfaction qui naquit dans ses yeux à l’idée que ses filles puissent enfin éprouver une peur qui n’avait rien à voir avec ses propres menaces. Elles savaient très bien qu'il ne pourrait cueillir ne serait-ce que l'une d'entre elles et tout ce qu'il pouvait faire si elles lui désobéissaient c'était de les gronder avant de se laisser attendrir par leurs douces caresses apaisantes. Mais là, non, il y avait cette créature qui les rendait méfiantes, qui leur faisait peur et tant que cette dernière ne les attaquait pas, il resterait en sa compagnie, discourant même avec elle s'il le fallait. Certes, elle avait massacré ces roses certainement sans raison et elle représentait un danger non négligeable... mais pour l'instant, il arrivait à punir comme il se devait ses filles et son épouse et cela le satisfaisait grandement.

Prudent malgré tout, il offrit un sourire poli à la jeune femme et s'inclina, restant pourtant à deux pas d'elle et n'osant lui faire face, l'esprit en alerte, concentré sur la lame qu'elle tenait entre ses mains sans toutefois la regarder. Elle paraissait si jeune mais dans son regard brillait une lueur qui lui fit courir un frisson d'effroi le long de son échine. Une seule coupure à l'une des tiges et il laisserait agir ses roses en fermant les yeux, leur laissant tout pouvoir... enfin si ces dernières surmontaient leur horreur pour attaquer la jeune folle qui caressait toujours la lame de son couteau. Leur père leur en voulait tant que ça pour rester auprès d'elle ? La jalousie les effleura à peine. Elles n'avaient d'yeux que pour cette femme, cette menace...

Les épines à peine rétractées et la corolle frémissantes, prêtes à protéger leur Père et leur Mère au mépris de leur propre survie. Prêtes à hurler et à entrainer leur Créateur loin d'ELLE...
La peur les rendait plus dangereuses encore qu'à l'accoutumée.
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Medea M
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   13.11.08 18:35

Quel vœu ferait-elle si elle avait une étoile sous la main? Elle avait entendu que plus le vœu souhaité était loin de ce que l'on désirait vraiment, plus l'Etoile souffrait. Mais au fond, était-ce vraiment important? Etait-ce la faute des nobles si leur mort était atroce? Non. C'était comme ça, un point c'est tout. Et puis comment une Etoile pouvait-elle savoir si le vœu formulé était ce que l'on désirait vraiment? Non, ce devait être une sorte de légende créée afin que les nobles un peu sentimentaux ne les utilisent pas.
Elle fût tirée de ses réflexions par une voix masculine et par un mouchoir qui se déposa sur son couteau, et partiellement sur son auriculaire. Elle détourna à peine le regard sur son interlocuteur, mais regarda intensément le mouchoir immaculé. La blancheur était presqu'un peu trop éclatante. Elle le prit en main et toucha du bout des doigts les broderies du mouchoir. Un M et un A. Ces initiales n'éveillèrent rien dans son esprit. Ah si, M comme Médéa, ou comme Manech. Et quel était le nom de famille de son père? Elle ne savait pas. En fait, elle ne l'avait jamais su, maintenant qu'elle y pensait. Il avait repris le nom Mearas parce qu'il le fallait bien, mais de départ, il ne portait pas du tout ce nom, elle en était sure (ses tantes n'avaient pas manqué de le lui rappeler).
Un M et un A … Elle regarda dans le vide, puis secoua la tête. Elle s'essuya les mains à la vas-vite puis essuya son couteau, cette fois consciencieusement. Elle prit soin de ne laisser aucunes taches, quitte à y passer le reste de la journée. Plus elle essuyait, plus elle le faisait machinalement, sans faire attention. Que valait le sang d'une Etoile? Et d'où venait ce don? Devaient-elles être vivantes pour réaliser les vœux, ou est-ce leur sang qui avait des propriétés … magiques? Peut-être que c'était comme dans les livres, les anciens livres. Peut-être que si elle le buvait … Mais elle n'était pas anthropophage. Elle eut un rictus et recommença à contempler son couteau. Il était propre maintenant. Tout le sang, bien qu'il n'y en avait pas tant, était sur le mouchoir de la voix masculine.

C'était un couteau un peu spécial. Il faisait parti des colis qu'un train avait amené une fois. Oui, elle devait reconnaître qu'elle s'était déjà mêlée au prolétariat pour aller grappiller par-ci par-là quelques éléments interessants, mais surtout quand elle était petite. Maintenant, elle évitait, c'était dangereux.
Elle devait faire très attention. Première chose, cacher ses cheveux. Son père avait eu d'autre enfants, il y avait donc quelques autres cheveux verts qui traînait dans les coins de la Basse-ville (parce que ces gosses-là, son père n'en voulait pas). Le problème, c'est que ce n'était que des garçons. Elle n'avait vraiment pas eu de chances. Donc d'abord cacher ses cheveux. Ensuite, mettre des vêtements du prolétariat. Sa nourrice avait eu un enfant qui était mort à cause d'une sale maladie, et Médée prit facilement ses anciens vêtement afin de les revêtir. Et finalement, ne parler à personne, elle risquait de se faire avoir.
Une fois que tout était fait, arriver à prendre ce qu'elle voulait sans que les plébéiens ne la voient. Et c'est comme ça qu'elle eut ce couteau. Une lame de dix-huit centimètres en acier avec des inscriptions dans un drôle de langage gravé dessus. Le manche était en bois, un bois très foncé, et sculpté. Il y avait des fleurs dessus, mais elle n'a pas encore prit le temps de visiter tout le Pairidaeza afin de retrouver la bonne variété. La lame avait une largeur d'à priori deux centimètres, comme le manche, qui n'était pas non plus très épais.
C'était vraiment un magnifique couteau.
Médéa se releva d'une traite et rangea son couteau dans sa robe. Comment? Elle a des poches? Elle avait tout prévu avec sa Nourrice. Elle détestait se balader avec un sac. Elle l'avait fait une fois et un malotru avait essayé de le lui dérober. C'est pourquoi elles avaient mis au point tout un système de poches cachée dans ses robes et leur doublures. La place du couteau était au niveau du serre-taille, il fallait l'avoir vu le ranger pour remarquer qu'il y avait effectivement trop de relief à cette endroit.
Elle avait toujours le mouchoir en main, mais semblait l'avoir oublié. Elle repensait à son père. Où était-il en ce moment? Est-ce qu'il vivait avec une de ses maîtresses? Mais il n'y avait que des taudis là-bas! Certes, on pouvait trouver des bourgeois ... Peut-être qu'il se faisait entretenir. C'est ce que Lydia répétait sans cesse.

*Maman dit tout le temps des mensonges. Papa n'est pas une prostituée
On ne dit pas prostituée pour un homme, on dit gigolo. Et puis ça ne m'étonnerait pas que Papa soit comme ça.
Pourquoi tu dis toujours des choses méchantes?
Je ne fais qu'émettre des éventualités qui, finalement, semblent évidentes!*

Médée entendit comme des pleures résonner dans sa tête. Mais petit à petit, elle semblait s'en éloigner. Ça se transformait en écho lointain, puis en murmure ... Ou bien était-ce simplement le bruit du vent qui faisait frissonner les feuilles de rosiers encore intactes?
Elle regarda autour d'elle, puis se tourna enfin. Ses yeux devinrent aussi rond que des dessous de verres. Elle pencha la tête sur le côté, comme si elle portait un intérêt particulier à l'homme à qui appartenait la voix masculine. Mais elle la penchait trop, si bien qu'elle donnait l'impression que sa tête était trop lourde pour son corps et qu'elle allait s'écraser sur le sol. Elle fronça les sourcils : Comment un hommes aux cheveux blanc pouvait-il avoir des cils aussi noirs, et qui plus est, aussi courbés? Oui, il lui arrivait de remarquer des détails insignifiants, comme elle pouvait ne pas remarquer un éléphant dans un couloir. Encore faudrait-il qu'elle sache exactement ce qu'était ce bestiau. Quand Lydia lui faisait la lecture (sans doute les meilleurs souvenirs qu'elle avait avec sa Maman), iil lui était déjà arriver de mentionner le parchiderme. Elle avait veinement tenté de dessiner une esquisse de l'animal, mais tout ce que la précoce avait retenu, c'est que ce truc était énormément énorme, et sans doute encore plus.
Bref, elle était subjuguée par l'inconnu ... Puis s'en détourna soudainement, comme si toute l'étrangeté de l'être avait fini par la lasser. Elle soupira et se rendit compte qu'elle tenait entre ses mains quelque chose qui, d'après la sensation qu'il lui procurait, semblait être un morceau de tissu précieux. Le mouchoir de la voix masculine! Elle le porta à la hauteur de ses yeux (qui lui donnait un l'air d'une personne un peu simplette, vu qu'en plus, ses coudes étaient écartés de son corps) et remarqua tout le sang qui y était incrusté. Elle ne sut que balbuter un

- Dé ... Dé ... Désolée

Car elle savait que désormais, le mouchoir était irrécupérable. Elle était déjà revenue avec des vêtements tachés de sang à la maison, et la Nourrice avait eu un mal fou à les faire retrouver leur état originel. En fait, elle n'y était jamais arrivé. Il suffit de peut de temps pour qu'il s'incruste dans les fibres et qu'il ne veuille plus les quitter!
Médéa, embarrassée, ne sut que faire. Elle réfléchit un peu, relâcha les bras, joua avec ses doigts comme le ferait un enfant de cinq ans et enfin, trouva une idée. Elle n'avait qu'à lui donner son propre mouchoir. Elle sourit, heureuse d'avoir trouver une solution. Elle rangea le tissu dans l'une de ses poches secrètes (elle nota qu'il n'était pas loin du couteau) et sortit le sien d'une autre poche. Celle-ci était spécial, car elle se trouvait ... Sur sa poitrine, dans la doublure. Lorsqu'elle sorit son mouchoire, elle ne devait pas ressembler à plus qu'une serveuse d'un café malsain cachant ses pourboire dans son soutien gorge, mais elle n'y prêta pas attention. Du moins au début. Au moment ou elle le lui tendit fermement, ses bras perdirent un peu de leur vigueur, elle semblait repartie dans ses pensées.
Peut-être était-ce à cause de cette attitude que les nobles la prenaient comme divertissement. Ça commençait très simplement.
Elle était à l'une des quelconques réceptions d'une de ces innombrables tantes. Et c'était toujours après un accident que les pervers approchaient. Elle renversait quelque chose, se trébuchait, se perdait, se quoique ce soit, de manière à ce qu'un homme l'écartait de l'assembler pour "l'aider". Puis les mains finissaient par se balader, les langues à s'emberlificoter ... Au début c'était plutôt pas mal, c'était même plutôt chouette. Elle était collé contre un bel homme qui lui susurrait au creux de l'oreille qu'elle était unique, qu'elle était magnifique. Puis sa main gauche malaxait ses seins plus qu'il ne les caressait, tendis que la droit commençait un périple sur les courbes généreuse des fesses, avant de passer sous les jupons et de s'approcher de ... Non, c'était trop rapide. Médée essayait un peu de le repousser, pas trop parce qu'elle ne voulait pas passer pour une sainte nitouche. Mais du coup l'homme la serrait plus fort et se faisait plus pressant. Médée commençait à se débattre et comme par hasard, c'est le moment que choisissait Rozenn pour débarquer. D'abord elle se moquait d'elle puis, voyant qu'elle était vraiment en mauvaise posture, elle prenait le dessus. Les réaction étaient variées : Mordre au sang (jusqu'à, parfois, arracher un morceau de peau), donner un bon coup de pied à l'endroit qui empêchait tout hommes d'avoir de la répartie dans les minutes qui suivaient, utiliser un objet, quelqu'il soit, et l'utiliser à des fins pas très catholiques, mais propices à la fuite de la précoce. Le noble finissait bien entendu par partir, rageur, laissant Médée seule (mais en prenant soin de rappeler à l'assemblée, ayant accourru au bruit, que cette garce n'était qu'une folle), qui se faisait remplacer par Lisa qui pleurait en boule dans un coin.
A chaque fois elle se laissait avoir, et à chaque fois le résultat était le même.
Médéa leva les yeux vers la voix masculine. Il était si beau et irréel, qui devait forcément être noble lui aussi. Les plébéiens ne ressamblent jamais à ça. Mais pour le moment, il ne semblait représenter aucun danger. C'est pourquoi elle sourit timidement en tendant à nouveau le mouchoir. Mais quelque chose sur le côté, ou plutôt sur celui de l'homme, attira son attention. Elle venait de remarquer la rose noir qui était a côté de sa joue. Elle l'avait remarqué parce qu'elle était sure de l'avoir vue bouger. avait-elle rêver? On disait qu'elle était folle après tout. Elle fronça les sourcils et, d'un pas prudent, approcha ses lèvres de l'oreille libre de son interlocuteur pour lui murmurer :

- Je crois que votre fleur est vivante ...
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   19.11.08 2:17

Il ne cessait de la contempler, cette étrange enfant dont le regard étrange était rivé sur le mouchoir qu'il venait de déposer sur la lame maculée du sang de ses victimes... Les Roses dans son dos se crispèrent sous la frayeur avant de regarder tour à tour par dessus son épaule pour détailler cette jeune fille pas comme les autres qui représentait soudain un tout autre danger que ce dont elles avaient l'habitude. Nulle séduction, nul attachement particulier et pourtant le regard que leur père posait sur l'inconnue était des plus tendres. Mais elles n'étaient pas jalouses, pas d'une folle meurtrière capable de massacrer des innocentes belliqueuses.

D'un simple murmure, comme une brise légère entre leurs feuilles d'un vert sombre presque noir, elles chuchotèrent leurs inquiétudes à la Mère immobile qui veillait, Reine florale et fière. Cette dernière ne pouvait répondre à cela, ni même les rassurer car elle ne pouvait statuer sur le cas de la demoiselle. Mais à toute, elle conseillait la plus grande prudence et une grande discrétion. Une liane hérissée d'épines vint cueillir le manteau délaissé qui fut ramené sur les épaules de Méphistophélès. Ce dernier n'en prit même pas conscience, légèrement subjugué par le regard qu'elle lançait à son mouchoir, comme si ce dernier avait été... un objet précieux. Pourtant, ce n'était qu'un carré de tissus, brodé à ses initiales et ornée d'une dentelle fine qui pouvait surprendre puisque le mouchoir appartenait à un homme.

Il sortit tout de même de ses pensées pour se rendre compte de la terreur silencieuse de ses filles qui s'étaient dissimulées comme elles le pouvaient sous le pardessus noir de leur Créateur. Seule restait la Rose Mère qui dardait ses pétales sombres et presque immobiles sur la lame du couteau qui fut soigneusement nettoyé. Un frisson parcouru le corps végétal mais elle s'efforça de ne rien laisser paraitre de sa propre peur. Cette dernière attisait celle de ses enfants et elle essaya de se calmer, rassurée tout de même que Méphistophélès ait assez de conscience pour ne pas s'approcher plus près. La prudence pourtant n'était pas ce qui lui venait immédiatement à l'esprit tandis que ses yeux pâles retournaient à la jeune fille qui, concentrée sur sa tâche, semblait en avoir oublié le monde alentour, et surtout sa présence. Loin d'être vexé par son ignorance, qu'elle soit volontaire ou non, il en profita pour la détailler, se demandant avec une certaine curiosité de quelle famille elle était l'héritière.

Jamais il n'avait entendu parler d'une jeune demoiselle aux cheveux verts mais peut-être ce grain de folie qu'il sentait chez elle avait réduit ses propres parents au silence et à la discrétion, comme les siens l'avaient fait avec lui. C'était plus que probable mais ses interrogations se stoppèrent net quand il captura l'étrange sourire que la jeune fille eut en contemplant la lame désormais immaculée. Une sueur glacée apparut dans son dos, collant ainsi sa chemise blanche à sa peau humide. Il frémit sous les caresses de ses filles qui tentèrent vainement de le rassurer en faisant fi de leur propre angoisse. Une épine d'argent caressa sa joue et il eut un sourire doux destiné à sa tendre épouse sans qu'il ne tourne néanmoins la tête. Non, la prudence n'était pas ce qui lui venait immédiatement à l'esprit mais elle n'était pas en retrait pour autant... et il préférait de loin surveiller la jeune femme pour palier au moindre mouvement de sa part.

Comme à cet instant où elle se releva d'un geste vif. Méphistophélès fut vivement tiré en arrière par ses filles qui, affolées, agitèrent le pardessus en essayant à la fois de mieux de dissimuler mais ne regarder ce que la jeune fille était entrain de faire. Un hurlement silencieux fit bourdonner les tempes de l'albinos qui se permit de fermer juste un instant les yeux dans le but de retrouver en premier lieu l'équilibre et d'apaiser le battement affolé de leur coeur... Quand ses paupières dévoilèrent sa prunelle voilée d'une sourde inquiétude, il pût remarquer que le couteau avait disparu. L'avait elle rangé ? Certainement. Le geste n'avait pas été accompagné d'un mouvement de bras vif signifiant qu'elle l'avait jeté au loin... Pourtant, Méphistophélès était certain de ne pas voir de poches, ou un autre rangement sur la robe ou à côté de l'inconnue. Où avait-elle pût le dissimuler ? Une image très nette se fit dans son esprit et il eut un discret rougissement à la pensée de ces portes jarretelles que les femmes appréciaient tant et qui pouvaient, à l'occasion, garder la présence secrète d'une arme ou autres...

Pendant un instant, le silence se fit dans la petite clairière abritant les rosiers détruits et les Roses meurtries gisant à terre. Plus les secondes passaient et plus l'étrangeté de cette jeune personne captivait l'esprit de Méphistophélès. Sa quête de chaleur humaine l'avait-elle rendu à ce point désespéré qu'il essayait désormais à se lier avec la première personne qui lui tombait sous la main ? Si tel était le cas, alors il était des plus pathétiques mais cela ne changeait pas trop de d'habitude selon lui. Méphistophélès en devenait exaspérant tant ses critiques et ses jérémiades mentales se faisaient quotidiennes. Incapable de se trouver une seule qualité, il pensait avec une acceptation des plus détestables que son existence en elle-même était pathétique. Ridicule, affamé de vie et d'attentions, il préférait de loin rêver d'une vie meilleure au lieu de tenter simplement de rendre ses secrets espoirs réels. Parfois, oh parfois seulement, la Rose Mère avait envie de lui enfoncer ses épines d'argent dans la gorge mais à cet instant elle était plus préoccupée à surveiller avec une grande attention la jeune femme plutôt que de tenter de distraire Méphistophélès pour qu'il cesse ses lamentations.

Fort heureusement, les plaintes mentales se turent enfin quant la jeune fille eut un sursaut de conscience et se tourna vers lui. Ramené brusquement sur terre, il pensa d'abord à l'éthique et n'eut qu'une seconde d'hésitation avant de saisir la main de la meurtrière, faisant crier d'horreur ses filles qui crurent un instant leur fin arriver, y déposant un léger baiser, simplement effleurement de ses lèvres de sang avant de se relever, un doux sourire aux lèvres. Il était affolé et recula d'un pas, comme si cela ne faisait partit que d'un rituel galant destiné à saluer les jeunes femmes avec respect et délicatesse alors que dans son esprit, ce n'était qu'un pas en arrière pour mieux fuir au besoin. Les Roses s'agitèrent encore mais plus discrètement et invitèrent rapidement la Rose Mère à les rejoindre sous le pardessus. Mais cette dernière fit face, avec une grande dignité et un courage qui la surprit elle-même. Elle aurait pût massacrer cette enfant avant qu'elle ne représente une véritable menace mais la curiosité la gagnait elle aussi et elle demeura, figée dans son étrange beauté, tandis que Méphistophélès respirait avec lenteur, essayant de deviner les futurs gestes de la jeune fille qui semblait affreusement et dangereusement instable...

La tête penchée de côté, cette dernière semblait lire au plus profond de son être, les yeux écarquillés, silencieuse et immobile tout comme l'était sa Reine à cet instant. L'échange visuel fut néanmoins court et il manqua de soupirer de soulagement quand son attention fut enfin détournée et que ses yeux cessèrent d'enchainer les siens à son regard... Le mouchoir lentement s'éleva jusqu'à son visage et la Rose Mère se demanda un instant si la jeune fille était particulièrement dérangée. Si cela s'avérait vrai, cela ne la rendrait que plus dangereuse et elle conseilla en silence à son Père de mettre fin à l'échange qui commençait à peine le plus vite possible pour éviter tout incident. Ce n'était pas une simple jeune fille dont elle pouvait se débarrasser par pur orgueil féminin. C'était une menace réelle, pour ses filles comme pour elle... comme pour l'albinos. Méphistophélès se contenta d'acquiescer mentalement, son regard passant du visage de l'inconnue au mouchoir maculé de sang.


- Dé ... Dé ... Désolée


Le bégaiement le surprit et il resta sans répondre pendant une bonne minute, les sourcils arqués dans un signe de profonde surprise. Désolée ? Mais de quoi était-elle désolée ? Méphistophélès peinait à comprendre les intentions de la jeune femme mais... en vérité et au vu de son attitude dangereusement changeante, pouvait-il réellement la comprendre ? Certaines choses oui, les plus évidentes mais à cet instant, il était plus inquiet quant à l'arme qu'elle possédait et au sort qu'elle risquait de leur faire à la moindre erreur de sa part, plutôt que de s'intéresser à la psychologie troublante de cette noble. Soudain, le lien se fit et il déplora mentalement sa lenteur d'esprit avant de sourire, avec la plus grande douceur possible, murmurant poliment mais tendrement:


- Ce n'est rien mademoiselle, juste un carré de tissus qui ne vaut guère. En revanche, je suis inquiet quant à votre blessure. Souffrez vous ? Puis-je vous être utile en quoique ce soit ?


