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 Eliel {Etoile du Verseau}

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Éliel
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MessageSujet: Eliel {Etoile du Verseau}   24.09.07 10:36

Nom: Sémiramis

Prénom: Eliel,

Surnom: "Le Prophète", Eli

Age: 266 ans

Date de naissance: 7 février, An 5 de l'Avant.

Statut: roturier

Métier: -

Lieu de naissance: Tsel

Lieu de résidence: Clinique Médicale, Basse-Ville

Lieu de travail: -

*

Emplacement de la Marque: Sur sa hanche gauche.

Constellation protectrice: Verseau

Pouvoir Astral:

A la base, son pouvoir consistait uniquement à partager et lire les souvenirs. Il s'est ensuite lentement ramifié jusqu'à ce qu'il ait plein contrôle de tous les pouvoirs psychiques imaginables, de la télékinésie à la télépathie en passant par l'art des illusions et l'empathie…Même si ses pouvoirs sont inégalables, il l'utilise avec parcimonie, car même si cela reste du domaine mental chaque usage draine ses maigres forces.

*

Caractère:


Le caractère d'Eli est simple à définir, mais lui-même est aussi insaisissable que de l'eau au creux des mains. Lorsqu'il était très jeune, et que le Nuage n'avait pas encore atteint Tsel, il était un garçon tout simplement heureux, insouciant et optimiste. Ces valeurs que l'on pourrait dire inhérentes à l'enfance ont été progressivement démolies par le sombre destin attribué à l'Etoile d'Aquarius. La première chasse aux Etoiles, leur rafle, leur emprisonnement et leur séjour chez les quelques scientifiques qui restaient de ce monde en ruine…les plus éprouvantes années d'Eli se trouvent là, mais elles ne sont pas les plus cruelles.
Enfermé avec les autres Etoiles dans le Gigunû, il vit au fur et à mesure ses amis les plus chers disparaître, un à un, tandis que d'autres sombraient dans le désespoir ou pire encore, la folie. La dureté de son adolescence n'entacha pas sa nature purement gentille et douce, mais il perdit dans l'Etemenanki tout espoir, et toute joie de vivre…
Les deux siècles qu'il a passé seul dans la haute tour, hanté de fantômes et d'hallucinations induites par sa souffrance perpétuelle ont lentement érodé son esprit: aujourd'hui, il n'est plus qu'une loque à qui l'immortalité ne réussit pas. Comment savoir si sa vision du dieu Anu est réelle ou non? Toujours est-il qu'il se rattache éperdument à la possibilité de la Réunion, non seulement pour accomplir le destin originel des Etoiles, mais aussi, d'une certaine façon, pour échapper au vœu irréfléchi qui l'a enchaîné à la Terre à jamais…

Actuellement, le caractère d'Eli s'articule autour d'une notion maîtresse: la patience. Il n'est jamais pressé de faire quelque chose, et prend toujours un temps infini à esquisser un geste qui d'ordinaire ne lui coûterait qu'une poignée de secondes. Il parle avec lenteur, réfléchit à la même vitesse et il faut être très persévérant pour lui arracher une explication complète de tout ce qu'il aurait à révéler sur le passé de Tsel et des Anciens. Il reste quelqu'un de très gentil, attentif aux autres et soucieux du péril qui menace les nouvelles Etoiles, car il lui reste toujours ce mordant sentiment de culpabilité d'être le seul (mis à part Andréa) a avoir survécu. S'il a été impuissant la première fois, il compte bien ne pas laisser se reproduire les mêmes pêchés du passé.


Physique:

Du haut de ses apparentes dix-huit années, Eli laisse souvent les personnes qu'ils rencontrent indécises et perplexes, et ce pour un bon nombre de raisons.
Les curieuses ambiguïtés inhérentes à son apparence physique n'arrangent pas les choses: la première chose que l'on remarque chez lui, c'est son androgynie. Il ressemble terriblement à une femme, et rares sont les personnes à voir en lui un homme dès le premier coup d'œil. De taille moyenne, il paraît plus jeune que son âge et dégage une impression de fragilité extrême qui reflète fidèlement sa triste réalité. Sa peau est d'une laiteuse blancheur, mais il suffit d'un heurt bénin pour la consteller de marques bleuâtres, qui mettent beaucoup plus de temps à se résorber que chez un individu normal. En effet, sa santé est particulièrement fragile et Eli semble continuellement exténué, au bord de l'évanouissement. Les rares instants où il affecte un peu d'aplomb ne sont du qu'au don de l'Etoile d'Ophiucius qui lui "administre" régulièrement de l'énergie lorsqu'il en éprouve le besoin. Il est donc un exemple de prudence et de parcimonie, et réfléchit toujours plusieurs fois avant de tenter la plus anodines des choses; cette retenue s'exprime également dans ses gestes, empreints d'une grâce particulière, presque cérémonieuse.
Le visage d'Eli est fin, soigneusement ciselé et continuellement empreint d'une lassitude mêlée de douceur rêveuse, est d'une blancheur éburnéenne presque trop pure pour être naturelle, impression encore accentuée par la blancheur de sa chevelure lisse et soyeuse qui ruisselait à sa sortie de Gigunû de façon quasi liquide jusqu'au sol, ayant atteint en deux siècles et demi une surprenante longueur. Il les a coupés depuis, et ses fines mèches incolores s'écoulent jusqu'à la base de sa nuque et caressent perpétuellement ses joues.
Les yeux d'Eli sont rarement visibles; il a l'habitude de les garder mi-clos et s'aventure rarement à lever son regard, ne serait-ce que pour contempler le ciel. Son regard est continuellement las, mélancolique, rêveur et doux à la fois…il ne saurait dire à quoi ou qui il pense pour qu'une telle tristesse mêlée de tendresse s'y lise. Ses yeux sont du bleu céruléen qui a fuit la toile du ciel pour se réfugier dans ses iris, mais ils ont quelque chose de pâli, délavé par les ans et la peine…Si bien que ses prunelles ont l'air de deux fragiles morceaux de cristal bleuté qu'il serait presque trop facile à briser.
Eli parle peu, ou du moins pas autant qu'il le souhaiterait: lorsqu'il a été emprisonné dans le Gigunû, son geôlier a prit soin non-seulement de l'enchaîner, mais aussi de lui trancher la gorge. Etant immortel, Eliel n'a pu que souffrir pendant une centaine d'années, jusqu'à ce que sa blessure se referme et qu'il retrouve un usage relatif de la parole. Ses mots sont toujours soufflés à mi-voix, ténus mais soigneusement articulés. Il est assez rare d'ailleurs qu'il parvienne à aligner deux phrases de suite sans grimacer de douleur et se replonger dans son mutisme habituel.
Ses vêtements quant à eux se limitent à une longue tunique blanche et ample ceinturée d'une bande de tissu tout aussi blanche autour de sa taille, les basses températures de Tsel ne paraissant plus l'affecter.



Signe particulier:

-Il garde une marque sur sa gorge, souvenir de son "meurtre", qui aujourd'hui n'est plus qu'une bande de tissu cicatriciel partant d'une oreille à l'autre.
-Il reste la plupart du temps dans le sous-sol de la clinique, plongé dans un profond sommeil. Il n'en émerge que sporadiquement pour guider les investigations de ses partisans.
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MessageSujet: Re: Eliel {Etoile du Verseau}   17.10.07 21:23

Histoire:


Le soleil brillait intensément, trônant dans un ciel bleu pur d'été. Il faisait chaud, mais un vent agréable rafraîchissait l'atmosphère, et les oiseaux piaillaient avec énergie, rassemblés en petites boules de plumes brunes sur les câbles électriques bordant la route.
La périphérie de Tsel était calme, même si la matinée était déjà bien avancée. Bon nombre des habitants profitaient du beau temps et des congés nationaux pour se relaxer et sortir en famille. Non loin de la ville se dressait un curieux décor champêtre: de grands champs de colza s'étendaient à perte de vue vers l'Ouest en longeant le paisible fleuve de la Prâth, poudrés de-ci de-là de quelques arbres courbés comme des vieillards, mais dont le feuillage vert intense luisait sous les rayons caressants du soleil. Une petite butte se dessinait également au milieu de cet ondoyant océan doré, où tout un groupe d'enfants d'âges divers s'amusaient au milieu des fleurs sauvages. Un jeune chien à la toison brune courrait de l'un à l'autre avec énergie, et jappait allègrement au moindre éclat de rire de ses compagnons de jeu bipèdes.