Trop de questions peut-être et il souffla une petite prière mentale pour ne pas énerver la jeune fille d'une quelconque manière. La prudence dont il faisait preuve pouvait presque rendre ses propos hypocrites tant la douceur dont il faisait preuve semblait fictive mais Méphistophélès à cet instant était aussi plus que sincère. Certes, elle représentait une menace mais s'il pouvait l'aider, lui tendre simplement la main, alors peut-être répondrait-il à un besoin secret qui aiderait la jeune fille à aller mieux. Lui-même ne désirait qu'un peu de tendresse car la solitude lui pesait... et tout charmant idiot qu'il était, le jeune Albërick pensait sincèrement qu'une main douce avait le pouvoir d'apaiser les secrets tourments de l'âme, comme le baiser d'une mère déposé sur la blessure d'un enfant qui guérissait alors par miracle... Non il n'était pas un saint, encore moins un ange, mais simplement un homme capable de comprendre, d'accepter et d'aider si possible...

Un homme respectable qui attirait néanmoins les ricanements de ses frères ainées qui trouvaient ses manières d'agir assez féminines. Délicatesse et attention ne rimaient pas avec virilité selon eux mais l'heure n'était pas aux pensées auto-destructrices. Et le geste qu'eut l'inconnue aida à chasser les secrets tourments de Méphistophélès puisque les rougeurs de ce dernier se firent plus vives à mesure qu'elle glissait ses doigts dans son corsage pour en retirer un mouchoir semblable au sien. Non pas amusé mais ému par son attitude, il tendit délicatement la main pour se saisir avec une grande attention du mouchoir comme si ce dernier était un véritable trésor. La peur étouffa à peine la vive jalousie de ses Roses qui hurlèrent au scandale, trouvant ce geste fort déplacé pour une noble. L'odeur sur le mouchoir était celle de sa peau, de ses seins et elles faillirent jaillir de dessous le manteau pour s'en saisir et le déchiqueter avec hargne. Étrangement, la Rose Mère n'eut presque aucune réaction et se contenta de contempler la jeune fille sans se soucier, ou presque, du carré de tissus que Méphistophélès regarda, hésitant à savourer le discret parfum et préférant finalement, surtout par prudence, le ranger dans la poche de sa veste, toujours avec cette même délicatesse.

Et puis elle le regarda. Vraiment. Et troublé il ne put que lui rendre son regard sans ciller alors qu'il aurait aimé baisser les yeux. Il n'avait jamais été très à l'aise avec les femmes, sans que cela n'ait de rapport avec son orientation sexuelle. Elles lui inspiraient une méfiance et une timidité exacerbée et arrivaient sans peine à le mettre mal à l'aise jusqu'à le faire fuir. Phoebé à la parfumerie n'avait pas eut le temps de goûter à cela à cause des évènements qui s'étaient déroulés trop rapidement pour que l'albinos puisse savourer l'écho nait du baiser échangé... Mais la jeune fille aux cheveux verts pouvait aisément lire son malaise sur son visage d'ange déchu. Le sourire timide qu'elle lui offrit le surprit tant qu'il manqua de chanceler, son coeur ratant un battement dans sa course folle et précipitée comme s'il voulait jaillir de sa maigre poitrine. Figé, il la laissa s'approcher, le bourdonnement à ses tempes se faisant plus désagréables encore tandis que ses filles murmuraient entre elles, ne sachant quoi faire, s'il fallait fuir ou attaquer...

La décision revenait à la Rose Mère qui, dans un geste qui aurait pût être totalement inconscient, effleura avec douceur de sa feuille le coin des lèvres de Méphistophélès pour l'apaiser et le soutenir. Elle demeurait sur ses gardes et se crispa très légèrement comme le fit son époux lorsque les lèvres de la jeune fille s'approchèrent de son oreille, effleurant une mèche de neige, chuchotant tout bas, un secret à partagé, une vérité troublante qui prenait à cet instant tout son sens:


- Je crois que votre fleur est vivante ...
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   19.11.08 2:17


Méphistophélès ferma les yeux. Tout ceux qui avaient connu la Rose Mère avait fasciné par elle jusqu'à en perdre les mots. Puis la vie, quand ses filles décidaient que la menace était bien trop grande pour laisser la personne s'approcher de trop près de leur père. Jamais personne n'avait prononcé cette simple vérité. Oui, elle était vivante et toute sa magnificence résidait en cela. Certes, elle était belle, une Rose Noire des plus étranges, des plus rares mais tout son charme résidait dans le fait qu'elle puisse se mouvoir, décider, penser... Vivre.

Ses lèvres furent ourlées d'un sourire semblable à celui que la jeune fille lui avait offert et il sentit avec une légère frayeur la Rose Mère se mouvoir, se redressant au dessus de sa tête avant de se pencher vers la jeune fille comme pour mieux l'observer. Sa tige était tendue, comme une tête penchée en avant et Méphistophélès craint un instant que la noble ne ressorte son couteau pour lui trancher la tête, Reine de Coeur impitoyable et instable. Il voulu reculer, ou tout du moins l'attraper de ses mains délicates avant que le meurtre ne soit commit mais la Rose Mère se replaça d'elle même sur son épaule, enlaçant son cou d'une liane ornée d'épines d'argent déployées, comme un étrange collier florale. Que répondre à cette étrange interrogation ? Oui ? Lui expliquer le Voeu ? La naissance ? Lui narrer comment chaque jour il assistait à une naissance de plus, ces boutons de Rose à peine éclos ornant en ce moment même le mur de sa chambre en attendant d'être assez épanouit pour sortir avec leurs soeurs...

Non, c'eût été trop simple de se confier, de confier à cette frêle jeune fille à l'étrange chevelure les secrets de son existence, ce conte gothique des plus incroyable... Il garda son sourire et s'inclina très légèrement, comprenant soudain que le geste de la Rose Mère n'avait eut d'autre but, en plus de l'observer, que de la saluer et ainsi confirmer ses paroles. Oui elle était vivante, il n'y avait rien à rajouter à cela et avec un peu de chance, surtout si elle laissait son couteau reposer à l'endroit où il était rangé, soit Dieu, et l'inconnue, savait où, elle pourrait aussi faire la connaissance de ces filles toujours apeurées, un peu moins jalouses et de plus en plus curieuses.

Après tout, elle avait été salué par leur Mère, ce qui n'était pas rien alors peut-être méritait-elle un second jugement. Oui, peut-être n'était elle pas que folle comme elle le laissait néanmoins croire. Peut-être même ne représentait-elle aucune menace en tant que femme auprès de leur Père... Peut-être, et cela était encore plus fou, méritait-elle leur sympathie, ce qui serait bien une première puisqu'elles n'aimaient personne, même pas ceux comme ce vulgaire parfumeur qui semblait être tombé en amour tant leur fascination était grande. Restant sagement blottit sous le par-dessus, elles entendirent soudain la douce et apaisante voix de leur Créateur murmurer tout simplement:


- Je me nomme Méphistophélès Albërick, enchanté de vous faire votre connaissance mademoiselle...


Oui, commencer les présentations semblait être une excellente réponse. Après douce enfant, et seulement si tu t'en montres digne, tu pourras contempler la beauté des Éternelles Suivantes de la Reine qui siégeait à cet instant en silence sur l'épaule du jeune homme. La peur n'avait pas disparu, la méfiance c'était peut-être même accru chez la Rose Mère mais cette dernière, plus patiente qu'à la parfumerie, attendait simplement la suite des évènements qui ne manquerait pas d'arriver, fut-elle tragique ou bien comique...

Peut-être même des deux, qui sait ?
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Medea M
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   23.11.08 17:01

Un baise-main ... Un baise-main? Les gens de haut rangs étaient encore capable d'une telle attitude? et pour elle en plus?
Elle eut d'abord du mal à y croire. Elle avait dû rêver éveillée, comme il lui arrive souvent de le faire. Ce devait être ça, car elle avait à peine senti les lèvres de l'homme sur sa peau décolorée et froide, car même si elle avait plutôt chaud, ses mains n'étaient pas couvertes. Mais avant de venir elles l'étaient ... Qu'avait-elle donc fait de ses gants? En fait ce n'était pas des gants, c'était ce qu'on appelle des mitaines. Mais elles étaient plutôt bizarre. Elles n'étaient pas faites en laine, comme le prolétariat à l'habitude de les faire. Non non, elles étaient en velours. Mais pas un velours épais de rideau de vielle grand mère, non, il était plus léger, très doux bien évidemment ... En fait il n'y avait pas de grandes différences entre les deux, mais quand même, elle ne manquait pas de préciser à chaque fois qu'elle le pouvait. Certes les occasions n'étaient pas nombreuses, et la plupart du temps cela n'intéressait personne, mais pour elle c'était important. Ses mitaines étaient rouges, bien sur, et arrivaient à mi-bras. Oui elles étaient un peu longues mais ça lui plaisait. Elle ne les mettait pas systématiquement, car il lui arrivait de les oublier, ou bien de les enlever et d'oublier de les remettre. Comme en ce moment précis. Mais qu'avait-elle pu en faire? Elle voulu regarder autour d'elle, mais ce n'était pas le moment, il y avait quelqu'un avec elle, un très beau jeune homme en plus.


*C'est un noble
Oui et alors?
Mais c'est fou ce que tu peux être stupide! Tu oublies tout, tout de suite. Tu as pensé à quoi il y a quelques instants? Aux nobles qui essayent toujours de t'avoir!
Je le trouve juste beau, je n'ai rien dis d'autre
Beau, c'est lorsqu'on connait la personne et qu'en plus d'être jolie, elle est agréable. Lui tu ne le connais pas
Ben, alors il est joli
C'est pas correct de dire ça
Tu m'énerves*

Donc c'était un joli jeune homme, et chercher ses gants maintenant, ce n'était pas une bonne idée. Elle le regarda à nouveau et voulu lui sourire, mais fut coupée dans son élan, car il prit la parole.


- Ce n'est rien mademoiselle, juste un carré de tissus qui ne vaut guère. En revanche, je suis inquiet quant à votre blessure. Souffrez vous ? Puis-je vous être utile en quoique ce soit ?

Quoi? Il voulait savoir comment elle allait? Peut-être que Rozenn avait raison finalement. Ça commençait souvent comme ça. En plus, il n'y avait personne dans les alentours. Les jardiniers étaient plus loin, ils s'occupaient des autres fleurs. Médéa commença à être mal à l'aise ... Est-ce que lui aussi allait profité d'elle? Elle posa sa main à l'endroit où était caché son couteau. Ça pouvait passé comme un crampe au ventre, du coup, Rozenn la rappela à l'ordre. Il ne fallait pas donner l'occasion à cet homme de lui porter un faux secours. Elle sourit, bougea sa main et joua avec ses doigts en regardant ailleurs. Avait-elle encore mal? Oui, un peu, ça picotait. Mais sinon c'était très supportable. Comparé aux fois où Rozenn c'était attaqué à des hommes plus fort qu'elle et qui avaient riposté, cette douleur, ce n'était rien. Oui, une fois c'était un gros et gras monsieur. C'est ce jour-là qu'elle comprit pourquoi une de ses tantes comparait les hommes à des porcs. Celui-là y ressemblait vraiment. Médée sourit, parce que l'homme était très ridicule et si elle avait été blessée, c'est uniquement parce qu'elle c'était prit un fou rire alors qu'elle le transperçait à l'aide son couteau. Il ressemblait tellement à un porcelet avec ses petits cris terrifiés et ses gestes défensifs désordonnés. Il avait profité de l'inattention de la demoiselle pour lui envoyer un crochet du droit assez faible, mais suffisamment puissant pour que la précoce garde le bleu quelques jours. D'un coup elle avait cessé de rire. Pour se venger, elle lui planta le couteau dans la gorge, et si Lisa n'avait pas eu pitié de lui en lui demandant de l'égorger, l'homme serait mort lentement dans d'atroces souffrances.
En ce remémorant cet épisode de sa vie. Elle était rapidement passée de la gêne due aux questions à un sourire discret (parce que l'homme était vraiment ridicule) et avait fini avec un air renfrogné. Elle regardait le sol et son regard devenait de plus en plus noir, lorsqu'elle se rappela soudainement qu'elle était toujours en compagnie du jeune homme. Elle le regarda dans les yeux et sourit de manière très franche.


- Merci de vous inquiéter, mais je n'ai besoin de rien.

Elle détourna les yeux. Elle ne prêta pas attention aux joues rouges du noble, tout simplement parce qu'elle ne le vit pas. Heureusement sans doute, car Rozenn aurait pu très mal le prendre. Elle ne perçut pas non plus les frémissements sous le manteau du noble lorsque celui prit son mouchoir. Tout ce qui vivait sous son manteau, elle ne s'en doutait pas. Non, elle savait seulement que la fleur avait bougé, elle en était sure, mais pas plus. D'ailleurs, le sourire que le jeune homme lui lança après qu'elle se soit éloigné de lui une fois sa confession faite la conforta dans son idée. Cette Rose était vivante! Et comme pour éclipser le moindre doute qui aurait pu subsister, la Magnifique s'approcha d'elle, plutôt de son visage.
Rozenn apparu dans un coin de son esprit, effrayée de ce qu'il était entrain de se passer. Une fois de plus Médée posa la main sur son couteau, attendant de voir la suite des événements.


*Tranches-là!
Et pourquoi, elle ne semble pas mauvaise
Tues-là!
Tu n'aimes que le sang, mais ici c'est une Rose, elle ...
Je t'ai dis de la tuer.
Pour le plaisir de causer la souffrance...*

Médée soupira et sa main s'éloigna de la poche qui dissimulait son couteau. Décidément, Rozenn était très dangereuse. tout ce qu'elle voulait, c'était voir la peur dans les yeux des autres avant de leur ôter la vie. La précoce devait le reconnaître, quelques fois elle la laissait prendre le dessus. Mais dans certain cas il lui arrivait de ne pas voir l'intérêt d'un acte de barbarie, comme en cette instant. Médéa contempla la Rose noire bleutée. Ce n'était qu'une fleure et pourtant, elle avait de la prestance. C'était drôle, elle avait pour elle une forme de respect. La Rose se replaça autour du cou du jeune homme et forma une sorte de collier d'argent. Les tiges n'étaient même pas vertes. Décidément, elle était sublime.
Le visage de la jeune fille se fendit d'un sourire énorme. Elle ne savait pas pourquoi la Rose s'était approchée d'elle, peut-être pour l'observer. En tout cas, Médée prit les pans de sa robes et fit une révérence afin de montrer le respect qu'elle avait pour la fleur. Elle se redressa, toujours souriante, elle avait du mal à contenir sa joie. Puis le jeune homme se présenta


- Je me nomme Méphistophélès Albërick, enchanté de vous faire votre connaissance mademoiselle...

Elle sourit à nouveau et se présenta à son tour

- Médéa, juste Médéa. C'est un plaisir de vous rencontrer.

Puis n'y tenant plus, elle s'écria

- J'en étais sure!

Elle sauta dans tous les sens, chantait, dansait, riait. En répétant sans cesse "Je le savais, je le savais!". La, c'était sûr, si le jeune homme n'avait pas encore remarqué qu'elle était un peu dérangée, en ce moment même il devait hésiter entre le rire et la fuite. Elle arrêta de bouger dans tous les sens et se planta devant lui.

- Ils m'ont traité de folle quand je leur ai dit, mais je savais que j'avais raison. Les choses qui nous entourent ont des secrets, ces choses sont vivantes!

Elle ne cessait de sourire et soudain, sans réelle raison apparente, elle prit le jeune homme dans ses bras. Elle sentit son odeur lorsqu'elle posa sa tête contre son torse, mais en réalité, ça n'avait pas d'importance pour le moment. Non tout ce qu'elle voulait c'était le remercier.

- Merci, merci beaucoup.

Elle sentit un léger mouvement sous le manteau et recula aussitôt. Que venait-il de se passer? Elle eut un peu peur mais ça lui permit de se rendre compte qu'elle venait d'enlacer un parfait inconnu. Elle rougit énormément et se confondit en excuse en inclinant sa tête.

- Veuillez m'excuser, je n'aurais pas du. Je ... je ... Jeje ... Pardonnez-moi

*Pourquoi tu t'excuse, c'était très agréable! En plus il sentait bon
Parles pour toi, cet homme est louche
Il est très poli et bien élevé je trouve. Je ne vois pas quoi lui reprocher
Mais tu es si stupide! Ça va être comme à chaque fois, tu va encore te faire avoir petite écervelée!
Arrêêêêêêêêteuuuh, j'ai juste dit qu'il était bien
Tu m'énerves. Tu devrais partir! Tu m'énerves! Petite Peste
Je suis pas une peste, arrêtes*

Lisa commençait à pleurer tendis que Rozenn ricanait. Pendant que ce combat se déroulait dans sa tête, le visage de Médéa changeait en fonction de qui parlait. C'était à peine perceptible, mais si on le remarquait ça pouvait mettre mal à l'aise. Puis d'un coup, elle se figea

*Cessez!*

Et alors apparu Angela. Elle regarda autour d'elle, puis son regard s'arrêta sur le jeune homme. C'était un regard neutre, comme son visage. Elle haussa cependant un sourcil, très rapidemment. Elle essayait de ne pas montrer son agacement face à la situation devant laquelle elle se trouvait. Elle y arrivait plutôt bien.

- Vous vous appelez donc ... Méphistophélès Albërick.

Elle eut une sorte de rictus, puis elle disparut, laissant place à Médée. Elle aussi regarda autour d'elle, elle semblait un peu perdue. Puis une fois qu'elle croisa les yeux du noble elle sourit.

- Pardonnez-moi, j'ai eu un moment d'absence.
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   23.11.08 21:19

Une attitude de prince charmant, un homme parfait et immanquablement cela attisa la jalousie naturelle de ses filles perfides qui commencèrent à s'agiter, un peu boudeuses malgré leur frayeur des attentions de leur père à l'égard de cette folle. Mais la jeune fille n'était pas comme les autres, et malgré leur ressentiment, elles observèrent la scène un peu curieuses, attendant ce qui allait se passer avec un peu d'impatience. Oui, c'était certain, elle était totalement dérangée et semblait changer d'attitude de seconde en seconde ce qui était bien entendu une menace. Après tout, elle pouvait rire un instant et puis les attaquer sans raison juste après... Curiosité mais méfiance donc, et cette dernière s'accrût quand elle porta la main à son ventre.

Avait-elle mal ? Où ce geste beaucoup trop vif mais pas assez pour que leur père ne le perçoive comme un geste de défense cachait-il autre chose. Les petites futées pouffèrent tout doucement entre elles, résistant à l'envie de prévenir leur père qui ne faisait plus vraiment attention à elles, du petit secret qu'elles venaient de découvrir. Ainsi donc, c'était là qu'elle cachait son arme. Un mouchoir au creux des seins, une arme près du ventre... décidément cette noble, car assurément s'en était une juste pour le fait d'avoir eut l'accès au Pairidaeza, était plus intéressante qu'elle n'y paraissait. Et puis ce sourire soudain, sans raison aucune... Se moquait-elle de leur père ? L'impudente, elle allait devoir cesser de sourire bêtement avec cette étrange lueur dans le regard où bien... où bien quoi ? Elles la tueraient ? Elles qui en ce moment tremblotaient sous le manteau de leur père comme simple protection... Pathétique.

Oui, vraiment lunatique cette donzelle, mais elle ne représentait pas vraiment une menace aux yeux de la Rose Mère. A dire vrai, elle l'amusait énormément. C'était comme un petit singe à l'étrange chevelure qui la divertissait l'espace d'un instant comme l'avait fait ce charmant parfumeur aux yeux plein d'étoiles. Les humains finalement n'étaient pas taillés sur le même modèle. La première exception était bien entendu son Époux, la deuxième ce parfumeur et la troisième cette jeune femme. Ni l'actrice, ni le Mearas n'avait retenu son attention, ou alors n'avait attisé sa jalousie d'une manière plus intense que d'habitude. Sur le moment, certes, elle les avait sentit comme une menace mais désormais leur existence n'était qu'un pâle souvenir qu'elle finissait petit à petit par oublier... Un lointain écho parfois, comme aujourd'hui et puis finalement, rien. Pas un seul tressaillement, pas une seule grimace... juste le désintérêt le plus palpable. Enfin, certainement pas face à Elle.

La moue renfrognée l'attendrit et elle se prit à la considérer comme une enfant un peu débile que l'on caressait délicatement d'un doigt fin avant de la gifler légèrement pour la punir de son attitude incorrecte. Elle était si belle et si dérangeante dans sa manière d'agir, que la Rose Mère eut un simple sourire de pitié, imperceptible tressaillement de ses pétales si noirs, avançant pour mieux contempler son petit visage de mignonnette aux yeux si noirs. Oh ma tendre petite, quelle est cette pensée maléfique qui vient noircir votre âme comme l'encre se diluerait dans une goutte d'eau pour mieux tâcher ce si joli dessin... Dites moi tout mon enfant, confiez moi vos secrets, les dires de votre âmes, de ces pensées parasites que l'on nomme conscience ou voix de la raison... Amusez moi par vos mines mon enfant, je vous coifferais de mes épines empoisonnées pendant ce temps...


- Merci de vous inquiéter, mais je n'ai besoin de rien.


La main toujours sur son ventre, elle détourna les yeux et cela, plus que tout, attisa l'inquiétude de Méphistophélès comme l'on soufflerait sur une braise presque étouffée. Pourtant, il ne voulu pas reposer la question, non pas de crainte d'agacer cette demoiselle un peu fragile capable de lui sauter à la gorge, mais simplement par respect pour elle. Après tout, si cette jeune fille désirait lui cacher certaines choses, c'était son droit et lui, jeune inconnu dont elle ne connaitrait que le nom, et peut-être un peu plus encore étant donné la discrétion de ces filles qui s'agitaient un peu plus encore sous son manteau à cet instant. Pourtant, le geste tendre qu'il eut, une main qui s'avance pour lui effleurer le bras avec toute la délicatesse et la galanterie dont il pouvait faire preuve, fut stoppé net par l'avancée soudaine de la Rose Mère.

Et, sans se presser, très calmement, comme ignorante du danger qu'elle encourait, cette dernière observa Médéa. C'était un curieux spectacle d'observer cette Rose, cette Reine florale, bougeait lentement sa corolle de droite à gorge, comme le ferait le visage d'une Dame de la Cour curieuse observant une enfant particulièrement intéressante, que cela soit par sa vivacité d'esprit ou son étrange attitude. Les filles, bien entendu, s'affolèrent et il dû mentalement faire claquer sa voix la plus grave pour faire cesser ces hurlements stridents qui l'enjoignaient à reculer. De quoi donc avaient-elles peur ? D'une innocente ? Allons bon, la jalousie et l'orgueil les aveuglaient assurément... Mais il ne voyait pas sa main, toujours sur le ventre de la jeune femme, trop concentré sur ses filles qu'il essayait de calmer sans tenir compte de leurs propos qui lui hurlaient que le couteau était caché là.

Quel couteau ? Oh, celui qu'elle avait utilisé pour massacrer ces pauvres roses inanimées... mais non voyons, elle avait dû le jeter. Trop de méfiance, mes enfants, calmez vous donc. Elle semble si jeune et si fragile, incapable de la moindre violence. Peut-être un simple caprice d'enfant, le désir de tout détruire, mais certainement pas une telle envie de meurtre qu'elle serait dans la capacité de trancher d'un geste sec la tête à la Rose Mère. La Reine de coeur punie par le sort qu'elle réservait si cruellement à ses sujets... cela aurait pût être diaboliquement ironique. Mais la main si pâle quitte son ventre et elle recula, saluant la Rose Mère avait un respect qui fit taire les Roses affolées. Elle s'inclina.

Le geste, cette révérence étrange, était à la fois si incongru et pourtant... Pourtant si naturel. Une simple réponse au salut, à l'observation de la discrète et si noble Rose Mère. Une attitude qui lui valu l'appréciation silencieuse de cette Reine qui retourna se nicher contre le cou d'un Père médusé, mais agréablement surprit, dont le sourire se fit plus présent encore, heureux. Extraordinaire jeune femme qui dans sa douce folie était plus clairvoyante que la majorité des êtres humains ayant croisé le jeune héritier des Albërick. Un simple salut, une marque de respect que la Rose Mère avait attendu depuis tellement longtemps. Assurément, cette jeune fille venait de gagner le coeur de la Rose Mère, plaine autrefois parcourue d'un vent glacé.


- Médéa, juste Médéa. C'est un plaisir de vous rencontrer.

- Et bien Médéa, ce plaisir est par...
- J'en étais sure!

L'explosion de joie le surprit mais cette fois ci il n'eut aucun geste de recul. Les Roses se figèrent dans un même ensemble et quelques unes passèrent la tête à travers le col et les pans de la veste pour observer le spectacle de cette petite folle qui dansait, riait et chantait sa joie d'avoir eut raison quant à son affirmation au sujet de la Rose Mère. Et soudain, en écho au rire de cette agréable jeune fille, celui de Méphistophélès qui se laissa emporter par la gaité de Médéa comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Amusée, la Rose Mère observa ces deux jeunes enfants rire avec insouciance, à la fois attendrie et peinée de n'avoir pût, si rarement, savourer le rire de son Créateur plus souvent.

- Ils m'ont traité de folle quand je leur ai dit, mais je savais que j'avais raison. Les choses qui nous entourent ont des secrets, ces choses sont vivantes!


Le rire de Méphistophélès mourut dans sa gorge et il la contempla avec une grande douceur dans le regard. Cette fois-ci, les Roses ne ressentirent aucune jalousie même si elles reconnurent dans les yeux de leur père la même tendresse qui leur réservait généralement. Cette jeune fille était, effectivement, bien attendrissante et surtout trop folle finalement pour être une menace dans leur relation. Certes, elle pouvait les attaquer à tout moment mais elles faisaient confiance à la Rose Mère pour parait le couteau qui se cachait dans les replis de la robe, prêt à déchirer, découper, tuer... Non, aucune jalousie, mais juste un mouvement de panique quand elle se tourna soudain vers Méphistophélès pour se jeter dans ses bras.

Surprit, ce dernier resta un instant figé avant de l'enlacer avec une grande douceur, un peu troublé en sentant la chaleur de ce corps féminin tout contre lui. Quant était-ce la dernière fois qu'il avait été enlacé pareillement ? Une jeune femme un peu trop impulsive lors d'une soirée, il y a bien deux ans, qui s'était retrouvée transpercée par les épines de ses impitoyables Roses... Il l'avait vu mourir, un "Pourquoi" s'éteignant au fond de ses yeux tandis que la Rose Mère lui cachait avec pudeur le regard de cette effroyable vision. Il en avait perdu le sommeil pendant des mois avant que ses filles ne se fassent pardonner ce crime par de nombreuses caresses... Mais là, bien que la terreur l'envahisse soudain à l'idée que ce crime soit une nouvelle fois reproduit, il eut le soulagement de ressentir simplement un mouvement de recul de la part de ses Roses... mais aucune attaque.

Il se demanda pourquoi, les raisons pour lesquelles elles ne la transperçaient pas comme les autres et puis finalement, préféra savourer cet étrange cadeau, cette étreinte surprenante en fermant les yeux, songeant finalement que le hasard faisait bien les choses... Avec une grande délicatesse, il laissa ses mains reposer dans le dos de la jeune fille sans pour autant l'emprisonner et évita, avec toute la noblesse dont il pouvait faire preuve, que leurs bassins ne se heurtent, ne serait-ce que accidentellement. Si bien élevé, si parfait gentleman... Un prince charmant porteur de mort aux yeux humides de larmes. Tout droit sortit d'un conte où Il était une fois la folie avait gouverné leurs âmes.


- Merci, merci beaucoup.


Le mouvement néanmoins dût l'alerter car elle se recula presque brusquement, détournant aussitôt les yeux en se rendant certainement compte que cela n'était pas une attitude correcte à avoir envers un gentilhomme, surtout lors d'une première rencontre. Mais Méphistophélès lui pardonnait tout, tant elle était mignonne dans sa gêne, dans son hésitation. Il lui sourit avec une grande douceur et se pencha un peu en avant pour croiser son regard, la tendresse toujours aussi perceptible au fond de ses yeux bleus pâles. Et cette même tendresse se retrouvant dans la manière où le pétale vert sombre de la Rose Mère vint effleurer son menton pour qu'elle relève la tête.

Ne sois pas honteuse mon enfant, tu n'as rien fais de mal...


- Veuillez m'excuser, je n'aurais pas du. Je ... je ... Jeje ... Pardonnez-moi

- Il n'y a rien à pardonner mademoiselle... Je suis heureux d'avoir pût susciter chez vous une telle joie. Nous le sommes, ma Rose Mère et moi,
corrigea-t-il après une étreinte un peu plus affirmée sur sa gorge gracile.

Cette étreinte lui permit de détourner l'espace d'un instant les yeux de Médéa pour gronder gentiment son épouse qui s'attachait étrangement à cette enfant et il ne pût remarquer les changements imperceptibles sur le visage délicat de la demoiselle. Qu'aurait-il crû de toute façon ? Qu'elle pensait et ressentait... qu'on lisait en elle comme dans un livre ouvert peut-être. Oh certainement la comparaison lui aurait plût mais non, il ne put que se rendre compte soudain qu'elle s'était figée et son sourire attendrit se transforma en une légère moue tandis que l'inquiétude revenait une nouvelle fois. Comme si elle découvrait l'endroit pour la première fois, Médéa regarda autour d'elle avant de planter son regard dans le sien.

Et aussi sûrement que si quelqu'un le lui avait prouvé par A + B, il sût que la jeune femme qui le contemplait soudain n'était pas la même personne, soit cette charmante et étrange Médéa. Enfin, elle semblait tout aussi étrange mais d'une autre manière, plus assurée, moins... enfantine ? Il ne savait pas vraiment et ne pouvait pas juger l'attitude de Médéa alors que cela ne faisait que quelques instants qu'il la connaissait... pourtant, ces quelques instants lui avaient suffit pour savoir que ce n'était plus elle, en face de lui. Mais qui ? Qui était-ce ? Il n'osait le demander et la Rose Mère le rassura d'une caresse en détaillant à nouveau cet unique minois qui reflétait tant d'âmes au fond de ses prunelles sanglantes...


- Vous vous appelez donc ... Méphistophélès Albërick.

- C'est exact mademoiselle, enchanté de vous rencontrer...


Mais à peine eut-il finit sa phrase qu'elle partit et que la jeune femme insouciante qui venait de danser l'instant d'avant revint, le regard un peu troublé, comme si elle se demandait ce qui venait de se passer. Il n'eut pas le courage de le lui informer, craignant finalement que ses soupçons ne soient une grossière erreur capable de la blesser et lui sourit à nouveau, essayant de la rassurer d'un regard, la Rose Mère délaissant machinalement son cou pour le coiffer, nattant ses cheveux cheveux avant de les défaire, comme à chaque fois qu'elle était nerveuse. Les Roses sous le pardessus gardèrent silence et revinrent sagement se cacher sous l'épais tissus en suppliant soudain en silence leur Père d'agréger cette conversation pour fuir loin de cette jeune femme diabolique et malsaine.


- Pardonnez-moi, j'ai eu un moment d'absence.

- Ce n'est rien... voulez vous un verre d'eau ? Nous pouvons demander à l'un des jardiniers de vous rafraichir un peu si vous le désirez...


Mais non, il ne s'arrêterait pas là, il ne fuirait pas cette jeune fille qui l'avait étreint, qui avait salué sa Rose Mère comme nulle ne l'avait fait. Il voulait discuter, il voulait se promener dans les allées du Pairidaeza sans plus se poser de questions sur ce qui est normal ou pas... Il ne voulait plus réfléchir avec raison, mourant d'envie de ce laisser emporter par la folie si naturelle de cette jeune femme qui vivait sans poser autour d'elle un regard curieux et inquiet en se demandant si elle faisait bien les choses Juste vivre et ressentir, une heure ou deux, en compagnie d'une inconnue qui avait sût charmer cet étrange couple si rapidement que cela en devenait presque inquiétant...

Mais ne plus s'interroger et suivre simplement le mouvement...
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Medea M
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   04.12.08 17:42

*Il sentait bon
On s'en fout!
Il a l'air vraiment sympathique
ON - S'EN - FOUT
Mais moi pas!
C'est un noble, espèce de cruche. Il doit jouer un double jeu, comme tous les autres
Tu es pire que la pierre
Et toi tu es pire que le chose la plus bête en ce monde, et encore, je crois que cette chose aurait plus d'esprit que toi!
Tais-toi Rozenn. Cette fois-ci je suis entièrement d'accord avec Lisa. Reconnais qu'il est différent.
Mais vous êtes toutes deux des imbéciles! Je préfère ne pas me mêler de tout ça. Et j'espère bien que celui-ci te violera, ainsi tu comprendras que j'avais raison!*

Il sembla qu'effectivement, Rozenn s'en alla, car c'était comme si quelque chose de pesant et sombre s'était dissipé. Lisa eu un cri de victoire qui résonna un peu trop fort dans la tête de Médéa, mais celle-ci ne fit que sourire et évita de porter ses mains à ses oreilles. C'était inutile, étant donné que le bruit venait de l'intérieur et non de l'extérieur. Lisa recommença à parler, encore plus enthousiaste, sachant que Médée était de son côté.

*Tu as remarqué qu'il t'as serré dans ses bras? Il n'a pas laissé ses bras pendant
Ils me serrent tous dans leurs bras. Non, ce n'est pas ça qui me fait penser qu'il est différent
Ah bon? Qu'est-ce que c'est?

Elle sentit que la petite était vraiment interloquée. A la base, la précoce est un peu naïve, un peu innocente. Mais c'était pire lorsque Lisa se manifestait. Médée avait tout de même un minimum de jugeote, du moins sur certains points, mais la petite ... Heureusement qu'elle ne prenait pas souvent la place de Médée. Celle-ci se mettait déjà toute seule dans de sales draps, alors avec la petite ...

Il ne s'est pas collé à moi lui
Ooooh, tu as raison. Quand les autres te prennent dans leur bras, c'est très dur en dessous de la ceinture
Oui, comme tu dis ...*

Médée secoua la tête, elle préférait parler à son compagnon de jardin sans de telles pensées dans son esprit.
Le geste de la Reine des fleurs l'aida à penser à autre chose. En fait, elle ne pensa d'abord à rien, tant cette attitude la bouleversa. Ça faisait longtemps qu'on avait pas eu pour elle un comportement aussi doux, aussi ... Avait-elle rêvé ou avait-elle réellement ressentit de la tendresse à son égard émanant de la fleur?
Elle lui sourit, cette fois pleine de reconnaissance, car elle venait de plonger dans un des meilleurs souvenirs qu'elle avait eu avec Lydia, lorsqu'elle l'appelait encore Maman.
C'était plutôt paradoxal, car si la fin était heureuse, le début ne l'était pas du tout. Tout ça parce que sa Mère lui avait interdit de montrer ses sentiments en publique. Et pour un fois, son Père était d'accord : plutôt mourir que de pleurer devant des Mearas! Ils n'avaient certainement pas tord, mais allez faire comprendre ça à une gamine pas plus haute que trois pommes. Et puis elle avait peur, peur de désobéir à cette règle qui semblait être le seul point d'entente de ses parents.
Ça c'était passé lors d'une de ces innombrables réceptions du petit monde des nobles. Deux de ses cousines l'avait enfermée au grenier, pas très longtemps, mais assez pour qu'elle pleure justement. Elle tentait de se retenir, mais en vain : il faisait si sombre et il y avait tellement de bruits bizarres. Une fois libérée, elle avait couru jusque dans les bras de sa Mère. Enfin, pas tout à fait. A la dernière minute, la peur de voir sa mère dans une colère noire prit le dessus sur ce qu'elle venait de vivre. Elle respira un grand coup, sécha ses larmes et attendit un peu que ses hoquets de terreur cessent avant d'entrer dans le salon où tous les adultes parlaient dans tous les sens. Elle avait malgré tout besoin de réconfort, et alla se blottir dans les jupons de sa Maman, même si elle savait pertinemment qu'elle détestait ça. Agacée, Lydia la gronda discrètement, puis remarqua les yeux rouges et gonflés de sa fille. Ses yeux ses rétrécirent, furieux. Elle prit sa fille par le bras et la sortit de la pièce afin de la réprimander sévèrement. Ça commença avec des "Qu'est-ce que je t'avais dit? Tu n'écoutes rien, petite poltronne!" Puis voyant Médée serrer les dents pour ne pas pleurer de nouveau, et remarquant les cousines dans un coin de la pièce qu'elles venaient de quitter ricaner, elle eut un soudain éclaire de lucidité, ou de compassion, ou des deux peut-être. Ou même était-ce les quelques verres qu'elle avait ingurgité qui la rendirent plus douce, quoi qu'il en soit, elle caressa d'une main la joue de la petite et sourit. Médée fut tellement surprise que de nouvelle larmes roulèrent. Elle fut tentée de prendre sa Mère dans ses bras, mais préféra graver ce moment dans sa mémoire.
C'est sans doute pour ça que l'actuelle Médéa qui se trouvait dans le Pairidaeza détourna le regard afin de cacher ses yeux embué. Lorsqu'elle regarda à nouveau le couple étrange, elle n'avait plus aucune trace de nostalgie sur le visage, mais murmura un merci à peine audible.
Elle put dissipé le malaise qui s'installa en elle grâce au verre d'eau. Non, elle n'avait pas soif, quoique ... peut-être que si finalement. En tout cas, merci mais pas d'eau. Puis commencer à parler aux jardiniers ça ne lui disait rien. Elle était en bonne compagnie, en noble compagnie, pourquoi parler à des ... roturiers? Elle regarda le jeune homme, mais plutôt que de lui répondre verbalement, et lui fit un signe de négation de la tête, celle-ci légèrement penchée sur le côté. Elle en profita pour regarder la Reine des fleurs.
Elle ne put plus en détacher ses yeux. Tout d'abord parce qu'elle était magnifique, ensuite parce qu'elle semblait être plus sympathique avec elle que ne l'avait été tout une ribambelle de personne au long de sa courte vie. Elle commença à lui parler.


- Je vais peut-être vous paraître rébarbative, mais savez-vous que vous êtes très belle? Je ne savais même pas qu'il existait autant de nuance de noir.

Elle lui lança un sourire franc, mais celui-ci s'effaça vite, anticipant sa prochaine question. Elle avait peur de passer pour une attardée ou pire, de la vexer. Elle se mordit les lèvres, ouvrit la bouche, la referma, retenta l'opération et parvint enfin à bredouiller quelques mots.

- Je ... Excusez-moi ... En fait ... Je ne veux pas paraître impolie ni vous manquer de respect, mais je ne suis plus bien sure du nom que porte votre variété de fleurs.

Elle semblait très embarrassée, et se sentit presque obligée de rajouter

- De toute façon, les nobles sont bien plus fort lorsqu'il s'agit de cacher des choses ... ou de les ignorer.


Elle ne savait plus trop si cette phrase avait réellement sa place dans cette conversation. Peut-être qu'en réalité elle l'avait prononcée plus pour elle-même que pour ses interlocuteurs. Quelle importance, c'était dit, ils la comprendraient et l'accepteraient comme ils le voudraient. En même temps qu'elle pensait, elle fixait la fleur. Ça lui semblait à la fois irréel et à la fois très logique. Ne le savait elle pas depuis le début que les choses ne sont pas ce que les autres veulent qu'elles soient? On voit ce qui nous entoure comme on veut le voir, comme ça nous chante. Du moment que ça rentre dans notre conception de ce qu'est la vie, il n'y a pas de problème. Peut-être est-ce triste, mais qu'importe, c'est la vie!

*Tu penses trop, arrêtes, c'est pas drôle
Mais la vie n'est pas drôle petite maligne
Je croyais que tu ne voulais plus t'emmêler!
J'en ai marre de cette fleur stupide. Pourquoi ne pas lui réserver le même sort qu'à ses congénères, qu'est-ce qui t'en empêche? Moi elle me tape sur le système! Laisses-moi faire!*

D'un geste violent, la main de Médée se posa là où elle avait rangé son couteau, mais elle ne le sortit pas. Elle devait se battre mentalement avec la sanguinaire, mais n'eut pas de mal à la remettre à sa place. Ses pensées positives envers le couple étrange lui suffisait pour la repousser, et c'est délicatement que ses bras retombèrent le long de son corps, tranquille. Mais les mots de Rozenn résonnèrent dans sa tête : ses congénères? Elle regarda le massacre qu'elle avait opéré sur les rosiers, puis regarda la Reine. Ses yeux firent le même chemin plusieurs fois avant que sa bouche ne s'ouvre en un grand "Oooooh" de surprise. Elle se sentit rougir. Elle ne savait pas quoi dire. C'est pourquoi elle laissa passer par ses lèvre les premiers mots qui lui vinrent

- De toute façon, elles ne vous égalaient pas.

C'était un peu déplacé, mais ça lui semblait si juste. C'était comme les nobles et le prolétariat. Cette fleur représentait en quelques sorte les nobles, rien avoir avec ce qui gisait par terre. Mais tout de même ... Elle trouvait préférable de s'éloigner de cet endroit. Elle regarda le jeune homme dans les yeux et lui proposa

- J'aimerais ... j'aimerais faire quelques pas. Voudriez-vous ... m'accompagner? Enfin, je ne vous oblige en aucun cas bien sûr, mais si vous le souhaiter, je veux dire ... enfin ...

Elle se racla la gorge, elle devait vraiment paraître puérile. Elle s'étonna d'ailleurs que Rozenn tienne parole et qu'elle ne lui fit aucune réflexion.
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   07.12.08 16:15

Elle était encore partie. Dans un monde où il ne pourrait certainement jamais y poser les pieds. Dans sa petite tête déjà si bien remplie alors qu'elle semblait tellement jeune... Une enfant, princesse à la chevelure aussi étrange que la sienne. Partie dans un royaume où la folie certainement n'existe pas, où la logique a été bannie et où les roses sont vivantes. Un monde qu'aimerait rejoindre Méphistophélès s'il n'était pas arrêté par cette barrière, le regard de cette jeune femme qui comme une méfiance dont elle n'a peut-être pas bien conscience, lui défend de poser des questions. C'est un regard changeant de petite fille fascinée, de jeune femme blessée et de cruelle aux yeux triste. Il ne sait pas qui elle est, n'essaye même pas de le deviner, supposant d'ors et déjà que cette jeune fille n'est certainement pas une Albërick, et se contente de l'observer comme un enfant fasciné observerait un nuage qui passe et s'éloigne, tout doucement, pour ne jamais revenir.