Il caressait les fleurs dorées du bout des doigts. Son pas était rapide, il se noyait presque au milieu de toutes ces plantes chaudes et ondoyantes. Avancer. Les rejoindre.
L'enfant, âgé d'environ cinq ans, avait de fins et lisses cheveux blonds coupés court, qui brillaient sous la pluie solaire. Ses yeux bleu pâle étaient rieurs, et coulait avec légèreté sur le paysage, mais surtout vers la butte où déjà un jeune garçon aux cheveux roux lui faisait de grands signes de main.
Andréa.
Il y avait aussi les jumeaux, Lalit et Hagen. Marcus, Azae, Myriam, Icare…ils étaient tous là, tous les douze.

Et ils souriaient. Ils l'attendaient.



Eliel ouvrit subitement les yeux, son torse maigre se cambrant comme par manque d'air. Ses yeux couleur cristal s'égarèrent fébrilement sur le plafond grisâtre de sa chambre –sans vraiment le voir. Panique, peur, détresse. Tourment. Attendez-moi. Une main chaude et inconnue passa sur son front, chassant les fines mèches blanches qui collaient à sa peau. Anaël.
L'Ancien referma les yeux en soupirant légèrement, apaisé par ce contact rassurant autant que par la tiède vague de vigueur qui irrigua son être.

Un rêve, encore un rêve... Il passait son temps à rêver de ce passé perdu, et qui le hanterait à jamais.

Une goutte d'eau qui tombe dans un "plop" léger dans les flots immobiles. Merci, Anaël.
Le médecin hocha la tête, toujours aussi placide, et sortit de la pièce sans un bruit. Eliel fixa le plafond, ou plutôt dévisagea le silence qui le tenait compagnie. Anaël était un homme de confiance ; il saurait mener à bien la Réunion. Les souvenirs qu'il lui avait offerts –ce si joli champ de colza, et le ciel d'été…- étaient le gage de sa sincérité. Tout cela avait bien existé, il y a bien longtemps. Le ciel était bleu, et pas gris comme tous les Tseliens d'aujourd'hui se le figuraient. Le Soleil, la Lune qui n'étaient pour eux que légende, mythologie antédiluvienne, étaient bel et bien réels…Ophiucus croyait en lui.
Cela faisait quoi, neuf mois…dix peut-être…Depuis qu'il avait fuit le Gigunû, beaucoup de choses avaient changé –beaucoup trop. La Chasse aux Etoiles avait repris. De nouveau le nom de l'Enkidu le faisait frémir de terreur et de tristesse. L'histoire se répétait, comme une danse sinistre qui reprenait en l'entraînant dans sa folie.
Et puis il y avait ces rebelles, cette jeunesse Tsélienne qui refusait de se laisser faire. Qui, selon Anaël, pillait, volait, sabotait au nom de la plèbe. Au nom de la Liberté. Et à présent, l'action des Sîns concernait aussi et surtout les Etoiles –pourquoi, et dans quel but…?

Eliel se sentit replonger dans le profond sommeil qui lui était coutumier. Il était si fatigué. Si las de sa vie aussi éternelle que sa souffrance.
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MessageSujet: Re: Eliel {Etoile du Verseau}   17.10.07 21:29