Dis ainsi, c'était... tellement triste.

Elle partirait certainement après cette entrevue et il ne la reverrait peut-être plus. Le regret s'installa sans qu'il n'y prenne garde dans son coeur et il resta silencieux, à profiter de ces quelques secondes où il n'était un monstre pour personne. Quelques secondes entre elle et lui sans que ses roses acharnées ne détruisent ce trésor comme tant d'autres auparavant. Et puis soudain, elle s'éveille, la princesse, secouant doucement sa tête, comme si elle chassait des mauvais esprits, comme des roses aux épines argentées, qui la piquent et l'agressent de mauvaises paroles. Les siennes s'accrochaient dans son dos et osaient à peine se dévoiler comme la Rose Mère, manquant certainement de courage, attendant la suite de cette pièce qui se jouait pour une seule fois au sein du Pairidaeza. Et pour rompre le charme, formule magique universelle, elle se contenta de sourire. Mais il mit quelques secondes où son coeur, ému, se serra, avant de comprendre qu'elle ne souriait pas à lui...

Mais à la Rose Mère.

Quelle était la dernière personne à lui avoir sourit autre que son Père ? Il ne s'en rappelait pas et la Rose Mère ne répondit rien, bouleversée certainement, surprise elle aussi par ce sourire franc, comme un remerciement à un geste dont elle n'avait presque pas eut conscience. Un écart ? Une tendresse. Envers cette jeune fille qui s'était montrée à eux comme seuls les inconnus savent le faire en sachant que ça serait la première et la dernière fois. Comme discuter du temps qu'il fait avec un étranger qui marche un instant à vos côtés. Comme commenter avec une personne dont on ne sait ni le nom ni l'histoire d'un tout et d'un rien... Juste des petits instants qui se perdent dans les mémoires, qui se perdent aux yeux des gens et disparaissent petit à petit, les gens apprenant à garder les yeux baissés pour avancer... L'oublierait-il ?

Ce sourire certainement pas.

Des années encore, à revenir ici, près de ces rosiers assassinés, et ce sourire qui perdurera, le visage s'effaçant pour mieux laisser la beauté de ces lèvres sanglantes, de ces perles d'ivoire se redessiner sous ses paupières closes, encore et encore. La jalousie de ses roses où était-elle passée ? La rage stupide de ses aimées, quand apparaitrait-elle ? Il devinait sans peine la petite futée au pétale recourbé prête à jaillir de sous son manteau pour gâcher l'oeuvre du destin d'un coup d'épine habilement placé. Et le couteau ? Mais de quoi parlait-il ? Il n'y avait aucun couteau, elle l'avait jeté il y a déjà... quelques minutes ? Quelques heures ? Comme le temps passait vite en charmante compagnie. Non, les roses, simplement stupéfaites, sortirent petit à petit pour observer ce sourire, essayant d'entrevoir ne serait-ce que l'ombre d'une raillerie. Mais rien, un simple merci avec les yeux. Rien d'autres qu'un sourire...

Elles ne savaient pas sourire elles...

Le regard de Méphistophélès n'avait pas cillé mais la Rose Mère avait semblé se blottir un peu plus contre lui, comme un chat qui se love au creux de son épaule, effleurant son oreille jusqu'à lui arracher un petit frisson involontaire. Le regard de la jeune femme s'était fait à nouveau plus lointain mais cette fois ci c'était le souvenir qui le voilait. Méphistophélès songea avec un tendre amusement que cette jeune femme parlait plus que n'importe qui avec ses seuls yeux que mille convives autour d'une table blablatant à tord et à travers. Elle racontait une histoire qu'elle seule pouvait comprendre et le jeune héritier albinos se laissait transporter par delà la réalité vers des idées étranges sans images concrètes, sans histoire possédant une suite logique... Juste des petits morceaux de vie, qui laissaient leurs éclats brillaient comme des larmes dans les yeux de Médéa.

Des larmes ?

Bien trop vite pour qu'il puisse s'appliquer, elle détourna le regard et inspira très légèrement avant de revenir vers eux. La Rose Mère l'avait certainement mieux sentit que lui et elle plissa l'un de ses pétales comme une main qui hésitante se tend avant de se figer, immobile et incertaine, dans l'attente d'un regard qui laisserait la caresse naitre sur une joue pâle. Invitation qui ne tarda pas car la noble murmura un simple merci. Mais la Rose Mère s'était déjà rétractée et demeura simplement immobile sur l'épaule de son Roi qui offrit à la jeune femme le même sourire tendre qui n'avait quitté que si rarement ses lèvres depuis leur rencontre. Et ils continuèrent encore un peu sur ce chemin, politesse et galanterie oblige, une question, une réponse brève, signe de tête qui secoue une chevelure fascinante qu'il manque de caresser.

Il rougit de sa pensée bien innocente.

Et dans son coeur, comme une alarme lancinante qu'il ne peut arrêter, la crainte du retour de ses roses jalouses et perfides. Un seul signe, une seule parole, un seul pincement au coeur et elles pourraient la mettre en pièce comme elle l'a fait avec ces misérables fleurs. Mais étrangement ces dernières semblent se désintéresser un instant de lui pour comprendre le comportement presque trop lunatique de la jeune fille qui représente à la fois une menace mais aussi une pièce à disséquer de choix. Immobile au centre de cet éclat de paradis perdu au milieu d'un monde dévasté, Médéa les ignorer, préférant contempler la Rose Mère, dans un échange visuel qui fit taire toutes pensées rationnelles et égoïstes dans l'esprit de Méphistophélès.

- Je vais peut-être vous paraître rébarbative, mais savez-vous que vous
êtes très belle? Je ne savais même pas qu'il existait autant de nuance
de noir.


La coquetterie. La Rose Mère y était la moins sensible de toutes mais pourtant elle ne pût s'empêcher de se redresser, sans vanité aucune, exposant sa beauté au regard fasciné de la jeune femme qui pouvait ainsi contempler les nuances de bleu sur ses pétales qui semblaient aussi doux que le plus cher des velours. L'autoriserait-elle à une caresse ? Après tout, elle avait bien posé son pétale sur la joue crasseuse de cette petite humaine... Juste une alors. Oh, maintenant qu'elle y pensait, elle accorderait là un privilège que n'avait pût obtenir ce malheureux parfumeur. Mais l'intérêt de ce dernier avait été des plus malsains comparé à la douceur et à la franchise du sourire de la flatteuse. Flatteuse qui n'en était d'ailleurs pas une car elle ne semblait qu'émettre une parole qui provenait du plus profond de son coeur. Comme un sourire de pitié, ou une esquisse de tendresse malhabile, elle l'effleura de sa liane, replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

La retranscription aurait pût être: Qu'elle est mignonne...


- Je ... Excusez-moi ... En fait ... Je ne veux pas paraître impolie ni
vous manquer de respect, mais je ne suis plus bien sure du nom que
porte votre variété de fleurs.


L'embarras de Médéa arracha un petit rire attendrit à Méphistophélès qui la couva d'un regard presque paternel avant de réfléchir à la question sous entendue de la jeune noble. Le nom de sa variété de fleurs... Voilà bien une chose à laquelle il n'avait jamais réfléchit. Il avait créé les Roses pour sa seule satisfaction personnelle et leur donnait un nom les aurait, à ses yeux, généralisé comme on plaçait anonymement le nom d'une fleur dans un herbier jusqu'à l'oublier sur une étagère. Certes, la Rose Mère avait un prénom, qu'il n'avait dévoilé à personne et ne comptait pas un jour révélé. Mais pouvait-on parler de nom de variété de fleurs ? De simples mots d'amour murmurés les soirs d'insomnies. Accompagnant une caresse qui aide une nouvelle à naitre sur le mur de sa chambre. Bouton de rose encouragé d'un baiser, la voix suave de son père la charmant, il les laissait grandir en les berçant de chuchotements, soupirs amoureux comme la ballade d'un amant qui séduit sa belle.


- Pour tout vous dire... Elles portent différents noms. Elles sont à la fois, mes filles, mes soeurs... mes Roses... Nul nom de variété, j'avoue même n'y avoir jamais songé. Elles sont là, et le seul nom que j'ose leur donner à toutes est: Amour.


Nées d'un voeu, un rêve qu'il avait, une seule et unique fois, crû possible à réaliser... Comme un regret, une blessure et un mort qu'il ne pourrait jamais oublier. Elles étaient l'amour comme elles étaient la peine. Elles étaient l'espoir comme elles étaient l'amertume. Elles étaient ses baisers comme elles étaient les larmes. Un nom ne ferait que résumer tout ce qu'elles révélaient de lui. Il préférait sourire et ne pas plus y réfléchir, tournant la tête pour embrasser la Rose Mère qui eut un frémissement de délice. Il était si rare que son Amant se permette ce geste intime en public, surtout devant quelqu'un. La liane autour du cou de l'Albërick se resserra sans le vouloir mais il n'eut aucune inquiétude, même quand elle marqua son cou d'un collier rouge qui ne disparaitrait certainement que quelques heures plus tard.

Elle pouvait le tuer d'amour qu'il sourirait encore.


- De toute façon, les nobles sont bien plus fort lorsqu'il s'agit de cacher des choses ... ou de les ignorer.


Voilà par contre qui était bien surprenant et la perplexité les gagna tandis qu'ils fixaient la jeune femme bien songeuse tout d'un coup. Que voulait-elle dire par là ? Méphistophélès arrivait à percevoir le sens de cette phrase sans être capable néanmoins de l'attraper. C'était un sentiment qui le laissait attentif, à l'écoute d'un coeur qui sembla un instant battre au même rythme de cette nouvelle connaissance avant que cette impression ne disparaisse. Il aurait dû s'interroger, il aurait même dû répliquer mais il se contenta de caresser la Rose Mère, cillant, un vague sentiment de culpabilité l'étreignant. Et cette fois-ci, cela n'avait plus rien avoir avec l'Etoile assassinée... Presque pas. C'était autre chose de plus indicible et de plus terrifiant. Il inspira brusquement, comme un halètement et aussitôt mille caresses discrètes vinrent masser ses épaules pour le détendre.

Elles étaient toujours là.



Dernière édition par Méphistophélès le 07.12.08 16:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   07.12.08 16:16

Le couteau aussi.

La terreur et la méfiance n'avaient pas disparurent et elles jaillirent soudain quand la main de Médéa se posa vivement sur l'arme que Méphistophélès n'arrivait pas à percevoir. La Rose Mère mit un temps à réagir et à les arrêter mais les malheureuses s'étaient déjà placées devant leurs parents, leurs Majestés pour les protéger, même si la douleur engendrée par une Rose décapitée serait aussi vives pour elles que pour le Noble. Le jeune homme aux cheveux de neige prit soudain conscience du danger et supplia en silence, d'un simple regard désespéré, ses roses d'arrêter, de laisser cette jeune femme tranquille, se méprenant totalement sur les intentions de ses filles. Ces dernières ne tressaillirent pas un seul instant, et restèrent là, les épines pointées en avant, attendant l'attaque de Médéa qui sembla se ressaisir et les contempla d'un air absent comme si elle ne les voyait pas. Mais elles se méfiaient, et pour elles ce n'étaient qu'un cirque destiné à endormir tout soupçons.

Elles ne bougeraient pas, et la maligne Rose se glissa même lentement jusqu'à la main crispée qui s'éloigna du couteau, remarquant presque aussitôt le léger renflement provoqué par ce dernier. Trouvé ! Étirant son pétale comme un rictus malin, elle déchira rapidement la robe, attentive à ne pas se faire remarquer tandis que Médéa reprenait ses esprits et laissait son regard courir des roses gisant à terre à celles, dont la Rose Mère, qui étaient prêtes à tout pour défendre le jeune homme qui, le coeur battant la chamade et les mains en avant, espérait simplement que la jeune femme ne se mette pas à hurler, ce qui déclencherait un carnage plus effroyable encore que celui qui avait eut lieu tantôt. Le couteau glissa dans sa liane hérissée de petites épines et, prenant garde à ne pas se blesser involontairement avec la lame effilée, se dépêcha de tout rapporter à son Père et Maitre, comme un cafard que tout autre aurait écrasé depuis bien longtemps.

Le poids dans sa main le surprit et l'éveilla juste un instant, son regard glissant sur l'arme blanche qui, accroché à sa détestable fille ricanante, luisait sous l'éclairage de la serre. Où l'avait-elle donc trouvé ? Dans un bosquet non loin ? Un pétale presque noir pointa la robe de la jeune femme et Méphistophélès la regarda sans comprendre, ne remarquant pas la petite déchirure, comme un accroc. Les idées se mirent en place, rouages abîmées par un cœur défaillant, et il comprit soudain ce qu'essayait de lui dire la petite fille. Son regard se plissa et il la gronda, surprenant cette dernière qui ne comprit pas l'éclat de colère de son père. Elle qui croyait avoir trouvé la seule chose qui ferait taire l'âme de son papa adoré pour mieux le faire quitter ce paradis florale ô combien détestable... Blessée, vexée dans son amour propre, elle alla se nicher sous le manteau, laissant l'arme reposer dans le creux de la paume de Méphistophélès. Ce dernier rougit et la cacha derrière son dos, hésitant, ne sachant qu'en faire.

Soit, il aviserait...


- De toute façon, elles ne vous égalaient pas.

La phrase de Médéa le ramena soudain sur terre et il releva la tête, essayant de suivre la discussion, enfin, si l'on pouvait appeler cet échange ainsi, qu'il avait un instant abandonné. Les Roses immobiles, tressaillirent à peine sous le compliment, bien que juste. Effectivement, ces médiocres roses massacrées ne les égalaient pas, encore moins dans la mort bien que la scène tragique aurait pût en attendrir plus d'un. Elles fixèrent la jeune femme avant de revenir sur leur Père qu'elles caressèrent avec langueur, recouvrant entièrement son cors, la corolle toujours tournée, gouvernée par la méfiance, vers cette peste aux cheveux verts qui semblaient à la fois si sincère et si menaçantes. Elles la détestaient sans rien oser dire car la donne avait changé tandis que leur lâcheté les forçait à se cacher.

La Rose Mère était du côté de cette folle.


- J'aimerais ... j'aimerais faire quelques pas. Voudriez-vous ...
m'accompagner? Enfin, je ne vous oblige en aucun cas bien sûr, mais si
vous le souhaiter, je veux dire ... enfin ...


Ainsi... ainsi le chemin allait continuer. Oubliant toute méfiance, et surtout
toute interrogations quant au sujet du couteau, sans penser une seule seconde qu'elle puisse réserver le même sort à ses roses qu'à celles du Pairidaeza, Méphistophélès sourit et hocha simplement la tête en guise de réponse, ne désirant pas plus troubler la jeune femme, déjà bien gênée, par des mises en formes verbales des plus galantes qui ne serviraient finalement strictement à rien. Mais tout d'abord l'arme, autant s'en débarrasser au plus vite et étant donné qu'elle appartenait à Médéa. Stupide, peut-être, inconscient, certainement. La confiance l'aveuglait, lui qui pour une fois pouvait échanger avec une dame sans retenir à chaque instant la furie de ses roses. Il allait en profiter, qu'importe le risque et c'est une main pâle, étrange contraste entre sa douceur et la froideur de l'arme, qu'il tendit vers Médéa très lentement.


- Veuillez m'excuser... mais je crois que cette arme vous appartient.
Elle a dû tomber au sol pendant que nous discutions. Il serait
regrettable que vous la perdiez...

Il serait tout aussi regrettable qu'elle essaye de s'en servir, ou que l'idée ne lui effleure plus concrètement l'esprit. Les Roses étaient plus aux aguets qu'auparavant et ne laisseraient cette fois ci plus rien passer, même si la Mère, attendrie, observer cette jeune écervelée un peu dérangée qui l'amusait à la manière d'un petit chimpanzé musical. Mignonne, vraiment très mignonne, pas assez cependant pour attirer son intérêt quant au charme qu'elle pouvait possédait. Sa chevelure verte était étrange mais certainement pas aussi magnifique que la douceur velouté de ses propres pétales. D'entre les deux, elle était la plus belle et c'est elle aussi qui possédait tout pouvoir sur Méphistophélès.

Tant que ceci ne changeait pas, Médéa était en sécurité.
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Medea M
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   13.12.08 23:20

L'un des plus grand problèmes de Médée devait être le fait qu'elle n'avait pas assez conscience de ce qui l'entourait. Bon bien sûr, elle savait qu'il y avait des personne, des routes, des maisons, et présentement de l'herbe et des fleurs, mais elle n'avait pas une bonne notion des interactions. Disons qu'elle oscillait entre la gamine dont l'esprit était tordu et la folle dingue prête à découper tout ce qui passe en morceau. Une poignée de main? Désolée mais, ça signifie quoi au juste? Oui, on lui avait déjà prit la sien pour la secouer de haut en bas, et si elle avait bien compris, c'était une forme de bonjour, mais c'était ridicule. Le baise-main elle connaissait, surtout de par sa mère. Savoir comment l'autre allait? Pourquoi faire? La plupart du temps on ne se connaît pas et on pose cette question pour que le temps passe et faire croire qu'on a une conversation. Discuter du temps? Il ne changeait pratiquement pas à Tsel.
C'est sans doute pourquoi elle n'avait pas conscience de l'attention que lui portait le jeune homme. Pourtant, ce n'est pas comme si elle ne le regardait pas, mais le genre de regard que Méphistophélès lui portait ne lui était pas habituels. Elle ne comprenait qu'elle était appréciée par quelqu'un que lorsqu'on la touchait. Pas grand chose, une main sur le bras, une petite caresse, ... Sinon, niveau regard ... elle était pas douée. Soit elle interprétait à côté de la plaque, soit elle n'interprétait rien du tout.
Par contre, les gestes d'affection qu'avait le jeune homme envers sa Rose, et vice versa, l'intriguait énormément. Elle semblait toujours comme ... quel mot employer ... amoureuse? Elle était au creux de son épaule, elle avait l'air d'y être bien et lui ... frissonnait? Certes, il ne faisait pas très chaud, mais quand même.
Elle en était de plus en plus sure, elle voulait même leur poser la question, savoir si ils étaient ... Puis ça lui parut absurde. Les mots étaient prêt à passer le barrage que formaient ses lèvres, elle avait même commencé à les ouvrir, mais à la dernière minute, l'idée lui parut ridicule.
Pourtant, si elle avait su ... C'est sans doute l'une des premières fois qu'elle visait juste, mais s'étant trompée si souvent, elle préférait ne pas retenter l'expérience afin d'éviter toute moquerie.
De plus, la Rose Mère s'était redressée, et aux rayons de lumière pratiquement inexistant, fit danser ses pétales. Elle était si belle. Tant de couleurs ... Et puis, elle semblait si douce, si douce que Médée eut envie de la toucher, mais se retint. Si entre nobles on ne se touchait lorsqu'on se rencontrait, il était normal qu'elle fasse de même avec la Rose Mère. Et Méphistophélès, ne l'avait-elle pas prit dans ses bras? Non, c'était différent, et sous l'émotion elle n'avait pu se contrôler. Puis il n'a pas semblé mal interpréter le geste, ni en être dégouté. Mais revenons à la fleur.


- Vous avez même des reflets bleus. Vous êtes très certainement la fleur la plus intéressante et la plus étonnante qu'il soit.

Et dès qu'elle eut fini de parler, elle vit la Rose s'approcher. Elle avait un regard interrogateur, se demandant ce qu'elle comptait faire, mais elle avait confiance en elle, comme en Méphistophélès. Ils ne se connaissaient que depuis peu et pourtant, Médée avait déjà, sans le voulait, détruit quelques murs de protection qu'il y avait entre eux. En effet, Rozenn n'apparut pas, parce que la précoce se sentait bien.
Une fois arrivée à sa hauteur, Médée la vit dégager une de ses mèches de cheveux qui lui barrait le visage. D'une manière délicate, comme le ferait une Maman. Comme avait du le faire Lydia quelques fois. Les fleurs ne peuvent pas sourire, pourtant, Médée au l'impression que la Reine des Roses lui souriait. Elle fit de même, d'abord pour son geste, ensuite, parce qu'elle ne cessait de lui faire remémorer les bons côtés qu'avait eu, jadis, sa propre Maman. Elles avaient toutes deux quelque chose en commun : la prestance. Même si Lydia n'était pas des plus appréciée chez les Mearas, lorsqu'elle entrait quelques part, le tumulte des conversations incessantes et inutiles se transformaient en murmure, l'espace d'un instant, qui semblait durer des heures aux yeux de la précoce lorsqu'elle n'étant encore qu'une enfant. Les regards, essayant vainement de se rendre discrets, suivaient les mouvement gracieux et la démarche assurée de la Mère de la famille M (même si tout était répété à l'avance). Médéa, se référant au caractère de sa mère, préféra se retenir de caresser la fleur : peut-être qu'elle non plus ne supportait pas être touchée, sauf si elle le décidait.