Des yeux grands ouverts. D'immenses yeux, deux orbes bleu délavé. Une flamme livide qui y brûle –ou plutôt s'y meure perpétuellement.
Une fêlure dans le dôme. Elle s'étend, le verre épais craque.
Les grosses chaînes rouillées qui traînent au sol s'agitent, cliquètent, se tordent comme des serpents bruns sombres au sifflement aigus. Elles se brisent.
La fêlure s'étend encore. Bris du verre. Comme si le Ciel se déchirait. Et lui le contemple, abasourdi.
Sans que ses muscles ne tentent le moindre effort, le corps gisant dans le fauteuil antique se lève. Ses vêtements blancs sont déchirés, et le col est tâché de brun. Tâché d'un sang vieux de deux siècles et demi.
Sa tête dodeline, ses pieds ne touchent pas le sol. Ses cheveux sont blancs, longs, immensément longs. Ils flottent dans l'air comme ils l'auraient fait dans l'eau.
Un fantôme. Un fantôme blanc, avec ses débris de chaînes mordant ses poignets d'enfant. Eveil, éveil après un si long cauchemar.

Où êtes-vous?

Il n'entend plus rien. Ces voix familières qui lui tenaient compagnie, pourquoi se sont-elles tuent? Anu, répondez-moi!
Nulle réponse ne vient, car ce n'est pas nécessaire. Il sait. Maintenant, il sait.

Lentement, sa bouche s'ouvre. Ses lèvres blanches, craquelées, s'écartent. Un cri qui veut éclater dans une gorge morte. Un hurlement muet. Terreur. Egarement.

Pourquoi?

Pourquoi ne suis-je pas mort?!


Il se souvient de l'éclat froid de la lame. L'éclat froid dans les yeux de ce jeune noble haineux. Ce n'est pas ma faute. Sa gorge fendue, son sang répandu. Le silence ensuite. L'éternité d'une souffrance, d'une mort sans délivrance.
Combien de temps est-il resté à agoniser, à observer les remous grisâtres du ciel tourmenté…?

Où êtes-vous?

Diem, Icare, Myu…je ne vous entends plus. Azae, Périca, pourquoi ce silence?

Ne me laissez pas seul…

Par pitié…



La petite porte donnant sur un étroit balcon ceinturant le dernier étage vole en éclats. Le vent glacé s'engouffre dans la pièce maudite. Il fixe l'extérieur de ses grands yeux. Des yeux qui s'emplissent de larmes.


Ne me laissez pas seul…


Chute. Il se laisse tomber comme un ange sans ailes.

Il sait qu'il doit partir. Les Etoiles l'attendent. Il doit les mener vers la Réunion…sauver ceux qui peuvent être encore sauvés. Il tombe longtemps, le monde tourbillonne au-dessous de lui. Nika avait-elle le vertige lorsqu'elle volait…?
Au lieu de se briser contre le sol, il atterrit avec la légèreté d'une plume blanche. Son expression est impénétrable, à la fois pensive, perdue, tourmentée. Il regarde autour de lui. Comme Tsel a changé…Il y a toujours les même bâtiments, mais tout est beaucoup plus vieux, plus sombre, plus propre aussi.

Egaré, il se sent si profondément égaré dans la ville qui l'a vu naître. Ses larmes redoublent d'intensité, et il n'y peut rien.

Il n'y a pas d'Etoiles ici. Elles sont ailleurs…il doit les trouver.

Seul…Non, jamais plus ça…

La fantomatique silhouette se dirige vers le Rempart. Elle flotte, nimbée de son ondoyante chevelure blanche, ses yeux perdus dans le vide. Les chaînes à ses poignets tintent lourdement, des maillons rouillés s'effritent et finissent par tomber au sol.
Sur son passage, de rares serviteurs poussent des cris d'effroi et s'enfuient à toutes jambes. Un fantôme, disent-il. Eliel n'y prête pas attention, il contemple pensivement la ligne grise dessinée par le grand mur d'enceinte.

"HALTE!"

Un homme armé se précipite au milieu de la voie, face à lui. Il tient une arme braquée sur lui. Il est vêtu de rouge et le noir, et ces vêtements, Eliel ne les reconnaît que trop bien…

La peur peint son visage –une peur d'enfant, une terreur muette et terrible. La Milice. Le hangar, les scientifiques. Cette plaie rouge et béante sur le doux visage de Diem. Violence. Terreur. Mort.

Non, non, pas ça!