Il rit. Il rit? Ce doit être à cause de la question qu'elle lui a posé. Serait-il entrain de se moquer d'elle? Elle fronça les sourcils, et quelque chose en elle lui donna l'impression que Rozenn est entrain de revenir. Pourtant elle n'y prit pas garde. Elle regarda le jeune homme dans les yeux ... Non, elle s'était trompée, il n'avait pas l'air de se moquer. Il avait le même regard que Papa lorsqu'elle posait des questions de petite fille. Sa question était-elle pareille? Ressemblait-elle encore maintenant à la petite fille pleurnicharde d'il y a plus de dix ans maintenant?
Si elle savait à quel point.

Ses Roses. Oui bien sûr, c'était des Roses. Combien de fois n'avait-elle pas vu des hommes en donner aux femmes, qui rougisaient avant de les embrasser. Mais pour lui, celles-ci étaient l'amour. Elle avait bien compris, il parlait au pluriel? Peut-être ... Peut-être en avait-il d'autres chez lui. L'esprit de Rozenn, qu'elle sentait à peine, venait de comprendre quelque chose. Quand Médée l'a pris dans ses bras, quelque chose a remué sous le pardessus, non? La précoce n'eut que l'écho de cette réflexion, c'est pourquoi elle décida que son esprit passerait à autre chose.
A la question qu'elle avait voulu lui poser précédemment. Amour ... Ses filles ... Il y avait donc une mère. Tout semblait se préciser de plus en plus dans le cerveau de Médéa. Oui, il y avait quelque chose. Elle s'apprêta à poser la question, mais finalement n'en eut pas besoin : Il venait d'embrasser la Reine de fleurs. Donc, cette fois-ci, elle avait eut raison. Mais comment un amour comme celui là pouvait être possible? Elle n'essaya même pas de lui demander, jugeant cette question fort indiscrète. Si ça ne tenait qu'à elle, elle lui aurait déjà demandé, mais c'est par son père qu'elle appris que certaines questions devaient être tues. Lorsqu'on croise une tante par hasard, au détour d'une ruelle sombre et peu fréquentée, entrain de glousser parce qu'un homme semble chercher un quelconque trésor sous ses jupons, il ne faut pas demander où est l'oncle, sinon on peut se prendre de baffes. Même réaction si on demandait pourquoi cette tante disait qu'elle était malade parce qu'elle avait laissé la fenêtre ouverte alors qu'on l'avait vue dehors.
Enfin bref, Médée venait donc de demander au jeune homme si il voulait faire un bout de chemin avec elle. Drôle d'expression n'est-ce pas? Faire un bout de chemin ... On ne peut pas faire des bouts de quelque chose. On peut faire un gâteau, mais pas un bout de gâteau, un gâteau c'est un gâteau, point! Même raisonnement pour un trou à creuser, ou pour un coffre au trésor, ou pour à peu près tout et n'importe quoi.
Elle avait détourné ses yeux un instant alors qu'elle pensait à autre chose, puis revint à Méphistophélès. Elle cligna des yeux. Elle ne sut trop dire pourquoi, mais quelque chose la gênait dans ses yeux, comme lorsqu'on porte des lunettes sale et qu'on doit frotter les verres pour mieux comprendre ce qu'on voit. Sauf qu'elle ne portait pas de lunettes, et du ouvrir et fermer ses yeux plusieurs fois avant de comprendre que ce n'était plus le manteau de la voix masculine qu'elle voyait, mais bien tout une ribambelle de roses noirs. Elles avaient l'air d'avoir pris possession du corps entier du jeune homme. Médée avait les yeux grand ouvert, elle était tellement surprise qu'elle ne put que reculer d'un pas. Elle était extrêmement tendue, mal à l'aise. Il y avait quelque chose de différent entre toutes ces petites roses et leur Mère. Elles semblaient plus menaçantes. Toutes ces corolles tournées vers elle, c'était comme des dizaines yeux tournés vers elle, des yeux belliqueux et agressif. Les roses ne n'ont pas de visages, et pourtant, les sentiments qu'elles dégageaient étaient limpides. Médée recula encore. Et la Reine des fleurs? Non, elle ne semblait pas être comme ses filles. La précoce commença à respirer rapidement, qu'est-ce que tout cela pouvait bien signifier? Et le noble qui ne semblait pas les rappeler. Que se passait-il? Qu'avait-elle manqué? Avait-elle fait quelque chose de mal? Rozenn s'insinua encore un peu plus, mais Médée n'y faisait toujours pas attention. Peut-être aurait-elle du parler, peut-être aurait-elle du sourire, mais cela lui était impossible pour le moment. Ses yeux étaient toujours grand ouvert, mais plus de surprise, c'était la naissance de la peur qui les tenait dans cet état.
Cet alors qu'il se passa quelque chose qui chamboula entièrement le monde de la jeune fille.


- Veuillez m'excuser... mais je crois que cette arme vous appartient. Elle a dû tomber au sol pendant que nous discutions. Il serait regrettable que vous la perdiez...

Si en cet instant il était encore possible d'ouvrir ses paupière plus qu'elles ne l'étaient déjà, les yeux de Médée seraient entrain de rouler par terre. Elle ne bougeait plus, mais plus du tout, comme si Médusa en personne s'était matérialisée dans ce couteau pour la changer en pierre.
Dans la tête de la précoce, ce fut le vide absolu. Elle n'entendait plus rien, à part peut-être les battements de son cœur. Comment pouvait-il être dans ses mains
à lui? Comment pouvait-il être arrivé là? Lentement, la main de Médéa se posa à l'endroit où son couteau aurait dû se trouver. Rien, il n'y avait rien. Elle tâta encore un peu, comme si c'était un rêve, ou comme si elle était trop distraite et qu'elle ne faisait pas assez attention. Elle remarqua alors la déchirure dans sa robe. Mais que c'était-il passé? La lame aurait-elle pu faire ce trou? Non, impossible, elle avait demandé à la Nourrice de faire très attention à ça. Mais comment? Comment?
Elle se sentit faillir et tomba à genoux. Ce devait être les petites roses, ce ne pouvait être qu'elle. Médée était sure que leurs épines étaient assez coupante pour réalisé un tel méfait. Elle regarda tour à tour son couteau et les yeux de Méphistophélès. Elle recommença plusieurs fois puis détourna le regard. Elle semblait perdue, et elle était. Ce n'était qu'un couteau, certes, mais ce qu'il venait de se passer c'était ... c'était ... comme un viol. Son monde était retourné, aplati, et d'autres choses qu'elle ne pouvait exprimer. Elle commença à pleurer.


- Pourquoi?

Elle avait mit un temps fou avant de réussir à prononcer le mot correctement tellement elle avait du mal à reprendre sa respiration. Et Rozenn en profita pour réapparaître totalement.

*Trahison! Tu avais confiance en eux, vois ce qu'ils t'ont fait, j'avais raison!*

Mais oui, c'était la faute de Rozenn, ils avaient dû avoir peur d'elle, c'est évidement! Elle s'approcha un peu à genoux.


- Rendez ... Rendez ... -moi mon cou ... teau. Je tiendrai Roz ... Rozenn loin ... de ... de vous.

*IMBÉCILE! COMMENT OSES-TU LEUR RÉVÉLER MON EXISTENCE? TU VEUX QU'ILS TE FUIENT?*

- Je vous ... vous pro ... promet de... la tenir ... loin.

* TAIS-TOI!*

Mais comment auraient-ils su? Médée cessa de pleurer des torrents et commença à réfléchir. Personne, mis à part les personne de sa famille, ne connaissait l'existence des voix. Personne ne pouvait connaître Lisa, Angela et donc Rozenn. Elle se balança d'avant en arrière ; si ce n'était pas ça, qu'était-ce? Pourquoi prendre son couteau? Entre deux reniflements, elle lançait des regards méfiants à Méphistophélès. Et si Rozenn avait raison? Lui n'a pas essayé de la tripatouiller, mais ce n'était pas pour autant qu'il n'était pas dangereux. Rozenn allait encore émettre son opinion. Non, pas lui, ce n'était pas possible! Il avait l'air si gentil. Mais alors, qui était-ce?
Elle regarda la Reine des Roses. C'est sans doute elle qui commandait les fleurs. Avait-elle ... Non, ce n'était pas possible. Médée recommença à pleurer, mais elle n'était pas seule.


*Pourquoi elle a fait ça?
Je sais pas Lisa, je sais pas
Ce n'est pas elle! Bon sang ce n'est qu'une stupide plante! C'est lui, c'est lui le coupable.
Je n'y crois pas, c'est pas possible
Moi non plus! Mais pourquoi elle aurait fait ça?
Vous êtes stupide
Elle est ... elle est peut-être vraiment comme Maman
...*

Elle tomba sur le sol, sur le côté, et lentement se rétracta, pour se mettre en boule, ou plutôt en position foetal. TRahison, c'était une trahison. C'était toujours pareil. Pourquoi les personne devaient-elles toujours se révélées méchante? Ses pleures se calmèrent et se transformèrent en gémissement. Elle caressait l'herbe en même temps qu'elle parlait, ne regardant plus ses ... devait-elle les appeler ses ennemis?


- En fait vous êtes comme les autres, au début vous avez des gestes attentionné, vous vous approchez subtilement de votre victime pour mieux la trahir. Un coup de couteau est plus facile à donner lorsqu'on est qu'à quelques centimètres

*Tu as beau parler toi! ...*

Elle arrachait des brins d'herbe, sanglotante, qu'allaient-ils faire maintenant?
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   14.12.08 0:21

Et encore une fois, Méphistophélès gâche tout.

C'était inévitable, ce pauvre albinos maladroit et gaffeur ne pouvait s'empêcher de trahir les siens, d'une manière ou d'une autre, de les décevoir. A la longue, c'était comme s'il le faisait exprès, comme un jeu malicieux d'un diable perché sur son épaule, à la place de sa délicieuse Épouse. Il avait trahit sa famille, il s'était trahit lui-même, il avait trahit le parfumeur et voilà que maintenant il trahissait certainement la dernière personne au monde qui n'avait pas fuit devant la présence de ses roses et avait même réussit à gagner la sympathie de la Rose Mère. Tandis que le couteau reposait dans sa main, il vit le visage de cette sublime jeune femme, déesse de la nature ou bien de la tristesse allez savoir, mais certainement pas de la folie, se décomposer sous l'horreur. Il n'aurait pas fait mieux en lui plantant directement le couteau dans le coeur. Un air désolé se peignit sur son visage comme seule réponse muette mais une voix pernicieuse lui soufflait déjà à l'oreille une question toute simple: Qu'aurait-il fait à la place ?

Non, il n'y avait pas d'autres solutions pour lui rendre son couteau. Cela semblait être un véritable trésor aux yeux de cette presque inconnue et le laissait dans les lianes de ses roses pour que ces dernières s'en débarrassent n'aurait fait que la rendre plus triste encore. Il était la cause de cette souffrance qui semblait aux yeux de ses roses inévitable mais il préférait encore lui rendre son bien avant de la laisser, repartant tête basse vers une chambre qui n'attendait que ses larmes et sa rancœur pour gémir avec lui, pour le supplier de rester pour toujours prisonnier de ses roses, de leur amour aussi étouffant que mille parfums brisés au sol... Prisonnier ? Oh non ne dites pas cela Méphistophélès. Sommes nous prisonnier d'un amour que l'on a souhaité ? Souhaité si fort, qu'une étoile un jour a chuchoté qu'elle le réaliserait. Sommes nous prisonnier quand cet amour unique est la seule lumière de notre existence, qu'elle nous aide à ne pas sombrer dans la peine la plus rude... Non, son coeur se plia aux caresses de ses filles qui tentèrent d'apaiser son tourment.

Il n'était pas prisonnier et encore moins coupable. C'était elle, la finaude, la mauvaise qui avait déchiré cette sublime rose comme elle avait tâché le doigt de la jeune femme qui n'était jamais revenue à la bibliothèque. C'était elle qui avait volé le couteau pour que son père découvre l'ombre cachée dans les yeux et dans le coeur de Médéa. Et c'était même elle qui avait supplié en silence qu'il la tue, pour qu'il reste à nouveau seul, non pas prisonnier de son amour mais bien de son propre égoïsme. Oui, oui elles étaient jalouses, oui elles étaient orgueilleuses mais quand une jeune femme l'agaçait, elles s'en occupaient car ce n'était bien évidément par à leur père de faire le sale travail à leur place. Leur seule joie était de le voir heureux, et ce n'était certainement pas avec l'une de ces gourgandines accrochées à son bras qu'il pouvait l'être. Mais voilà... Voilà qu'une autre peste à la chevelure étrange arrivait et leur damnait le pion en charmant le couple fantastique et fantasque.

Alors finalement, elles préféraient se mettre en retrait, protéger la vie de leur Créateur au lieu d'attaquer, d'emmener Méphistophélès loin d'elle avant de se glisser dans sa chambre pendant son sommeil, ou même au détour d'une ruelle pour la tuer... Oui, elle la sentait si bien, sa peur. Elles avaient été ravies de l'expression de son regard au moment où elle avait enfin découvert leur présence, comme un éclair tombé tout près renseigne soudain le penseur perdu qui n'a pas remarqué l'orage. Mais la peur avait

malheureusement disparue pour se changer en un vide atroce qui les glaça. Reculant légèrement, elles l'observèrent en silence, sans un bruissement, tâter la poche décousue qui avait libéré son précieux contenu... La perfide eut un tressaillement, comme des épaules secoués d'un rire sadique que le vaurien ne peut retenir en pensant à son méfait, mais elle se précipita aussitôt contre le torse de son père quand milles épines cliquetèrent de concert. Le meurtre était bien entendu déconseillé entre Roses car la souffrance occasionnée par cet acte vil et nourrit par la haine était mille fois pire pour Méphistophélès que les doigts d'une femme cueillant l'une de ses bien aimées par mégarde.

Mais à cet instant, le coeur de Méphistophélès sembla s'arrêter quand elle chancela et tomba au sol, dévastée. Le couteau toujours dans sa main, bien que cette dernière tremblante faillit le lâcher, il baissa la tête, les lèvres entrouvertes sur un souffle qui vint à lui manquer. Il l'avait trahit... Il avait tué quelque chose en elle, comme sa confiance. Si précieuse confiance qu'il avait chérit, qu'il avait adoré avec une passion peu commune. Il manqua de sangloter de désespoir, comme une tragédienne, se griffant le visage et arrachant ses cheveux de neige, s'en voulant à mort pour ce gâchis, coupable d'un tout et de rien... Coupable dans son coeur, coupable depuis toujours, depuis le voeu et bien avant. Coupable de vivre même s'il avait cessé de le faire malgré tout son amour pour ses roses. Il tendit l'autre main vers les cheveux de la jeune fille avant d'arrêter son geste, n'osant l'effleurer de crainte d'un insupportable rejet qui l'aurait tué. Oh mon pauvre égoïste, il craint la souffrance. De l'espèce d'homme qui appelle la mort sans regarder le poison en face... De longues minutes d'une détresse sans mot qui secoua les roses et les firent un instant... Oh jute un court instant, regretter.


- Pourquoi?
- ... Je vous demande pardon Médéa...

Nulle autre phrase n'aurait pût être plus sincère que ces quelques petits mots accrochés l'un à l'autre par une tristesse indicible. Les roses n'étaient pas les seules à regretter à cet instant. La maligne n'en menait pas large mais elle n'eut à craindre la Rose Mère qui, figée dans un désarroi grandissant, contempler la scène sans bouger. Nul tressaillement de pétales, ni épines d'argent qui se dévoilent, ni même une caresse, sur le cou pâle de son aimé ou bien sur celui de la jeune fille. Simplement le silence et l'immobilité, comme une rose qui dans la mort se change en pierre pour témoigner à jamais d'un déclin fatidique qui se perd dans les mémoires mais restent dans l'âme, vague dégoût amer, chuchotement malsain qui fait baisser les yeux. Pourquoi... Oh que répondre à cette question ? Le comte des Roses se tait, incapable de réfléchir plus adroitement pour lui donner une réponse claire et un tant soit peu logique. La Rose Mère préfère elle aussi garder le silence que d'avouer une faiblesse qu'elle rejette de toutes ses épines. Et les filles... délicates amantes perfides, elles baissent la tête, petites enfants ayant commit une bêtise sans oser l'avouer, frottant la pointe de leur chaussure sur le sol déjà encrassé.

- Rendez ... Rendez ... -moi mon cou ... teau. Je tiendrai Roz ... Rozenn loin ... de ... de vous.

Rozenn... Ainsi donc était le nom de cette charmante personne qui l'avait salué d'une bien étrange manière. Mais non, il ne poserait pas de questions. Chacun sa vie, ses secrets, ses pensées et ses rêves. Que cette enfant soit folle ou bien ne désire qu'une solitude personnelle ne le concernait pas. Lui était bien l'époux d'une rose alors pourquoi ne pas rencontrer une fée aux cheveux vert qui sourit en soufflant deux ou trois mots maladroits à cette personne invisible mais qui semblait à ses yeux tellement menaçante, vent invisible qui emporte les pensées pour les conduire au plus profond de l'âme, vers des tourments inavoués, de ceux qui gâchent l'enfance et font pleurer le soir, étreinte malhabile de nos seuls bras pour imaginer l'espace d'un instant un autre corps chaud à ses côtés... Alors Méphistophélès s'abaisse, et il murmure à sa manière, en déposant sur une mèche de ses cheveux dansant dans le léger courant d'air du Pairidaeza, un baiser imperceptible, l'arme se nichant délicatement au creux de la main de Médéa qu'il vient de saisir avec toute la tendresse dont il est capable...

- Je vous ... vous pro ... promet de... la tenir ... loin.
- Non... C'est moi qui vais désormais me tenir loin de vous... Comme je regrette... Comme j'aimerais vous prendre dans mes bras mais nous en avons déjà trop fait...

Les regards méfiants, les larmes qui se tarissent et cette main si frêle, encore si enfantine qui se crispe sur l'arme qu'il vient de lui donner. Il recula d'un pas, sans brusquerie, non pas prudent mais tout simplement abattu. Lui ? Se méfier ? Mais de qui ? Ne vivait-il pas un amour illogique mais passionnel à en mourir avec des roses meurtrières ? Mourir de la main de Médéa ne ferait finalement qu'avancer l'heure de sa propre mort et voler le plaisir malsain de ses roses qui, possessives, s'imaginaient déjà cette dernière étreinte... La méfiance de Médéa, comme des épines délicates qui s'enfoncent dans son coeur, n'était finalement que méritée et il ne tenta même pas de sourire, malhabile ombre de glace, impitoyable dans sa destruction involontaire, désespérant de naïveté et de cruauté accidentelle. Cette homme là, c'était le dégoût humain. Celui qui n'amène pas la pitié mais les soupirs désemparés. Irrécupérable, bon à abandonner dans son palais où il était le seul Roi et l'unique esclave... Un rêveur à abattre en plein vol pour le bien de tous, vous comprenez.

Oh pitié Médéa, tuez le.

- En fait vous êtes comme les autres, au début vous avez des gestes
attentionné, vous vous approchez subtilement de votre victime pour
mieux la trahir. Un coup de couteau est plus facile à donner lorsqu'on
est qu'à quelques centimètres
- Alors donnez le moi ce coup de couteau... Je suis comme les autres, je ne suis qu'un être humain cruel et mes fleurs de viles flatteuses dont la sournoiserie n'a d'égale que leur beauté... Les excuses ne serviront à rien, mes suppliques resteront de simples paroles qu'un beau parleur peut chuchoter pour mieux apaiser et trahir. La punition repose entre vos mains, ma si délicate Rose... Ma merveilleuse fée.

C'était comme des mots d'amour ou bien les chuchotements d'un garçon qui n'avait jamais apprit à aimer, par peur de la rage acharnée et affolante de ses chéries. C'est à genoux qu'il se place à ses côtés, ses Roses s'accrochant à sa chemise, terrifiée par les paroles qu'il vient de prononcer, par ces mots qu'il pense un à un. Elles le retiennent, le supplient de fuir, sanglotent, demandent pardon mais il ne les regarde même pas. Voilà sa Rose, aux cheveux verts, aussi abrutie qu'une enfant de 5 ans qui pisse au lit. Oh non, cruel, ne nous chassez pas pour cette délirante vulgaire qui dans sa folie vous berne pour mieux pour assassiner ! Rose Mère, reprenez vous, n'appuyez pas ces paroles en enserrant son cou délicat, comme prête à la mort. Relevez vous, vous êtes nos Roi d'un monde aux Merveilles créé juste pour nous. Nous lui trancherons la tête, nous vos filles et vos servantes... Oh pitié... Pitié...

Et la pitié, qu'y connaissez vous ? Cruelles abattues qui finalement ne vivent que dans leur égoïsme. L'amour est partage mais ce que vous retenez, c'est le père qui vous gâte à vous laisser pourrir. Les fleurs séchées des herbiers sont plus dignes de son regard que vous ne le serez jamais. Et l'enfant qui git là, perdue et éreintée, fatiguée d'une vie trop dure car la richesse ne fait pas tout vous savez, cette enfant là mérite bien mieux ses baisers que vos pétales tordus par la haine et le vice. Elle caresse l'herbe tendre comme elle saluerait la Mère de toutes les Mères de ce monde, la première génitrice d'un Monde qui succombe à la nuit mais demeure vaillant, survivant. Avant de te relever, ma douce amie, met fin à cette scène pathétiquement ridicule d'un coup de lame. As-tu assisté à cette représentation avec les mortelles Roses qui reposent sur ce sol fécondé artificiellement ? Si c'est le cas, alors ne laisse pas les lames brouiller ta vue et vise bien.