Le milicien tire.
Non!
Eliel fixe la balle, et celle-ci se fige dans les airs, à quelques centimètre à peine de son visage. Interloqué, il penche légèrement la tête de côté et aussitôt, le projectile tombe au sol dans un tintement sourd.
Il relève les yeux vers le soldat. Etrangement, il est conscient qu'il pourrait le tuer. Juste en liant quelques secondes son esprit au sien. Il sait qu'il peut tuer aussi facilement qu'il peut le penser.

Un gémissement à peine articulé roule dans sa gorge. Il n'est pas un meurtrier! Il porte les mains à son visage baigné de larmes. Le gémissement devient cri –un cri à peine humain-, et c'est une onde de choc, telle une soudaine rafale de vent, qui balaye le Milicien hors de son chemin. Et Eliel reprend sa traversée plus vite encore, désemparé, plus perdu que jamais.

Qu'est-ce qui m'arrive?

Pourquoi avait-il fait cette promesse? Pourquoi avoir écouté le souhait de ce vieil homme? A présent, il est chevillé à ce monde quoi qu'il arrive. Il est chevillé à Tsel et son sombre destin.
Il ne peut pas mourir. Pourtant rien de lui dispense de souffrir…il a connu mille morts dans son emprisonnement. Mort de faim, mort de froid, mort de douleur. Mais surtout, mort de chagrin.


Passer le rempart n'est pas une difficulté: il s'élève, découvre avec des yeux effarés les tristes buildings de la Ville Basse. Misère. Souffrance. Mutisme. Rien ne semble avoir évolué depuis le Cataclysme...
Il redescend. Ses pieds nus touchent à peine le sol gris et poussiéreux; il se sent perdu.
Sa maison avait été détruite par un tremblement de terre, lorsqu'il avait cinq ans…il se souvenait avoir passé les sept interminables années du déluge dans un vaste immeuble, avec d'autres familles sans-abri.
Il n'avait plus de chez-lui.

Combien de temps…combien de temps suis-je resté là-haut…?

Il regarde autour de lui, las, fatigué par sa traversée de la Ville Haute. Son regard accroche alors une silhouette immobile, voilée par l'ombre d'un immeuble en ruine, qui lui présente son dos. Ces cheveux ondulés, ces vêtements…

Lalit!

Un sourire se démène pour étirer les lèvres blanches de l'Etoile du Verseau. Ses mains s'élèvent comme des colombes tremblantes et fragiles, il titube, mais il avance tout de même.

"L…"

Il cherche à articuler; en vain. Sa bouche s'ouvre, se referme, frémit, mais aucun son distinct d'en sort. Mais ce n'est pas grave: il est tellement heureux d'avoir retrouvé l'un de ses amis qu'il en oublie même la souffrance physique d'induit chaque pas vers l'Etoile des Gémeaux.

"La…l…"

Il s'approche, enfin. Sa main se tend –cette main diaphane, aux doigts arachnéens, aux poignets meurtries par les fers...est-ce vraiment sa main?-, elle se tend et vient de poser avec douceur sur l'épaule de Lalit.
Il sourit. Eliel sourit autant qu'il le peut, et ses larmes n'en sont que plus nombreuses. Il est si heureux, si soulagé de ne plus être seul. Il avait cru un moment qu'il était perdu dans une époque qui n'était pas la sienne…Car y a-t-il vraiment quelque chose de pire que la solitude en ce monde…?

Lalit se retourne. Eliel croise ces yeux gris et fixe, ses yeux sans vie, mornes comme deux lunes jumelles. Sa main se rétracte avec effroi. Mouvement de recul. Ses interminables cheveux ruissèlent autour de lui, et dessinent des arabesques sur le sol.

Lalit…?

L'Elef le fixe. Rien ne perturbe un Elef, d'ordinaire, sinon les ordres d'un Isthar. Pourtant, il s'est bel et bien retourné de son propre chef. Et c'est de son propre chef qu'il dévisage avec insistance Eliel, le visage lisse de toute émotion.
Ce n'est pas Lalit. Lalit était un enfant qui riait tout le temps, presque pour rien. Lalit était un tendre agité, celui qui apportait les sourires et soutirait les embrassades. Lalit ne l'aurait jamais regardé ainsi.
Pas aussi durement, comme on regarde un fautif, un coupable. Un meurtrier.