Droit au coeur mon enfant, droit au coeur.
Au coeur de tout ces malheurs.

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Medea M
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   20.12.08 21:12

Médée avait beaucoup de mal à croire que ce garçon pouvait l'avoir trahie, et l'air peiné qu'il prit la confortait dans son idée. Non, non non, décidément, pourquoi Rozenn était-elle si sure d'elle lorsqu'elle disait qu'il avait tout fait exprès? Il n'y avait pas de raison! Ah bon, et ce qu'il avait fait? Lui prendre ainsi son couteau, comme le font les voleurs, un garçon honnête aurait-il fait ça? Mais elle pouvait bien parler elle, combien de personne avait-elle tué? De combien de sang différents étaient peintes ses mains? Était-elle elle-même une fille honnête?
C'était bien la première fois qu'elle se posait cette question après qu'un homme lui ai fait du mal. D'habitude c'était eux les méchants et jamais elle n'y était pour quelque chose. Enfin si, elle était cruche, mais jamais elle ne se remettait en question. Alors que cette fois … Mais pourquoi toujours avoir un couteau sur elle? Depuis quand ce besoin de tuer? Mais était-ce un besoin? Mais qu'est-ce qui lui prenait, ce n'était pas un besoin mais un devoir! Il y avait des personnes qui ne méritaient pas de vivre, d'autres qui devaient payer. En y repensant bien, beaucoup sont encore en vie, mais préféreraient n'avoir jamais croisé sa route. Ne faisait-elle pas partie de la Milice? Bon, ses méthodes n'étaient sans doute pas les plus justes, et alors?


*Mais qu'est-ce qui te prend? Pourquoi toutes ces questions? J'avais raison, tu aurais mieux de partir rapidement
Pour qui tu te prends? T'es pas la chef Rozenn! C'est Médée qui décide!*

Ah non! Elle s'embrouillait déjà bien toute seule dans sa tête, les deux autres n'allaient pas s'en mêler en plus! C'était trop dur, vraiment trop dur! Comme lorsqu'elle était avec Lydia. Et pourquoi penser encore à elle?? Depuis qu'elle était avec ce garçon et sa Rose, elle ne cessait d'entrevoir des morceaux de souvenirs de moments passés avec Lydia quand elle l'appelait encore Maman. Pourquoi était-ce cette fois-ci? Pourquoi encore penser à elle?
Peut-être parce qu'en ce moment elle avait le cœur déchiré. Elle avait bien envie de croire Méphistophélès, son regard ne semblait pas mentir. Mais les hommes, ah les hommes, peut-on leur faire confiance? Lydia répétait souvent que non, et ce qu'avait vécu Médéa avec eux la confortait dans cette idée. Pourtant ... Pourtant tous ne pouvaient être mauvais ... Si?


*Et pourquoi pas? Et si ils étaient utiles uniquement à la survie de l'espèce?

Tu dis vraiment n'importe quoi
Tu as raison, parce que beaucoup de femmes sont des garces. L'humain à tout simplement dû sombrer dans un ... un ... un je-ne-sais-pas-trop-quoi malsain. Un espèce de monde désabusé ou tout le monde trompe et dupe tout le monde. Seul les naïfs et les idiots ont encore des rêves
Mais Médée rêve encore elle
Oui, mais c'est parce qu'elle naïve ET idiote
Tais-toi un peu Rozenn!*

Si la précoce s'y connaissait un peu en psychologie, peut-être aurait-elle compris pourquoi Rozenn avait tant changé. Avant, elle n'était pas comme ça, c'était même celle qui défendait Médée quand les autres essayaient de l'embêter. Elle la soutenait, l'aidait ... Maintenant elle ne s'occupe d'elle que dans les pires cas. Quelque chose a changé, changé le jour où Maman est devenu Lydia. Peut-être même avant. Leur univers à basculé. Peut-être que la sanglante a compris des choses, des choses qu'elle aurait préféré ne pas comprendre. Mais c'était trop tard.
Et Médéa ne se posait pas toutes ces questions. Rozenn était simplement devenue méchante.
A force de penser, elle ne sentit pas sa main se refermer sur son couteau. Peut-être parce qu'elle avait l'habitude de l'avoir en main. Mais justement, dans sa main il y avait autre chose qui n'avait pas l'habitude d'y être. Elle resserra son étreinte légèrement, ça ressemblait à des doigts non? De son pouce, elle caressa légèrement la chair, ce serait le dos d'une autres main? Puis elle sentit un légère pression sur son crâne. Elle détourna les yeux et perçut des cheveux blancs dans son champs de vision. Le jeune homme s'était donc penché sur elle. Médéa eut le temps de sentir son odeur juste avant qu'il ne se redresse. Elle en fut troublée.


- Non... C'est moi qui vais désormais me tenir loin de vous... Comme je regrette... Comme j'aimerais vous prendre dans mes bras mais nous en avons déjà trop fait...

De quoi parlait-il? Qu'avaient-ils déjà trop fait? Ils n'avaient strictement rien fait. Et il voulait la prendre dans ses bras? Plus rien n'avait de logique. D'abord il est gentil, puis les roses la menace, puis il lui vole son couteau et puis ... et puis il veut la prendre dans ses bras? Tout ça n'avait aucun sens, même Médée en avait conscience. C'était irréel. Elle ne comprenait plus rien, mais en toute sincérité, elle hésitait à prendre le jeune homme dans ses bras. Elle avait peut-être même envie qu'il lui caresse les cheveux, et sa joue aussi. Juste une caresse. Oui elle aimerait bien tout ça, mais était-ce bien raisonnable? Ha ha, mais qu'elle était drôle cette imbécile. Que savait-elle de ce qui était raisonnable ou pas?

*Je n'y crois pas, tu t'attaches à lui malgré ce qu'il a fait. Tu es si pitoyable petite cloche. Et maintenant il veut même t'enlacer. Bref, j'avais raison, il est comme les autres
Si c'était le cas Rozenn, sa main ne serait pas dans la mienne, mais bien sous mes jupons, tu ne crois pas?
Il m'inspire autant de pitié que toi, avec ses air théâtraux ... on dirait ...*

La sanguinaire se tut au moment ou Méphistophélès retira sa main. Il se recula et Médée ressentit ce froid qu'on sent une fois qu'un corps s'éloigne, que ce soit celui d'un inconnu ou non. Ça fait toujours un drôle d'effet, même si on ne connait pas la personne. Ici, c'était pareil mais c'était plus triste. Elle serra sa main sur son couteau, ne prenant pas garde à la lame qui s'enfonça dans la paume de sa main. Elle saigna un peu, mais elle ne sentit rien. Peut-être s'en rendrait-elle compte plus tard, se demandant pourquoi tant de sang coagulé.


- Alors donnez le moi ce coup de couteau... Je suis comme les autres, je ne suis qu'un être humain cruel et mes fleurs de viles flatteuses dont la sournoiserie n'a d'égale que leur beauté... Les excuses ne serviront à rien, mes suppliques resteront de simples paroles qu'un beau parleur peut chuchoter pour mieux apaiser et trahir. La punition repose entre vos mains, ma si délicate Rose... Ma merveilleuse fée.

Une fois de plus, de quoi parlait-il? Si bien sûr, elle comprenait où il voulait en venir, mais, ça n'avait aucun sens. Elle se redressa et s'appuya sur sa main. Ses genoux étaient plié, à sa gauche, et elle regardait le sol, les yeux grands ouverts, bien que ses cheveux ne permettaient pas de les voir. Peut-être qu'en cet instant elle ressemblait à une drôle de statue, car elle bougeait peu. Elle était trop concentrée sur les paroles qu'elle venait d'entendre. Il voulait qu'elle le tue? C'était bien la première fois qu'on lui faisait une telle demande. Il se disait un humain cruel, ... Oui ce n'était pas faux. C'était cruel de lui voler son bien comme il l'avait fait. Lorsqu'il parla de délicate Rose de ... de merveilleuse fée, elle n'était pas sure qu'il parlait bien d'elle. Elle pensa tout d'abord qu'il s'adressait à son amoureuse la Reine des fleurs mais, la phrase n'avait aucun sens puisque c'était Médée qui devait le tuer. Donc ... donc il parlait d'elle. Quand était-ce la dernière fois qu'on eut pour elle de mots si tendres? Elle devait être entrain de rêver. Et cette scène lui semblait vaguement familière, un air de déjà vu. Elle chercha au plus profond de sa mémoire. Des bribes revenaient, c'était une sorte de grande réunion, il y a quelques années ... Elle était avec plusieurs cousins et cousines du même âge à peu près. C'était ... Ah mais oui, bien sûr. Pour parfaire leur culture générale, leur parents avaient engagé une troupe de comédiens pour qu'ils leur jouent des classiques, et cette scène ressemblait beaucoup à l'une jouée dans "le Cid" de Corneille, le moment où Rodrigue demande à Chimère de le tuer pour qu'elle puisse rétablir son honneur. Mais voila, Chimère hésite car Rodrigue étant l'amour de sa vie, le choix lui est difficile. D'où l'expression "un choix cornélien". C'était un peu la même position. Bien sûr, Méphistophélès n'était en aucun cas le grand amour de Médée, ils venaient seulement de se rencontrer. Mais elle hésitait pourtant à le tuer. Si il était vraiment comme les autres, ne serait-il pas déjà parti sans demander son reste, plutôt que de la supplier de le tuer?

*Ce n'est qu'une ruse petite sotte, il se joue de toi!
Médéa, tu ne changeras jamais ...*

Très soudainement, Médée releva la tête, reprenant son expression terriblement neutre qu'elle avait eu quelque temps auparavant. La blancheur de son visage n'aidait en rien, on avait l'impression qu'elle portait un masque. Si ses yeux n'étaient pas rouges, et si elle ne battait pas des paupières, on aurait du mal à penser qu'elle n'était pas faite en marbre.
Pourquoi donc Angela était-elle apparue?
Elle regarda de ses yeux pénétrant le jeune Albërick qui était à genoux à ses côtés. Elle réfléchissait. Angela réfléchissait beaucoup. Elle était comme ça. On pense qu'elle n'est pas là, mais elle est toujours, toujoursprésente. Elle se redressa, c'était bon pour Médée de rester par terre, d'un ton sec, elle invita le jeune homme à faire de même.


- Redressez-vous jeune noble. On se croirait en pleine tragédie.

Mais elle regretta quand même le ton qu'elle avait employé. Elle ne perdait que très rarement contenance, mais les circonstances étaient tout à fait particulières. N'attendant pas vraiment qu'il s'exécute, elle prit parole rapidement, mais cette fois, sa voix était bien plus posée, ne laissant transparaître que peu d'émotions.

- Je sais très bien qui vous êtes jeune Albërick. Médée, ou votre fée comme vous semblez aimer l'appeler, ne sait pas toujours écouter comme il faut, pourtant si elle le faisait, elle apprendrait beaucoup, beaucoup de choses.

Elle marqua une pause, elle espérait faire comprendre au jeune homme qu'il n'était plus du tout en présence de la même personne, et que celle-ci n'était pas à prendre à la légère.

- Je ne m'attendais pas à votre rencontre, et dans le cas contraire, je ne pense pas que cette situation me serait venue à l'esprit. Vous avez l'air ... comment pourrais-je le dire ... vous avez l'air si vulnérable tout à coup. Vous voulez mourir et vos Roses semblent en proie à la panique. C'est surréaliste. Des meurtrières qui ne savent comment réagir.

Elle laissa un nouveau temps. Non, elle était pas à prendre à la légère. Elle l'avait dit, elle sait écouter, et elle apprend beaucoup de choses.

- Ce qui m'étonne, c'est qu'elles n'ont encore rien tenté. Enfin, je veux rien de grave, même si certaines ce sont permises de faire des choses qu'il eut mieux valu éviter.

Elle fixa du regard la rose en question, celle qui s'était crue plus maligne que les autres. Elle ne mâchait pas ses mots, pourtant une tension était tout à fait perceptible. Elle savait que tout la clique était sur le qui-vive, et qu'un mot de travers pouvait sonner la fin. Même si elle était à nouveau en possession du couteau et qu'elle pouvait "lâcher" Rozenn à tout moment, elle doutait que celle-ci soit assez rapide pour contrer une armada de roses déchaînées. Pourtant, elle qui était d'habitude si calme, si raisonnée, avait du mal à contenir une certaine rage. Elle faisait partie de Médée, elle partageait donc, contre sa volonté, ses sentiments. Qu'elle le veuille ou non, leurs personnalités étaient liées. Elle s'adressa directement à la fleur ayant commis le méfait.

- Tu te crois maligne peut-être? Tu te crois plus intelligente? Voila où mène ton orgueil petite folle. Tu as dû remarquer que ton geste n'avait servit à rien et Dieu sait que si je n'avais pas du respect pour ton créateur, ton cadavre griserait déjà au milieu de tes consœurs à robe rouge. J'ai même l'impression que tes sœurs te boudent.

Elle se ressaisit. Elle n'aurait pas dû s'emporter comme ça. Elle risquait tellement gros en jouant comme elle le faisait. Mais non, ce n'était pas un jeu. C'était Médée et ses sentiments, Médée et sa vie qui importait. A chaque phrase qu'elle envoyait à la figure du jeune garçon, elle n'attendait pas de réponse, elle parlait, c'était tout. Il fallait mettre les choses au clair. Enfin, si elle y arrivait.

- Jeune Albërick, je ne sais pas pourquoi ni comment ta route et celle de Médée se sont croisées. Peut-être que ça aurait été mieux si vous ne vous étiez jamais rencontrés. Sauf que c'est fait. C'est fait et on y peut rien changer. Je ne sais pas si tu l'aimes, mais tu réagis à l'extrême, comme si c'était le cas. Ou du moins, tu as beaucoup d'affection pour elle. Je ne sais pas ce que tes roses en pensent, mais même si je sais le mal que ça te causera, si une seule d'entre elles tente quoique ce soit sur Médée, elle mourra. Je ne te veux aucun mal ni à toi ni à tes Roses, du moins si vous ne nous en voulez pas.
Certaines cousines ne devraient pas écouter aux portes.

Intéressant, Angela sourit. Ça n'arrivait pas si souvent. Elle souriait parce qu'après cette discussion, elle repensait aux sentiments de Médéa. Elle continua de parler, mais s'adressant plus spécifiquement à la Rose mère.

- Elle non plus ne vous veut aucun mal. Vous savez, vous rappelez de bon souvenirs à Médée, elle vous apprécie beaucoup. Tous les deux.

Elle s'empressa d'ajouter la dernière phrase. C'était une sorte de clin d'œil. Elle respira profondément, il était temps de s'en aller. Elle apparaissait rarement devant d'autres personnes, mais la situation lui semblait tellement complexe pour la précoce qu'il fallait qu'elle intervienne. Elle respira à nouveau et ferma les yeux.

Médéa réapparu, chancelante. Comment Angela avait-elle pu dire toute ces choses? Comment le savait-elle? Elle tomba sur le sol et regarda autour d'elle.

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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   23.12.08 16:47

A terre.
Quand la scène ressemble à un extrait d’une tragédie gothique qui ne fait rire que le Diable, Méphistophélès reste digne en attendant le coup fatal et autour de lui, dans un bruissement de pétale horrifié comme si l’Apocalypse allait arriver dans les secondes suivant sa déclaration pseudo amoureuse, pseudo pitoyable, il n’y qu’une sourde terreur, une folie furieuse, une envie de meurtre. Elle se relève, sa fée verte et le regard bleu de cet homme qui n’a de rapport avec l’humanité que son existence soumit aux Lois d’une Vie qu’il hait autant qu’il l’adore ne cille pas. Il la fixe avec une tendresse et elles, elles ses filles, ses folles, ses meurtrières, son suicide, comprennent alors que Médéa est leur semblable aux yeux de leur Créateur. Et ça, elles ne peuvent le supporter car ce lien si spécial ne doit pas être partagé, et encore moins avec une vulgaire humaine, une tarée qui ne mérite pas de vivre. Oh ça non non ! Leur père doit se ressaisir et ne pas tendre la joue pour recevoir la gifle d’une fille comme elle, d’une sale petite putain qui se fait trousser par les hommes avant de les détruire par le sang. Non père, réveillez vous, beau à l’esprit dormant. Vous devez regagner votre chambre et oubliez, encore une fois. Soumit à notre amour, vous ne méritez pas qu’une autre pose les yeux sur le trésor qu’est votre personne. Vous ne méritez que ces fleurs qui seront éternellement vos amies… Mais elles sont plus que vos amies n’Est-ce pas ? Elles sont les jalouses qui vous guettent, qui commentent, qui maudissent, qui tuent. Oh elles tueront encore une fois en ce jour qui décline si vous osez simplement poser votre regard sur une autre partie du Pairidaeza. Il suffira d’une seconde mon prince et elles obéiront…

Je t’aime, tu peux me tuer maintenant.

Tumulte des sentiments et elles se sentent oppressées soudain. Comment ? COMMENT ? Il l’AIME cette sale gourgandine ! Cette petite catin ??? La rage les submerge, font rougir leurs pétales d’ébène et soudain c’est l’ensemble de leur corolle qui se tournent vers la statue posée délicatement au sol qui semble soudain songeuse… Pas d’ordre, plus d’ordre, comme toujours elles prendront l’initiative de sauver leur bien aimé, que ce dernier se blesse les mains à les retenir ou qu’il chancelle, fermant les yeux pour éviter à son âme d’être une nouvelle fois marquée par cette scène de meurtre, par ce massacre. Mais mon tendre, mon tendre amour elle a déjà tué elle. Des hommes, des fleurs. Qu’ont-ils demandé ? Rien. La lame de son couteau les a transpercé comme elle a manqué de le faire avec toi. Est-ce cela que la Rose Mère murmure à son oreille ? Non, elle ne murmure rien et ne défend plus ses filles. Ces dernières s’arrêtent et se retournent contre leur Mère. Mais qu’a-t-elle encore ? N’est-elle pas la première à leur souffler quelle direction prendre pour tuer encore et encore ? N’est elle pas l’épouse possessive qui ordonne et commande et veille au bien être de son époux ? C’est une femme. C’est elle qui prend toutes les décisions. C’est une femme. Elle sait que Méphistophélès ne l’aimera jamais comme elle le désire. Et voilà que son cœur s’agite pour une autre ! Une autre certes mais c’est comme une rose qui vient de naître. Comme l’un des boutons, l’un de ses bébés qui éclosent sur les murs de sa chambre d’un doux baiser. Ce n’est pas une fille… c’est sa fille. Sa fée. Sa merveilleuse Médéa.

OH ASSEZ !
CELA SUFFIT MAINTENANT !

Et alors que leurs épines miroitent dans la faible lueur du Pairidaeza, c’est Médéa… ou bien une autre, qui met fin à tout cela en relevant la tête. De marbre. Statue de vie qui les fixe dans la plus parfaite neutralité et les rend folles à s’en déchirer les pétales de leurs épines. Mais que se passe-t-il ? Comme la situation a-t-elle put leur échapper à ce point ? Tremblantes, apeurées, elles se réfugient dans les bras de leur père, l’enserrant de leur liane, nichant leurs corolles contre son torse où elles s’abritent, enfants perdues. Les bras de l’Albërick se referment lentement sur ses princesses tandis qu’il rend son regard à cette inconnue qui lui fait face. La violence avec laquelle ses roses se sont précipitées sur lui a manqué de le faire tomber à terre mais il garde l’équilibre, à genoux au sol. Il parait si paisible et ce sont deux statues, si proches d’un simple regard qu’ils ne le seront jamais d’une étreinte. Son visage est pâle mais il n’y a là aucune neutralité. Bien au contraire, son visage a gardé cette expression tendre qu’il a envers toutes ses filles. Il rassure, adoucit et chuchote avec les yeux des paroles apaisantes. Comme on apprivoiserait un animal, il reste là, presque pensif et la contemple dans sa beauté unique et pourtant si différente. Il comprend soudain et ne dit rien. Car ce n’est plus à lui de parler. C’est à cette étrangère, cette rose si parfaite, si digne et la Rose Mère sur son épaule la salue d’un signe de tête, reconnaissant l’une de ses semblables malgré la pose indigne de son corps figé dans la contemplation… la réflexion. C’est alors qu’elle prit appuie sur le sol, ses doigts délicats s’enfonçant dans la terre meuble et son corps, comme une fleur qui s’ouvre au soleil, se redressa, fier, sans qu’elle ne fasse preuve d’un quelconque orgueil pouvant la faire paraître comme hautaine. Elle était là, et c’est tout ce qui importait. Dans son regard, comme une sagesse oubliée qui fait taire.


- Redressez-vous jeune noble. On se croirait en pleine tragédie.

- Je vous prie de m’excuser mademoiselle, murmura simplement Méphistophélès avant de se relever.

Les jambes chancelantes, il put ainsi remarquer l’ampleur de son trouble et tandis que ses roses le soutenaient pour ne pas qu’il tombe à terre, il sourit, avec la plus grande simplicité à la jeune femme, la saluant sans une parole. Il ne savait pas qui elle était mais nul doute qu’il n’avait pas affaire à la Médéa qu’il avait apprit à connaître en quelques mots, en quelques gestes. Enfin… peut-être exagérait-il. Car qui pouvait connaître une personne en moins d’une heure ? La notion de temps avait finalement son importance. On finit toujours par être surprit, preuve en est cet instant presque onirique où cette prêtresse de la nature lui faisait face. Méphistophélès ne savait pas si elle était la main tendue vers un quelque chose de si beau qu’il ne pouvait être nommé ou bien la fin d’une relation qui n’avait débuté que dans le cœur meurtrit de l’albinos. Autour de lui, les Roses méfiantes, perdues, la fixaient dans le plus grand calme, sans qu’un seul murmure de vent ne vienne troubler cette scène. Elle ne leur faisait pas peur mais les roses savaient très bien que derrière elle il y avait cette menace grandissante, l’ombre de l’hystérique qui ne manquerait pas de manipuler cette main délicate pour les tuer. Mais elles seraient plus rapides et si l’une d’entre elles devait être sacrifié, alors ses sœurs lui feraient honneur en massacrant ce corps humain, peu importe le nombre d’âmes enfermées à l’intérieur, innocentes ou pas.


- Je sais très bien qui vous êtes jeune Albërick. Médée, ou votre fée comme vous semblez aimer l'appeler, ne sait pas toujours écouter comme il faut, pourtant si elle le faisait, elle apprendrait beaucoup, beaucoup de choses.


Si la pause après ses paroles aurait dû lui faire comprendre à qui il avait affaire, pour lui cela lui permit simplement de réaliser que cette jeune inconnue en savait bien plus sur lui que la majeur partie des nobles de Tsel. Son existence n’était certes pas un secret mais il y avait certain tabou chez les Albërick à respecter. Le fait qu’il ait gâché un vœu et vive désormais avec des Roses meurtrières en faisait partit. Son père ne tenait pas spécialement à ébruiter la raison pour laquelle certaines filles de bonne famille invitées à quelques bals sans grande importance disparaissaient mystérieusement après une danse avec lui. La famille Albërick savait se montrer convaincante quand elle décidait d’un même ensemble de taire quelques petits détails pouvant gêner leur quiétude. On n’invitait plus le jeune homme aux bals et on laissait ses roses en paix. En contrepartie, on ne parlait pas de lui, comme s’il n’avait jamais existé. Mais parfois, dans un boudoir, tandis que l’alcool faisait effet, ses deux frères maudissaient son existence et rappelaient à tous que cet idiot avait fait le vœu de devenir jardinier alors que la famille toute entière comptait sur cette étoile qu’ils avaient si difficilement acquis… Et parfois, derrière la porte de ce boudoir, on pouvait entendre les chuchotements facétieux de jeunes enfants qui semblaient s’être perdu là… volontairement ou pas.

- Je ne m'attendais pas à votre rencontre, et dans le cas contraire, je ne pense pas que cette situation me serait venue à l'esprit. Vous avez l'air ... comment pourrais-je le dire ... vous avez l'air si vulnérable tout à coup. Vous voulez mourir et vos Roses semblent en proie à la panique. C'est surréaliste. Des meurtrières qui ne savent comment réagir.


Oh si, désormais elles savaient très bien comment réagir. Et lentement, quittant le corps de leur père, elles entourèrent les deux jeunes gens, les épines en avant, prêtes à attaquer. La Rose Mère les retenait inconsciemment, attentive à la conversation. Finalement, la petite était surprenante et méritait l’intérêt qu’elle lui portait. Une ombre de sourire aux lèvres, elle caressa les cheveux de son époux médusé, semblant ne pas être vraiment affectée par les propos de l’inconnue. L’appeler Médéa serait certainement une erreur à ne pas commettre et pour l’instant elle préférait ne pas nommer ce visage de marbre qui les fixait sans émotions. Dans cette petite clairière isolée, elle souhaita simplement qu’aucun jardinier n’ait l’idée audacieuse de venir les déranger sans quoi elle autoriserait ses filles à tuer l’imbécile. Après tout, on ne venait pas interrompre une discussion, c’était des plus impolis et la Rose Mère tenait à ce que la politesse reste de mise dans ses conversations. C’était une femme très bien élevée et au moins celle qui leur faisait face, même si elle se permettait quelques indélicatesses, ne semblait pas portée aux insultes, ce qui était des plus agréables. Autant répliquer avec courtoisie. Ils étaient nobles après tout.


- Ce qui m'étonne, c'est qu'elles n'ont encore rien tenté. Enfin, je veux rien de grave, même si certaines ce sont permises de faire des choses qu'il eut mieux valu éviter.


L’insulte fit frémir les roses mais ces dernières s’écartèrent pour dévoiler la perfide qui, soudain délaissée, les encouragea à reporter leur attention sur la folle au lieu de la fusiller du regard. Mais la haine qu’elles lui portaient était plus que palpable et malgré la critique, elles laissèrent la jeune femme continuer, cette dernière la fixant du regard avec une certaine fureur qui manqua de lui valoir une gifle de la petite maligne apeurée qui malgré tout cherchait l’aide et le soutient de ses sœurs pour se permettre un tel geste qui, à cet instant, allait à l’encontre des désirs de sa Mère. Méphistophélès ne cilla pas pour regarder sa fille et la petite rose comprit soudain qu’elle était allée trop loin. Ce n’était pas une noble au doigt blessé comme dans la bibliothèque ni la gorge dévoilée d’un vulgaire parfumeur des rues… Non, c’était une folle, une véritable menace qui avait réussit à gagner sa place dans le cœur de leurs Seigneurs. Sans la souffrance causée à leur père, voilà bien une rose dont-elles se seraient défaites sans l’ombre d’un regret. Elle méritait tant la mort après avoir apporté tellement d’ennuis à leur famille… C’était un chien galeux, le mouton noir, le vilain canard qu’elles auraient aimé déchiqueté. Même leur père parfois ne pouvait retenir le soufflet qui lui démangeait la main. La perfide, sans un mot, baissa la tête, les épines enfoncées dans le sol pour se retenir. Si elle avait eut des yeux, certainement aurait-elle pleuré…


- Tu te crois maligne peut-être? Tu te crois plus intelligente? Voila où mène ton orgueil petite folle. Tu as dû remarquer que ton geste n'avait servit à rien et Dieu sait que si je n'avais pas du respect pour ton créateur, ton cadavre griserait déjà au milieu de tes consœurs à robe rouge. J'ai même l'impression que tes sœurs te boudent.


Un ricanement mauvais parcourut les sœurs de la perfide qui baissa un peu plus la tête. Comme elle pouvait les haïr ! Elles, la Rose Mère, cette catin dérangée… Elle méritait tellement sa place sur l’épaule de son père. Après tout, n’était-elle pas la première à obéir aux envies de meurtres de sa mère ??? N’était-elle pas la première à veiller sur son bien-être en déchiquetant la gorge de ces petites malignes qui se croyaient assez bien pour obtenir une danse avec son roi ??? Non ! Non elle ne méritait pas un tel traitement et un jour elle prendrait sa revanche ! Un jour la Rose Mère se ferait trop vieille et elle prendrait sa place. Elle serait l’épouse digne d’un démon tel que Méphistophélès et ensemble ils régneront sur Tsel avant de gouverner le monde, tuant les rebelles entre ses lianes acérées. Elle avait soif de pouvoir, cette petite infante qui sous les insultes rougissaient à peine. Son père pouvait bien à cet instant avoir l’air déçu, elle savait au plus profond de son cœur qu’il l’aimait bien plus que toutes les autres. Il le dévoilait par des caresses, par des sourires… Oui, il était fou d’elle, d’elle seule et elle lui rendait bien. Un jour, elle mériterait les épines d’argent et le remercierait d’avoir supporté la Rose Mère pour mieux la laisser s’épanouir dans l’ombre de ses sœurs.


Dernière édition par Méphistophélès le 23.12.08 23:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   23.12.08 16:48

Méphistophélès manqua de sursauter quand l’attention de la jeune femme se reporta à nouveau sur lui. Trop perdu dans sa tristesse, déçu par le comportement de la maligne qui recevait enfin le courroux de ses sœurs qu’elle avait bien mérité par ses actes d’une cruauté sans nom, et ses yeux troublés revinrent sur ce beau visage de marbre qui lui refit face. Autour d’eux, les Roses ignorèrent la déchue qui se recroquevilla sur elle-même, agitée de doux sanglots silencieux et observèrent la scène. La méfiance s’était accru malgré le fait qu’elles soient ravies de la leçon donnée à l’intrépide sous la rage qui avait rendu vacillante la voix de la jeune femme. La colère qui faisait luire ses prunelles d’une étincelle sauvage les rendait attentive au moindre de ses gestes. Elles comprenaient parfaitement que cette dernière défende Médéa comme elles mêmes le faisaient pour le bien être de leurs parents mais elles ne la laisseraient certainement pas les attaquer. L’armistice serait peut-être signée mais à cet instant il n’y avait qu’une lutte acharnée pour la survie. Elles se battraient jusqu’à la mort pour la paix de Méphistophélès même si ce dernier n’avait demandé qu’une amie en se liant avec Médéa… Cela serait certainement toujours ainsi malgré ses efforts et il était vaincu d’avance, acceptant les paroles de l’inconnue sans répondre.

- Jeune Albërick, je ne sais pas pourquoi ni comment ta route et celle de Médée se sont croisées. Peut-être que ça aurait été mieux si vous ne vous étiez jamais rencontrés. Sauf que c'est fait. C'est fait et on y peut rien changer. Je ne sais pas si tu l'aimes, mais tu réagis à l'extrême, comme si c'était le cas. Ou du moins, tu as beaucoup d'affection pour elle. Je ne sais pas ce que tes roses en pensent, mais même si je sais le mal que ça te causera, si une seule d'entre elles tente quoique ce soit sur Médée, elle mourra. Je ne te veux aucun mal ni à toi ni à tes Roses, du moins si vous ne nous en voulez pas. Certaines cousines ne devraient pas écouter aux portes.


Blessé, les mains tremblantes, Méphistophélès voulu fixer le sol, résigné. Elle venait de tout résumer en quelques mots… Il aurait été certainement mieux qu’ils ne se rencontrent pas. Il réagissait à l’extrême. Et pire encore il n’y avait désormais entre eux qu’une menace. Si ses roses attaquaient, elle se défendrait, elle défendrait Médéa… Elle les défendrait. C’était ainsi. Malgré la douleur... celle qui ne manquerait pas de le submerger si l'une d'entre elles se faisait tuer. La douleur de mille deuils que l'on ne peut supporter. Il avait tant mérité cette souffrance... Avec lui il n’y avait que l’instinct de survie. Il comprenait désormais sa solitude. Aucun lien ne pouvait être créé sans que le sang ne soit un jour versé. Voilà quel était le véritable prix de son vœu. Et dans son cœur, une rancune naquit envers cette étoile qui avait décidé de le punir à sa manière. Les vœux ne rendaient jamais heureux. Sauf quand on les réalisait nous-même. L’amitié éternelle lui avait aussi valu une jalousie des plus féroce. La gorge nouée, un vague goût amer au fond de la bouche, Méphistophélès prit la décision d’arrêter tout simplement. Arrêter de chercher à se lier, à changer son destin. Car cela faisait partit de son vœu et cela ne changerait jamais. Il aurait mieux valu qu’ils ne rencontrent pas… Et si, il pouvait changer cela. Il terminerait là leur relation. Cela serait mieux pour tout le monde… Non. Menteur. Cela serait mieux pour Médéa assurément. Lui se morfondrait encore dans sa solitude, à regretter encore et toujours ce jour maudit où sa route avait croisé celle de cet enfant derrière la porte, malgré tout l’amour qu’il portait à ses roses…

La Rose mère préféra se taire face à cet émois.
Et ce fut bien la preuve qu’elle pouvait ressentir de la tristesse…

- Elle non plus ne vous veut aucun mal. Vous savez, vous rappelez de bon souvenirs à Médée, elle vous apprécie beaucoup. Tous les deux.


La phrase se perdit dans l’air. Il n’y avait là que le couple royal d’un territoire déserté. Figées, les roses ne purent faire un seul geste tandis que la peine de leurs parents se déversait en elles comme un poison insidieux. Elles mourraient d’envie de leur faire revenir à la raison par force de caresses mais la gamine aurait pût en profiter pour attaquer. Hésitantes, ne sachant que faire, elles virent soudain la jeune femme chanceler, son regard s’éclairant comme si elle avait été victime d’une absence. Les roses soudain comprirent qu’elle était revenue, la jeune fille sanglotante et trahie qui avait disparu au profit de la menace. Bien que prudentes, elles quittèrent le sol pour se jeter d’un même ensemble sur Méphistophélès, l’étouffant de baisers, de caresses, plaintives, lui demandant par de secrets chuchotements la permission de le reconduire à leur demeure, dans cette chambre aux lumières tamisées où ils se sentaient en paix. Mais Méphistophélès les chassa d’un geste agacé de la main, les faisant hoqueter de surprise. Assez. Plus de caresses. Plus d’égoïsme. Qu’elles lui laissent au moins le temps de s’excuser et de faire ses adieux. Après… oh après qu’elles fassent ce qu’elle veulent de lui. Il ne dirait rien et se laisserait mener car de toute façon, le maître ici ce n’était certainement pas lui.


- Ainsi… vous possédez vous aussi vos propres roses… si magnifiques…


Lentement, il s’approcha de la jeune femme, le regard éteint. Il s’accroupit au sol et lui prit doucement la main, y déposant un infime baiser, effleurant à peine la peau pâle de ses lèvres. Il n’y avait aucune tendresse dans ce geste, simplement une froide politesse et sur son visage, la résignation d’un homme ayant fait un choix que rien, ni personne, ni aucune parole, ne pourra changer. Et ce geste semblait dire:
Je vous salue mademoiselle dans une dernière révérence, je vous laisse avec vos consœurs. Je vous prie de m’excuser pour tout ces désagréments. Je vous demande pardon au nom de la maligne qui a déchiré votre robe et volé votre couteau. Je vous demande de m’excuser pour cette scène que nous vous avons offerte et qui fut des plus ridicules. Et croyez moi, je suis vraiment désolé d’être venu vous voir, de vous avoir dérangé. Vous aviez besoin de la paix, d’un homme qui aurait pût se montrer charmant, qui aurait mérité un seul de vos regards… Mais je n’ai fais qu’attirer sur vos joues pâles des larmes qui n’auraient jamais dû naître. Vous êtes si merveilleuse mademoiselle et moi je suis un piètre séducteur. Je gâche toujours la vie des autres pour qu’ils soient mes semblables. Je ne suis qu’un égoïste et un lâche. Un faible.

Je n’aurais jamais dû vous rencontrer.
Alors je m'incline et disparais...
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   25.12.08 0:04

Il était si rare qu'Angela apparaisse que Médéa en fut plutôt retournée. Elle essayait de la questionner, mais celle-ci se refusait à répondre. Elle devait le reconnaître, elle s'était un peu laissée emportée et elle en avait honte. Et avait-elle bien fait d'apparaître ainsi? Elle ne savait pas, mais maintenant c'était trop tard, il ne fallait plus y penser.
Mais Médée elle, y pensait encore! Surtout avec tout ce qui avait été dit. Non, elle ne se souvenait pas avoir entendu toutes ces choses, mais il fallait reconnaître que chaque famille s'arrangeait pour connaître les petits secrets des autres. C'était très utile lors des coups bas. Ça permet de garder une certaine supériorité sur les autres aussi. C'est comme ça que des personnes qu'elle n'avait jamais vue connaissait son nom. Si c'était des femmes, c'était toujours pareil, des petits moqueries par-ci par-là. Pour les hommes ça dépendait : s'ils étaient un peu vicieux, ben il tentaient de s'approcher très près d'elle, pour être le premier à ne pas s'être fait attaquer et à profiter de sa vertu. Il fallait qu'elle arrête de penser à ça, parce que dès le début de leur rencontre, c'était ce qui revenait le plus souvent dans sa petite tête. Est-ce que ce n'était pas étrange : pour une fois qu'elle semblait se lier à une homme, c'est-à-dire pour de vrai, elle doutait encore plus qu'à l'accoutumée. Lorsque c'était les autres hommes, elle se laissait tellement faire les premiers instants. Mais oui, bien sûr, pas d'alcool ici, pas de quoi lui faire tourner la tête. Maintenant elle était obligée de réfléchir avant d'agir. Enfin, réfléchir comme elle pouvait avec son esprit à elle bien sûr.
D'ailleurs pour le moment, elle avait du mal a suivre les événements. Elle était plutôt, disons bouleversée. Parce que Angela, parce que Méphistophélès, parce que les Roses, parce que tout, tout semblait bizarre, semblait ne pas coller comme ça aurait dû. En temps normal, ne serait-il pas déjà à terre, couvert de sang?


- Ainsi… vous possédez vous aussi vos propres roses… si magnifiques…

Elle revint sur terre, elle revint à lui. Ses ... propres roses? De quoi pouvait-il bien parler? Elle s'embrouillait les pensées, car elle voyait dans ses bras toutes ces petites corolles noires agrippées à leur père. Ses propres Roses, où voulait-il en venir? Ce devait être une sorte de message codé. A quoi faisait-il référence? Hélas, Médée n'avait jamais été très forte en devinette. Qu'étaient les roses pour lui? Son amour! mais ça n'avait aucun sens. Elle n'aimait personne! Mais ce garçon était plaisant. Un peu triste apparemment, mais plaisant. Mais là n'était pas la question. Qu'étaient les roses? Heureusement, Angela lui souffla discrètement la réponse. Un secret? Oui, personne ne devait être au courant de l'existence de ses roses. Dans le cas contraire, elle en aura entendu parler elle aussi. Il voulait donc dire qu'elle avait elle aussi ses propres secrets. Elle réfléchit mais ne mit pas de temps à trouver la réponse cette fois-ci, elle n'était peut-être pas très douée, mais elle savait ce qu'elle cachait. Si elles ne s'étaient pas trompées dans la signification, il devait sans doute vouloir parler d'Angela. Et des autres bien sûr, mais il ne devait pas encore savoir qu'elles étaient-là. Et quoi ... Devait-elle lui en parler? Peut-être que c'était mieux, vu qu'elle était au courant pour son secret ... Devait-elle révéler le sien?

*Tais-toi, j'en ai marre de tes doutes, de tes gémissements ... J'en ai marre de toi
Alors va-t'en, je ne te retiens pas. Je ne sais même pas pourquoi tu es encore-là Rozenn. Ah si, pour abreuver ta soif de violence, de meurtre!
Ma soif ??? MA SOIF??? Mais de quoi parles-tu? C'est TA soif de vengeance! Je dépend de toi, ça m'énerve mais je n'ai pas le choix. Et reconnais que je t'ai sauvé plus d'une fois ... voila comment tu me remercies?*

Médée frappa sa tête de ses poings. Qu'elle se taise, bon dieu, qu'elle se taise. Bien sûr qu'elle avait raison, mais elle avait tord aussi. Ce ne pouvait pas être vrai! Et pourquoi pas? N'avait-elle pas pensé plus tôt que si Méphistophélès était comme les autres, il serait déjà coloré de rouge de la tête au pied, baignant dans son sang. Elle pleura, pleura en silence, se frappant encore la tête. Pour le moment, ce n'était pas le jeune homme qui lui causait cette peine, mais comment pouvait-il le savoir? Elle ne s'était pas rendue compte qu'un peu plus tôt, il lui avait pris la main pour la baiser. Ce fut tellement délicat, et elle était déjà si loin dans sa réflexion, qu'elle ne comprit pas qu'il était entrain de partir, qu'il lui faisait comprendre que c'était fini. Non, pour le moment elle s'en voulait d'être elle-même. Elle se détestait, oh oui qu'elle se détestait. Elle était dans un de ses moments de raison qui la rendaient triste, qui la déprimait. Elle se rendait compte de qui elle était vraiment, et qu'elle n'avait rien à faire sur cette terre! Les trois autres redoutaient ces instants, car Médée devenait réellement imprévisible. Elles se souvenaient toutes de la fois où Médée avait retourné son propre couteau contre elle. Elles avaient dû s'y mettre à trois pour empêcher ce geste. Mais comme tout ses autres moments de lucidités, ça ne dura pas longtemps.
Et celui qu'elle vivait actuellement n'échappa pas à la règle. Angela lui souffla que si elle tenait à ce garçon, elle ferait peut-être mieux de lui parler. Elle réfléchit, oui elle devait le faire. Elle tourna son visage vers celui du jeune homme et tenta d'ouvrir la bouche, mais une pensée intercepta son intention. Qu'avait dit Angela? Non pas à l'instant, mais lorsqu'elle lui avait parlé à lui. Il l'appréciait beaucoup, c'est ça? Et Elle disait qu'elle aussi l'appréciait. Elle regarda Méphistophélès plus intensément, qu'est-ce que ça signifiait? Ooooooh, trop de questions, plus de questions! Tout ce que ça faisait, c'était lui donner un mal de crâne! Angela lui souffla ce qu'il avait fait quand elle ne faisait plus attention. Son regard intense se transforma en regard interrogatif. Il était une énigme à lui tout seul, du moins c'est l'impression qu'il donnait. Voulait-il partir? Mais pourquoi? Ah oui, elle avait dit qu'ils auraient mieux fait de ne pas se rencontrer ... Mais pourquoi avait-elle dit ça?? Médée rageait, pas étonnant qu'il veuille s'en aller! Elle n'était pas d'accord, elle était contente de connaître son existence et d'avoir partager ces moments avec lui. Ces moments? Rozenn ne manqua pas de lui souffler qu'il y avait tout de même eu un incident. Oui, c'est vrai. Et puis ses roses ne semblaient pas vouloir de se présence. Peut-être était-ce vrai alors : chacun d'eux avait quelque chose qui l'empêchait de pleinement s'attacher à l'autre. Elle soupira, détournant son regard. Elle ne se rendait jamais compte de l'impacte de ses actes, elle ne pensait jamais à l'interprétation que pouvait en faire son interlocuteur. Elle soupira une nouvelle fois, que devait-elle faire?