Eliel grimace de douleur, enfoui son visage entre ses mains agitées de spasmes nerveux en pleurant de plus belle.

Mais oui, tu ne te souviens pas? Pendant les dernières semaines de sa vie, Lalit n'a eut de cesse de vouloir de tuer. Tu te souviens de ses jolies mains serrées autour de ton cou, non? Tu te souviens de ses yeux, et de son hurlement dément, n'est-ce pas? Comment oublier...
Lalit était devenu fou. Fou parce qu'on avait tué son frère, sa moitié, celui qu'il aimait le plus en ce monde en ruines. Hagen n'était plus, alors Lalit était mort avec lui, il n'en était resté qu'un coquillage empli de cauchemars. C'est lui qui a gravé sur le mur du Gigunû ces paroles que tu as mis deux siècles à comprendre…
Lui qui voyait le futur, qui pouvait prédire l'avenir…avait-il vu ton destin, était-ce pour cela qu'il avait voulu te tuer, pour t'éviter ces siècles de souffrance?

Lalit est mort.

Lalit est devenu les Elefs.


Non, non, Eliel, tu n'es pas seul. Rassures-toi.
Tu es entouré de spectres.



"Où est-il?"

Eliel cligne des yeux, et relève la tête de stupeur. L'Elef en face de lui vient d'ouvrir sa bouche de poupée, et une voix atone vient de s'en échapper. Il finit par répéter d'un ton égal, comme on abat un couperet:

"Où est-il?"

Eli ne comprend pas. Il est désarçonné, incapable de faire autre chose que pleurer et sangloter douloureusement. Il ne peut pas soutenir le regard de l'Elef –il est trop dur, trop froid...

"Où est-il?"

"J…Je…n…s…pas…!"

Ses mains s'enlisent sans sa chevelure, son dos ploie sous le poids trop lourd de son âme. Il se recroqueville au sol. Comme un enfant apeuré.
Non, il ne sait pas où est Hagen. Il ne peut lui rendre ce frère perdu. Il n'a rien pu faire. Il n'a pas sauvé leurs vies. Il n'a pas su comment faire. Comment protéger ceux qu'il aimait.
Et il n'a rien fait, rien qui puisse justifier qu'il ait survécu, lui, et pas les autres. C'est injuste. Trop injuste.

"Où est-il?"

Deux Elefs l'entourent à présent. Puis trois. Cinq. Onze. Trente-deux. Et ces même mots. Et cette larme unique qui coulait sur leurs joues androgynes, qui traçait un sillon le long de leurs visages.

Assez…!

"P…pa…p…par…d…on…"

Eliel sent son corps vacille comme une fragile flamme de bougie. Il tombe, comme le corps d'une marionnette dont on aurait soudainement coupé les fils. Il laisse ses yeux brûler, et fixer ce ciel gris comme sa peine. Et les visages des Elefs qui forment un cercle parfait autour de lui.

Oh oui. Implorer leur pardon pour les avoir abandonnés; Diem, Hagen, Lalit, Nika, Myriam, Marcus, Azae, Icare, Perica, Myu, Freya, Andréa…Tant de prénoms, trop de prénoms pour trop de culpabilité.

Ses yeux se ferment lentement. Il entrevoit une silhouette se pencher vers lui, tandis que les Elefs s'en vont tels des fantômes. Une main se pose sur son épaule, mais il est déjà loin dans les limbes de l'inconscience.

Pardon, pardon, mille fois pardon. Pardon d'avoir faillit à mon devoir d'Etoile. Pardonnez-moi, je vous en prie.

Le Ciel m'a laissé une seconde chance. Jamais, jamais plus cela ne se produira. L'histoire ne doit pas répéter, pas maintenant que l'Espoir scintille de nouveau.

Mais s'il vous plaît…pardonnez-moi.
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