*Saute-lui au cou

Va-t'en
Parle-lui*

Oui, bon, ça ça compliquait les choses. Elle le regarda à nouveau. Les deux premières propositions ne lui convenait pas : Si elle lui sautait au cou, les roses la tueraient sans doute, et puis elle n'avait pas très envie de faire ça pour le moment, ils se connaissaient si peu. Fuir? Mais elle ne voulait pas fuir du tout! Elle voulait rester. Bon alors il fallait lui parler. Elle prit son courage à deux mains mais elle n'y arrivait pas. Elle détourna la tête une fois encore. Pourquoi n'y arrivait-elle pas?
Mais il fit un geste qui l'alerta. Enfin ... Du coin de l'œil elle crut voir quelque chose bouger, qu'elle interpréta comme un mouvement de sa part. Elle se retourna vivement et plaça ses main en avant, comme pour l'empêcher de bouger, bien qu'elle ne le touchait pas.


- Ne partez pas!

Elle se ressaisit, ses bras s'abaissèrent.

- Je veux dire ... Pardon. Peut-être que vous ne voulez pas rester en ma compagnie. Ne vous inquiétez pas je comprendrai.

*Mais t'es trop beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeete! C'est pas comme ça qu'il va rester
Arrête de jouer les victimes Médée*

Elle fut surprise, Rozenn venait de l'appeler Médée. Ça faisait longtemps. Mais là n'était pas l'important. Elle se redressa et joua avec ses doigts, plutôt embarrassée. Ses yeux voyageaient dans tous les coins et recoins possible.


- Écoutez, je ... c'est à vous de voir. Vous savez, j'ai l'habitude de ... de ... enfin, avec mes "roses" comme vous dites, c'est pas toujours facile.

Son ton était un peu désabusé, un peu mélancolique. Son regard c'était fixé au sol, une multitude d'autres souvenirs venaient de la submerger. Mais elle resta digne cette fois, elle ne voulu rien montrer. Elle laissa tomber ses mains le long de son corps. Elle avait fait une phrase qui semblait plutôt digne de son rang cette fois ... Bravo Médée, c'est bien. Oh non, les trois autres redoutaient un nouveau moment de lucidité. Décidément, Rozenn était totalement contre la venue de ce garçon dans son cercle de connaissance et Lisa, même si elle l'appréciait, commençait à s'inquiéter. Seul Angela restait muette. Elle semblait attendre la suite. Elle voulait voir ce qui allait ce passer.
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   26.12.08 17:14

Elle semblait si troublée par ce qui venait d’arriver qu’il en eut le cœur brisé, ce pauvre et pitoyable Bibliothécaire si gauche, si caricatural dans sa manière d’agir tant il était risible. Bredouillant, maladroit, il ne pouvait pas aimer sans douleur et comme toujours, la fuite fut la seule solution qu’il trouva pour protéger les autres de lui-même, de ses roses meurtrières qui n’agissaient finalement qu’en pensant à son bien-être avant tout. Etait-ce leur faute si ce monde pullulait de monstres humains, de sales petites garces, d’êtres humains si médiocres qu’ils méritaient à peine qu’elles les tuent, qu’elles les vident de leur sang comme on le ferait avec une truie. Méphistophélès n’arrivait pas encore à comprendre que tout ceci bien loin de lui causer de la souffrance était censé le protéger. Et les roses furent enfin comblées, soulagées quand il décida de partir, de quitter cette sale pimbêche à l’esprit dérangé pour regagner sa chambre, leur petit nid à eux, où elles le combleront de caresses pour lui faire oublier sa médiocre existence. Seigneur, qui serait-il sans ses roses ? Pas un regard ne se poserait sur lui, à peine un vague coup d’œil à sa chevelure de neige, et encore. Il n’avait aucun charisme, aucune personnalité, il n’était que l’esclave qui cherchait parfois à retrouver sa liberté en désirant, en respirant à son propre rythme, loin des décisions qu’elles prenaient pour lui. Il n’était… qu’un rien, parmi d’autres rien sur cette terre. Mais ce rien leur suffisait à elles, les véritables reines de ce royaume perdu, grisâtre et puant. C’était leur petit rien à cajoler comme les dames de compagnie s’amusent à nourrir le petit chien qui fait le beau auprès d’elle en espérant recevoir une sucrerie comme remerciement.

Ce n’est pas qu’elles le poussèrent à lui tourner le dos plus vite, à accélérer son pas, à oublier ce visage d’enfant qui, troublé, qui se frappait encore et encore. Il aurait voulu retenir son geste, l’empêcher de se faire de mal mais s’eut été l’empêcher de vivre et la Rose Mère n’intervint pas quand les roses le forcèrent à nouveau à se retourner, attrapant la main qui s’était tendu vers la jeune femme pour la baiser de leur pétale et la guider vers la sortie du Pairidaeza. Elle se frappait encore et le bruit de ses coups étouffés le rendait presque fou, presque malade tant il avait envie de la prendre dans ses bras, de déposer des baisers sur son visage comme il le faisait avec ses enfants, sans autre envie que celle de la protéger. Mais ne devait-il pas avant la protéger de ses roses menaçantes ? Ces dernières le lui rappelèrent via quelques discrètes griffures. De l’une d’elles soudain perla une goutte de sang et les voraces manquèrent de le faire chanceler en allant la cueillirent, affamées. Depuis combien de temps ne s’étaient-elles pas nourrit ? Cela expliquait leur férocité, leurs envies de meurtre. Méphistophélès soupira, capitulant. Il devait rentrer au plus vite pour les nourrir, rester une minute de plus en compagnie de cette si charmante personne pour lui parler, pour se promener encore dans les allées du Pairidaeza et ainsi satisfaire son désir égoïste ne ferait que la mettre encore plus en danger car les roses, impatientes, ne manqueraient pas de l’attaquer dans l’unique but de faire comprendre à leur père que cette fois-ci s’en était trop, beaucoup trop pour qu’elles puissent encore supporter la vision de cette petite folle et de ses yeux larmoyants posés sur leur Créateur.


- Ne partez pas !

Ce qu’elles n’avaient en revanche pas prévu c’était que la jeune femme retrouve à nouveau ses esprits, beaucoup trop vite pour qu’elles puissent avoir le temps de l’entraîner hors du Pairidaeza. La rage les figea d’un même ensemble et ce fut comme un chœur de diablesses en furie qui résonna dans l’esprit de Méphistophélès. Ce dernier, abasourdit par la douleur, ferma les yeux et ses lèvres mordirent la peau tendre de ses lèvres jusqu’à se faire saigner. D’un baiser, la Rose Mère vint aussitôt dévorer la larme de sang avant de faire taire d’un brusque claquement de liane les roses qui se tournèrent d’un même ensemble vers la folle, la défiant cette fois-ci en silence d’approcher. Le sang bourdonnant à ses tempes, l’esprit troublé, Méphistophélès essaya de calmer les battements affolés de son cœur, la respiration courte tant le choc, presque électrique, avait été violent. Cette fois-ci, les roses ne vinrent pas l’apaiser, ou même se faire pardonner, trop occupées à fixer rageusement cette sombre idiote qui avait commit l’impair de lui ORDONNER de rester ! Même si sa voix avait été des plus désespérée et que ce n’était là qu’un simple mais puissant cri du cœur, elles, elles les furies, ne voyaient dans cette phrase qu’une interdiction formelle. UN ORDRE A LEUR ROI ! Les épines cliquetèrent comme autant d’épées jaillissant de leur fourreau mais Méphistophélès attrapa avec vigueur la première rose passant à portée de main, crispant son poing sur les épines qui transpercèrent sa peau fragile, la faisant crier de surprise et de douleur. Aussitôt dans son cœur, une épine vint le blesser mais il l’ignora, bien qu’avec difficulté, pour souffler entre ses dents de manière à ce que Médéa ne l’entende pas, lui tournant toujours le dos.


- La première qui la touche, je l’arrache…


Choquée, la Rose Mère resta un instant sans bouger avant de se précipiter sur la main pour qu’il libère sa fille de son emprise. Cette dernière se réfugia aussitôt sous la veste, tremblante et la liane abîmée, encore marquée par le geste de violence pure que Méphistophélès avait eut à son encontre… et par elle, à l’encontre de l’ensemble des roses. Bouleversées, ces dernières s’inclinèrent et rampèrent à terre pour regagner leur place sous la veste de leur père, venant rassurer leur jeune sœur qui étouffait ses sanglots contre sa chemise, ses larmes comme des perles de rosée glacée venant tremper le fin tissus et le faisant longuement frissonner. De son autre main, il sortit un mouchoir de sa poche et vint enserrer sa main ensanglantée, ne laissant même pas son épouse s’abreuver à la source comme elle en avait eut l’intention et apaiser ainsi sa souffrance de délicates griffures amoureuses. L’impatience l’avait lui aussi gagné et ses roses une fois de plus, comme ce jour où il les avait réprimandé avec colère dans la bibliothèque pour avoir menacé l’autre imbécile de noble, en avait payé le prix. Délicatement, retrouvant son sourire, il se tourna vers Médéa, surprit tout de même qu’elle ait essayé de le retenir… et qu’elle le fasse encore, bredouillant, ne semblant pas avoir remarqué la scène qui s’était déroulé, bien que rapidement, sous ses yeux, ce qui était certainement une bonne chose. La menace pour les roses avait été clairement comprise et elles se turent, étouffant leur colère quand la voix de la jeune femme retentit à nouveau, si détestable.


- Je veux dire ... Pardon. Peut-être que vous ne voulez pas rester en ma compagnie. Ne vous inquiétez pas je comprendrai.

- … Oh… mais… ce n’est pas que je ne veux pas rester en votre compagnie très chère… souffla Méphistophélès, attristé à la pensée que la jeune fille le croit capable de la fuir d'une manière aussi... cruelle...

Mais peut-être l'était il ?


- Écoutez, je ... c'est à vous de voir. Vous savez, j'ai l'habitude de ... de ... enfin, avec mes "roses" comme vous dites, c'est pas toujours facile.

- Je le devine sans peine…


Hésitant une dernière fois à quitter ce paradis, se demandant cette fois-ci si son départ n’allait pas lui causer une souffrance plus grande que celle qui pesait sur ses épaules si il décidait de rester à ses côtés, Méphistophélès songea soudain que c’était lui, le Père et le Créateur, le comte des Roses… le maître de ses filles et de sa femme. Si ces dernières désiraient lui désobéir, alors il mettrait sa menace à exécution, devant Médéa pour leur donner une bonne leçon s’il le fallait et peut importe la souffrance occasionnée. Certes, la soif, la colère et le manque les avaient rendu tous irritable et ce n’était certainement pas une bonne chose que de prolonger de trop leur rencontre ce soir… mais rien ne l’empêchait de la saluer cette fois-ci plus poliment, l’invitant simplement à se revoir dans un autre endroit que la Pairidaeza. La bibliothèque par exemple, ou même ses appartements où les Roses se sentiraient assez en confiance pour ne pas se sentir menacé par cette frêle jeune femme, même si cette dernière possédait un couteau… Maintenant qu’il y songeait, ses appartements ne seraient certainement pas un lieu convenable pour une deuxième rencontre. Dieu seul savait ce que la jeune femme penserait alors de lui s’il l’invitait à le rejoindre dans ses quartiers personnels. Non, la bibliothèque conviendrait mieux et c’est plus calmement qu’il s’approcha, oh juste de quelques pas, la rassurant du regard.


- Il se fait tard et cette journée fut assez éprouvante pour nous méritions tout deux une bonne nuit de repos… ainsi que nos roses. Toutefois… j’aimerais que l’on se revoit, quand vous l’aurez décidé. Pour ma part, je travaille chaque jour à la Bibliothèque de Tsel qui est ouverte jusqu’à 20h… Si vous désirez y passer, pour un livre ou pour que l’on se reparle, j’en serais enchanté…


Il était encore gauche dans sa manière de s’exprimer et à nouveau des rougeurs délicates vinrent colorer ses joues. Il n’avait jamais invité quiconque d’une manière aussi explicite, à part ce parfumeur mais il doutait vraiment que ce dernier se donne la peine de venir frapper à la porte de ses appartements pour saluer la Rose Mère. De toute façon, il tenait beaucoup plus à revoir Médéa que ce jeune homme que ses roses avaient attaqué. Il n’était qu’un vague souvenir, une erreur alors qu’elle… elle, sa petite princesse, était sa chance de pouvoir vivre à nouveau comme avant son Vœu. Il serait toujours là pour elle, et c’était ce que ses mots désiraient lui faire comprendre, assez maladroitement. Qu’importe l’heure à laquelle elle passerait, si elle désirait bien entendu le revoir, il serait là, en compagnie de la Rose Mère, à lui sourire et à la couver de ce même regard doux qu’il posait à cet instant sur elle. Ils étaient deux enfants avec leur propre secret. Ils n’étaient pas uniques mais ils s’étaient rencontré, au détour d’un chemin emprunté par hasard par le Hasard. Et Méphistophélès, malgré la rancœur de ses roses, malgré les griffures qui naîtront sur son corps dès qu’il aurait franchit le seuil de sa chambre, et malgré le fait qu’il savait pertinemment qu’il la mettait en danger, ne voulait pas la quitter, pas définitivement.

Même si c’était égoïste, il l’aimait…
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MessageSujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs   27.12.08 12:29

Il se passait quelque chose là-bas. Ou plutôt il s'était passé quelque chose. Médée n'en avait aucune preuve, si ce n'est que toutes les petites fleurs avaient disparu, pfiou, cachées sous le manteau de leur créateur. Du moins c'est ce que supposait la précoce, car elle n'avait pas été très attentive.

Ce devait être la fin. Pourtant c'était différent, c'était spécial ... plutôt cela l'avait été. Maintenant c'était fini, tout se finissait un jour, non?
Elle avait elle aussi envie de dire "Pourquoi", le pourquoi des dernières secondes ... Mais elle n'eut pas besoin, car il se retourna. Il souriait, peut-être que finalement les trois autres ne l'effrayaient pas tant que ça. Peut-être que tout irait bien. Oui, il lui murmurait même qu'il aimerait rester. C'était une fin heureuse ...
Car elle pensait cependant que c'était une fin. Il y avait quelque chose qui lui faisait comprendre que tout ne serait pas un bel arc-en-ciel chatoyant qui mènerait vers un futur meilleur.
Parce que c'était impossible.
Elle rit, oui elle rit. Pas très fort, mais son âme ayant perdu toutes ses illusions, elle ne savait pas comment réagir. Quelle petite sotte, oh oui que c'était drôle de la voir croire de pareilles bêtises. Et bientôt un prince viendrait sur son cheval blanc.
Mais peut-être pourrait-il avoir des cheveux blancs?
Il devinait sa peine? Oui, c'était déjà pas mal. Qui pouvait se vanter de la deviner? Qui pouvait se vanter d'avoir essayé? Et elle, pouvait-elle comprendre sa peine à lui? C'est vrai, elle ne pensait qu'à elle pour le moment, mais lui? Ça ne devait pas être simple non plus. Il devait sans doute toujours les surveiller, ces petites roses. Elles étaient si agressives! Peut-être qu'elles avaient même déjà tué - Quoi? Ils les auraient laissé faire? - Peut-être qu'elles avaient déjà tué. Elles ne seraient pas si différentes alors, elles se ressemblaient peut-être. Mais si elles avaient déjà tué, au nom de quoi l'auraient-elles fait? Et qui? Ah mais bien sûr, c'était évident. Pourquoi n'aimaient-elles pas Médée? Peut-être bien parce qu'elle restait trop avec lui, peut-être parce qu'elle appréciait trop leur créateur. Et si d'autres filles s'étaient intéressées à lui? Que devenaient-elles? Médée était différente, on lui avait fait comprendre, peut-être que les petites avaient peur? Non, elle les avait vues se dresser devant elle pour marquer le rempart qui devait les séparer tous les deux. Alors pourquoi vivait-elle toujours? Méphistophélès les empêchait-elles d'agir? Pourquoi? Ah ben oui, parce qu'il l'appréciait, du moins d'après Angela. Raison de plus! Il lui semblait parfois que les créatures dépassaient le créateur. Mais peut-être avait-il repris le contrôle.
Elle se posait trop de questions, la Médéa naïve et un peu folle se mélangeait sans cesse avec la lucide. Angela frissonnait, du moins si cela était possible. Oui, elle avait raison, ils n'auraient pas du se rencontrer, tout cela présageait peu de bonnes choses ; mais elle était comme ces parents qui laissent leurs enfants manger encore et encore, même en sachant le résultat, ils ne veulent pas les peiner et font passer d'abord leurs désirs. Mauvaise idée, très mauvaise idée. Mais Médée semblait un peu heureuse. Était-ce possible d'être un peu heureux? Effleurer du doigt le bonheur, comme avoir un avant goût qui nous promettait plus, et peut-être encore plus que plus?
Stop! On secoue la tête, on remet les idées en place. Trop de philosophie, du moins si s'en était.


- Il se fait tard et cette journée fut assez éprouvante. Nous méritions tout deux une bonne nuit de repos… ainsi que nos roses.

Oui bien sûr c'était mieux. Ils devaient se quitter ... Comment dirait-on pour bien parler? Ils devaient se quitter pour mieux se retrouver. C'était mieux, sinon la soirée se terminerait avec un cadavre gisant au sol. Mais celui de qui? Elle frissonna.
La deuxième partie de la réponse lui échappa partiellement, elle pensait trop aux roses ... Elle pensait trop tout court. Oui, se reposer serait mieux. Demain elle retrouverait la raison. Demain, elle ne penserait plus à cet homme. Du moins c'est ce qu'espérait Rozenn.


- … j’aimerais que l’on se revoit, ... travaille chaque jour à la Bibliothèque .. passer, pour un livre ... j’en serais enchanté…

Voila à peu près ce qu'elle avait comprit de la réponse, heureusement, c'était le plus important. Il serait ravi qu'elle emprunte un livre. Elle sourit, puis se raidi. Son sourire était toujours-là mais peut-être paraissait-il un peu spécial. Emprunter un livre? Elle? Elle cligna frénétiquement des yeux. Un livre de quoi? Un livre bien sûr ... Elle connaissait à peine les titres de ceux qu'elle avait chez elle. Non pas qu'elle détestait les livres, non, le problème n'était pas là. C'était très embarrassant. Elle toussota, cherchant à reprendre contenance. Elle venait de se lier avec un garçon qui ne comprendrait peut-être jamais son handicape. Quel handicape? Ce n'en était pas un elle exagérait. Cependant, elle ne le disait pas, une nouvelle vague de moquerie se répandait en général. C'est pourquoi chut, elle ne dirait rien. Il le saurait un jour, il le saurait sans doute bientôt. Mais pas pas pour le moment, il valait mieux attendre.
Peut-être attendait-il un réponse? Oui sans doute. Elle pinça un peu les lèvres, ennuyée. Que devait-elle dire? Ce qu'elle voulait, bien entendu. Mais que voulait-elle? D'habitude les trois autres ... Non plutôt les deux autres lui disait quoi faire. Pourtant ça faisait un bout de temps qu'elles ne parlaient plus, comme si elles s'étaient calmées, ou cachées. Elle frissonna encore, c'était un peu bizarre.


- Et bien je ... j'aurais sans doute besoin d'un livre un jour, je saurai où aller.

Ah oui, ah oui bravo. Parce qu'avant qu'il ne soit-là, peut-être ne connaissait-elle pas l'existence de la bibliothèque, la seule et unique de Tsel. Elle baissa un peu la tête, ce n'était pas très malin comme réponse. Elle la redressa et sourit.

- Il semblerait donc qu'on se reverra.

Son sourire s'effaça un peu. Et les Roses? Elle toussota à nouveau, oui, elle avait oublié l'espace d'un instant qu'ils n'étaient pas seuls. Peut-être que finalement il valait mieux ne pas y aller. Elle verrait bien, pour le moment elle voulait dormir, parce que sa tête commençait à lui tourner. Trop de nouvelle choses dans son esprit. Elle joua un peu avec ses mains, un aurevoir c'était bien mais elle ne savait pas trop comment finir. Un signe de main? Oui c'était pas mal. Elle s'exécuta, un peu gênée de ne pas savoir quoi faire d'autre. Elle s'éloigna, d'abord à reculons, pour encore le voir un peu, puis elle se retourna et s'enfuit. C'est vrai que la soirée fut éprouvante, c'est sans doute pour ça qu'elle partit comme une voleuse. C'est ce qu'elle pensait en tout cas.
Que ferait-elle maintenant? Allait-elle rentrer chez elle? Lydia lui demanderait sûrement où elle était. Quoi que non, ça faisait longtemps qu'elle ne posait plus vraiment la question. Elle se doutait que sa fille avait quelque chose de bizarre qui lui trottait dans la tête lorsqu'elle sortait. elle ne voulait plus savoir. Alors Médée rentrerait à la maison, tout simplement.

Elle le reverrait peut-être un jour après tout.
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Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs
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